Chapitre 22Monseigneur Labis prêtait une oreille attentive au récit du prêtre sans l’interrompre un seul instant. Ce n’était guère dans ses habitudes ! Plus proche des représentants de l’aristocratie que le brave curé de Mont-Saint-Aubert, l’évêque imaginait sans peine la situation. Un soir pluvieux de mars 1848, trempé comme une soupe, le prince débarqua incognito dans cette petite auberge de village. Le voyage interminable, fatigant au gré des routes tortueuses et embourbées, ne laissa guère de répit aux habitués de la diligence. Louis-Napoléon avait hâte de se restaurer, de prendre quelques heures de repos avant de poursuivre sa route. Pour quelle destination ? Un retour précipité en Angleterre n’était pas à exclure au cas où il serait reconnu au poste-frontière. Franchir clandestinem


