Chapitre premier En route !— Hâtons-nous de prendre l’apéritif au jardin sinon nous devrons rentrer, la lumière commence à décliner. L’homme qui venait de prononcer cette mise en garde était un esthète retraité du ministère de la Culture. Après avoir enseigné quelques années à l’école régionale des beaux-arts de Nantes, Sébastien s’était installé dans un petit village du sud de la Vendée, pour y couler des jours pas si paisibles que ça, malgré sa tendance naturelle à la quiétude. Sa connaissance du milieu artistique l’avait conduit à plusieurs reprises à se mêler d’affaires douteuses et compliquées, affaires qu’il avait rondement menées avec l’aide de son neveu Pierre, étudiant malchanceux qui secondait maintenant son oncle dans ses travaux. Sébastien n’avait pas, disait-il, « le goût de


