XXXVIIILa dame de carreauLa Dame de Carreau était une de ces créatures perverties à la mamelle qui ont sucé le vice dans le lait de leur mère ; aussi disait-elle avec quelque raison : – Ce n’est pas ma faute si je n’ai ni vertu ni pudeur. Elle n’était pas de celles qui perdent, à l’aube de la jeunesse, ces deux inappréciables trésors qui font de la femme un ange dans la famille. N’ayant jamais eu les trésors, on ne pouvait pas l’accuser de les avoir perdus. Quelques courtisanes gardent jusque dans leurs orgies comme le fantôme de leur vertu et de leur pudeur. Celles-là s’appelleront Aspasie, Ninon ou Marie Duplessis. Si l’amour qui sanctifie passe dans leur cœur, elles se retrouveront. Il est bien peu de filles perdues qui n’entrevoient à travers les orages et les brumes un coin du ciel


