đŸŒ€ïž Chapitre 15 – Le Chant du Vent

744 Mots
Partie 1 – La maison ouverte au ciel Le matin s’étirait lentement sur la mer. Une brume dorĂ©e dansait au-dessus des vagues, comme un voile lĂ©ger. La maison du vent, celle qu’Élena et Adrien avaient bĂątie autrefois, s’était transformĂ©e. Les volets bleus Ă©taient grands ouverts. Des rires s’échappaient des piĂšces. Des pinceaux sĂ©chaient au soleil. Et, sur la terrasse, AlizĂ© Ă©crivait. Son carnet Ă©tait couvert de phrases Ă  demi effacĂ©es par la rosĂ©e. Des mots simples, comme ceux de sa mĂšre : “le vent parle Ă  ceux qui se taisent.” Elle leva les yeux vers la mer, inspira profondĂ©ment, et sentit cette paix rare qui n’appartient qu’aux Ăąmes rĂ©conciliĂ©es. LĂ©o sortit de l’atelier, les doigts tachĂ©s de peinture. — Tu travailles dĂ©jĂ  ? — Si je ne le fais pas, le vent s’en chargera. — Il Ă©crirait mieux que nous deux rĂ©unis, rĂ©pondit-il en riant. Elle sourit. Ce rire, dĂ©sormais, faisait partie de la maison. Ils s’étaient apprivoisĂ©s sans s’en rendre compte, comme si le vent avait dĂ©cidĂ© pour eux. Il peignait, elle Ă©crivait. Il parlait de lumiĂšre, elle parlait d’ñme. Et chaque soir, leurs voix se mĂȘlaient au mĂȘme silence. --- Partie 2 – L’école du vent À la rentrĂ©e, la fondation rouvrit sous un nouveau nom : “L’École du Vent Libre.” Des enfants venus d’ailleurs y apprenaient Ă  peindre, Ă  raconter, Ă  Ă©couter. AlizĂ© et LĂ©o ne se disaient jamais directeurs. Ils se prĂ©sentaient comme “les gardiens du souffle.” Un matin, une fillette aux tresses sombres s’approcha d’AlizĂ©. — Madame, pourquoi on appelle ça l’école du vent ? — Parce qu’ici, tu peux apprendre Ă  voler sans quitter le sol. — Et si on tombe ? — Le vent te relĂšvera, rĂ©pondit-elle avec un sourire. LĂ©o, depuis la terrasse, peignait cette scĂšne : AlizĂ© penchĂ©e vers l’enfant, les cheveux portĂ©s par la brise. Il savait que c’était ce tableau-lĂ , plus que tous les autres, qui raconterait leur histoire. --- Partie 3 – Le retour des saisons Les annĂ©es passĂšrent, douces et pleines. L’hiver blanchissait les falaises, le printemps repeignait les champs, l’étĂ© rallumait les rires. Chaque saison apportait sa chanson, et chaque chanson devenait un souvenir. Un soir, alors que le ciel se teintait d’or, AlizĂ© demanda : — Tu crois qu’ils nous voient ? — Qui donc ? — Eux. LĂ©o leva les yeux vers le couchant. — Oui. — Et tu crois qu’ils sont fiers ? — Ils le sont depuis longtemps. Elle hocha la tĂȘte. Dans le vent, elle crut sentir une chaleur ancienne — une main, une voix, une promesse tenue. --- Partie 4 – Le chant recommence Ce fut un matin de printemps. Le vent s’était levĂ© plus tĂŽt que d’habitude. Il entrait par toutes les fenĂȘtres, soulevant les feuilles, les rires, les souvenirs. Sur la terrasse, LĂ©o installa sa toile, AlizĂ© ouvrit un nouveau carnet. Elle regarda la mer, immense, et murmura : — C’est Ă©trange. On dirait que le vent veut nous dire quelque chose. — Écoute, dit LĂ©o simplement. Alors, ils se turent. Et dans le souffle qui montait de la mer, ils entendirent une mĂ©lodie — lĂ©gĂšre, mouvante, infinie. Le mĂȘme chant que celui qu’Élena entendait jadis dans son sommeil. Le mĂȘme qui avait guidĂ© Adrien vers elle. AlizĂ© ferma les yeux. Des images affluĂšrent : les rires de ses parents, la lumiĂšre sur leurs visages, la mer en feu, le vent sur leurs doigts. Tout Ă©tait lĂ . Tout continuait. Elle se tourna vers LĂ©o, un sourire dans les yeux. — Tu entends ? — Oui. — C’est le vent. Il recommence Ă  chanter. --- Partie 5 – L’hĂ©ritage du souffle Des annĂ©es plus tard, un visiteur venu de loin traversa le village. Il chercha la maison du vent, guidĂ© par les histoires qu’on racontait sur les falaises. On disait qu’un couple y vivait, capable de faire parler le vent et la lumiĂšre. Mais lorsqu’il arriva, la maison Ă©tait vide. Seulement ouverte sur la mer, baignĂ©e de soleil. Sur la table, un carnet reposait, gonflĂ© de pages. Sur la premiĂšre, il lut : > “Le vent ne s’arrĂȘte pas. Il voyage de cƓur en cƓur, de rĂȘve en rĂȘve. Si tu lis ces mots, Ă©coute. Le chant du vent commence avec toi.” Il leva les yeux. Le vent se leva. Et pour la premiĂšre fois, il crut entendre une voix — ni celle d’un homme, ni celle d’une femme, mais celle d’un amour devenu Ă©ternel.
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