Chapitre 5 : Le premier jour
**********Vernon********
Aujourd'hui c'est mon premier jour et j'avoue que c'est très impressionnant de travailler au sein d'une résidence royale même si finalement ça reste assez modeste comme endroit. Le lieu de vie de la reine n'a rien d'un château ou un palace. D'extérieur, ça ressemble à un grand manoir.
Je discute avec Fernand, le plus vieil employé de la reine.
- Je ne suis pas bête, je sais pourquoi la reine t'a embauché !
- Euh....
- Oui, elle veut me libérer d'un peu de charge de travail !
- Vous trouvez ça ignoble de sa part !
- On va se tutoyer ! On se tutoie tous ici ! Il y a que la reine qu'on vouvoie. En plus, nous hommes tous voisins !
- Oui, pas de soucis ! Et elle est sympa ! Je veux dire, elle n'est pas trop dure !
- Tu la sens comment toi ?
- Je sais pas ! Au premier abord j'ai l'impression qu'elle a l'air agréable.
- Tu ne te trompes pas ! Elle est très gentille et respecte ses employés !
- Bon ben c'est une bonne chose !
- Puis elle paye bien !
- Oui, c'est vrai !
Abigail et Emily, les jumelles de la reine font du cheval. Elles reviennent en tenue de cavalière.
- Bonjour ! On ne vous a jamais vu ! Vous êtes un nouveau ?
- Euh oui ! Je suis Vernon ! Je travaille ici !
- Moi je suis Abigail
- Et moi Emily ! Enchanté monsieur !
- Moi de même !
- Ah oui ! Et les filles de la reine sont très courtoises aussi. Mais de vrais pipelette !
- Vous êtes les filles de la reine ! Dois-je vous appelez Votre altesse ?
Les jumelles rigolent. J'ai l'impression qu'elles se moquent de moi en réalité.
- Vous vous êtes cru dans un Disney vous ? (dit Emily)
- Non, dans Sissi impératrice ! (ajoute Abigail)
- Désolé ! Je n'ai pas l'habitude des familles royales.
- Vous nous appelez pas nos prénoms, ça suffira !
- Vous m'excuserez si je me trompe car vous êtes identique !
- Ça ça nous fait toujours rire ! Par contre je vous conseille d'être vigilant dans votre travail. Notre mère est très stricte. (dit Abigail)
- Elle aime bien crier quand elle n'est pas contente ! (dit Emily)
- Elle a déjà fait pleurer des employés.
- Je ferai attention alors !
La reine arrive et je pense qu'elle a tout entendu.
- Regardez-moi pour qui elles me font passer ces chipies !
- J'avoue que je peine à les croire ! (dis-je)
- Je l'espère bien ! N'importunez pas monsieur Chavins les filles !
- Moi c'est Vernon ! Je préfère qu'on m'appelle par mon prénom si ça ne vous dérange pas votre majesté !
- Alors moi par contre, le « votre majesté » reste pour les anonymes et les personnes que je ne côtoie pas. Je préfère que mon personnel m'appelle « madame » et beaucoup m'appelle « Donna ».
- Ah d'accord ! « Madame » ou « Donna » ?
- Comme vous vous sentirez le plus à l'aise, mais « majesté » est à proscrire.
- Très bien !
Elle regarde les jumelles.
- Allez vous laver et vous changer les filles. Ne tardez pas trop, Martin dine à la maison ce soir !
- D'accord maman !
Les filles repartent et discutent entre elle.
- Tu as vu comme il est beau ! (dit Abigail)
- Arrête ! Ne me dis pas que tu craques pour lui ! Il a au moins trente ans !
- Mais non, il est trop vieux pour moi, mais il serait parfait pour maman !
- Abigail ! Tu plaisantes ou quoi ! Ce n'est qu'un jardinier ! Et arrête de vouloir trouver à tout prix un amoureux pour maman !
- Maman serait horrifiée de t'entendre parler ainsi ! Elle ne supporte pas qu'on dénigre les gens !
- Franchement, je ne crois pas que ce soit compatible ! Mais tu as toujours été une grande rêveuse !
- Non mais franchement Emily ! Tu n'aurais pas envie des fois que maman soit avec un homme ?
- Et pourquoi ?
- Parce que toutes les reines ont droit à un prince charmant !
- Et toi faut que tu arrêtes de regarder La belle au bois dormant !
- Tu sais, il y a une rumeur que j'ai entendue à l'école qui dit que maman, elle a été maltraitée par le père de Beverly !
- Toi aussi tu l'as entendu ça !
- Oui ! J'avoue que j'aimerais bien lui demander !
- Tu crois que c'est pour ça qu'elle n'a pas d'amoureux ?
- Je ne sais pas ! Peut-être !
- Maman est tellement gentille !
- Tu t'en souviens toi du jour où elle est venue nous chercher à l'orphelinat ?
- J'avoue que non ! J'ai l'impression d'avoir toujours vécu ici en fait !
- Moi aussi ! On a une belle vie quand même !
- Oui mais il nous manque un père quand même ! Une vraie famille quoi !
- Oui tu as raison !
Je suis encore en compagnie de Vernon.
- Excusez mes filles ! Elles peuvent parfois se montrer franche, mais elles sont adorables.
- Je n'en doute pas ! Elles m'ont bien fait rire !
- Ça me rassure !
- Elles ont de la chance d'avoir une jeune maman !
- Oui, j'ai dû attendre cinq ans avant de pouvoir les adopter officiellement.
- Ah mince ! Mais pourquoi ? Si je peux me le permettre !
- Quand je les ai vu la première fois à l'orphelinat, elles avaient trois ans. Moi j'avais vingt ans et l'âge légal d'adoption dans le royaume est vingt-cinq ans.
- Et vous n'avez pas eu d'exception ? Vous êtes la reine après tout.
- J'ai fixé moi-même cette loi. Je ne peux pas déroger une loi, car je suis la reine. Ça ne serait pas loyal vis-à-vis du peuple. J'allais les voir chaque jour jusqu'à ce que je puisse les ramener.
- C'est une belle histoire !
- Quand je les ai vu, j'ai eu un coup de foudre pour ces petites.
- Mais elles n'ont jamais été adoptés avant vous ?
- Il y a eu des gens qui auraient été intéressé, mais très peu et à chaque fois le dossier n'était pas recevable. Après une fois qu'un enfant à plus de trois ans, il devient trop âgé. Les gens veulent des bébés.
- Oui ! C'est sûr !
- Bon sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée !
- Merci à vous aussi madame !
- Vous voyez ! Vous apprenez vite ! (dis-je malicieusement)
Les semaines passent et je m'adapte vite. Je pense que je fais bien mon travail. En tout cas, la reine n'a jamais montré de signe de mécontentement. J'avoue qu'elle me plaît toujours autant, mais je sais que c'est impossible avec elle. D'autant plus que je crois bien qu'elle voit un homme. Ce fameux Martin vient très souvent chez elle et ils ont l'air vraiment très proche. Je pense qu'ils se cachent, mais qu'il y a quelque chose entre eux.
En ce mois d'Août, il fait très chaud. Je décide de m'arrêter deux minutes. Je m'allume une cigarette et bois un coup. Je me retourne et voit la reine s'approcher de moi. Tel un réflexe, je cache ma cigarette dans mon dos comme un gamin.
A suivre.