LĂ oĂč tout recommence
Le monde avait changé.
Des annĂ©es, peut-ĂȘtre des dĂ©cennies, avaient passĂ© depuis quâAlizĂ© et LĂ©o avaient quittĂ© la maison du vent.
Mais leur souffle â invisible, indestructible â sâĂ©tait mĂȘlĂ© Ă celui des mers, des forĂȘts, des villes.
Leurs mots, leurs toiles, leurs chansons circulaient encore, comme des échos vivants.
Partout, des enfants levaient la tĂȘte lorsque le vent soufflait.
Dans les villages du Nord, on murmurait : âCâest le vent dâAlizĂ©.â
Dans les Ăźles du Sud, les pĂȘcheurs disaient quâil portait des bĂ©nĂ©dictions.
Et dans les citĂ©s de verre et dâacier, certains artistes juraient entendre, au dĂ©tour dâune rafale, un chant doux, presque humain.
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La fille du vent
Un matin, sur une plage lointaine, une fillette courait pieds nus sur le sable.
Ses cheveux flottaient dans la brise, et son rire faisait trembler les goélands.
Elle tenait dans sa main un coquillage.
En le collant Ă son oreille, elle entendit un murmure :
> âĂcoute. Le vent a des histoires Ă te confier.â
Elle se tourna vers sa mĂšre, une femme aux yeux couleur dâhorizon.
â Maman, câest qui, AlizĂ© ?
La femme sourit doucement.
â Une amie du vent.
â Elle existe encore ?
â Tant que le vent souffle, oui.
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LâĂ©cole sans murs
Dans plusieurs pays, des Ă©coles portaient dĂ©sormais le nom âLes Ateliers du Vent Libre.â
Des artistes, des enseignants, des rĂȘveurs y enseignaient non pas la perfection, mais la respiration.
Ils apprenaient aux enfants à écouter, à créer, à croire.
Dans chaque salle, une phrase Ă©tait gravĂ©e au-dessus des fenĂȘtres :
> âLe vent entre seulement lĂ oĂč les cĆurs sont ouverts.â
Et, parfois, quand la lumiĂšre traversait les vitres, on aurait jurĂ© voir danser la silhouette dâune femme et dâun homme, cĂŽte Ă cĂŽte, leurs mains mĂȘlĂ©es dans le souffle du monde.
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Le retour Ă la mer
Sur une falaise lointaine, la maison du vent tenait encore debout.
Le figuier sâĂ©tait Ă©tendu, ses racines entourant les pierres.
Les volets bleus sâĂ©taient ternis, mais la porte restait ouverte.
Le soir, quand le vent venait de la mer, il traversait la maison de part en part, faisant vibrer les murs comme un instrument.
Et si lâon sâasseyait sur le vieux banc, on pouvait entendre, trĂšs faiblement, un murmure :
> âAime.
Ăcoute.
Continue.â
Certains disaient que câĂ©tait une illusion.
Dâautres, que câĂ©tait le souffle dâĂlena et dâAdrien, dâAlizĂ© et de LĂ©o â quatre souffles unis dans un mĂȘme chant.
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Le vent universel
Un jour, un vieil homme écrivit un livre.
Son titre : âLe Chant du Vent.â
Il y raconta cette histoire : celle dâune maison au bord de la mer, dâun amour qui traverse le temps, et dâun souffle qui relie les ĂȘtres.
Le livre fit le tour du monde.
Des millions de lecteurs le refermĂšrent les larmes aux yeux â mais le sourire au cĆur.
Et tous, sans se concerter, ouvrirent leurs fenĂȘtres le soir mĂȘme, juste pour Ă©couter le vent.
Certains entendirent un rire.
Dâautres, un murmure.
Mais tous comprirent la mĂȘme chose :
Le vent nâappartient Ă personne.
Il est le langage des Ăąmes qui sâaiment encore.
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DerniĂšre note
Au-dessus de la mer, le soleil se couchait lentement.
Le vent se leva une derniĂšre fois, frĂŽlant les vagues, les montagnes, les toits des villes.
Il porta avec lui les rires, les chants, les souvenirs.
Puis, dans un souffle dâor et de lumiĂšre, il murmura :
> âLe vent ne meurt pas.
Il devient ce que nous laissons derriĂšre nous :
lâamour, la paix, et le souffle du monde.â
Et alors, tout recommença.
Comme toujours.
Comme jamais.