Jean-BaptisteIl avait dîné sans appétit avec quelques collègues, n’avait pour ainsi dire pas desserré les lèvres. Il les avait laissés partir, et quand le petit Batifol, un gars de Millau qu’il rencontrait souvent chez Mado, était venu l’inviter à faire le quatrième pour une partie de pétanque, il avait dit non, pas ce soir. Il n’avait pas quitté sa place, il grillait cigarette sur cigarette, menton vissé dans les mains. — T’as l’air tout chose, Jean-Baptiste, remarqua Mado, qui aidait la serveuse à débarrasser les tables et qui depuis un moment l’observait. C’est la dame ? Il hocha la tête sans répondre. Il aimait bien Mado : directe, le cœur sur la main. Veuve depuis longtemps, elle n’était pas farouche : Jean-Baptiste quand ça se présentait couchait avec elle, et il n’avait certainem


