🌍 Épilogue – Le dernier souffle du vent

617 Mots
LĂ  oĂč tout recommence Le monde avait changĂ©. Des annĂ©es, peut-ĂȘtre des dĂ©cennies, avaient passĂ© depuis qu’AlizĂ© et LĂ©o avaient quittĂ© la maison du vent. Mais leur souffle — invisible, indestructible — s’était mĂȘlĂ© Ă  celui des mers, des forĂȘts, des villes. Leurs mots, leurs toiles, leurs chansons circulaient encore, comme des Ă©chos vivants. Partout, des enfants levaient la tĂȘte lorsque le vent soufflait. Dans les villages du Nord, on murmurait : “C’est le vent d’AlizĂ©.” Dans les Ăźles du Sud, les pĂȘcheurs disaient qu’il portait des bĂ©nĂ©dictions. Et dans les citĂ©s de verre et d’acier, certains artistes juraient entendre, au dĂ©tour d’une rafale, un chant doux, presque humain. --- La fille du vent Un matin, sur une plage lointaine, une fillette courait pieds nus sur le sable. Ses cheveux flottaient dans la brise, et son rire faisait trembler les goĂ©lands. Elle tenait dans sa main un coquillage. En le collant Ă  son oreille, elle entendit un murmure : > “Écoute. Le vent a des histoires Ă  te confier.” Elle se tourna vers sa mĂšre, une femme aux yeux couleur d’horizon. — Maman, c’est qui, AlizĂ© ? La femme sourit doucement. — Une amie du vent. — Elle existe encore ? — Tant que le vent souffle, oui. --- L’école sans murs Dans plusieurs pays, des Ă©coles portaient dĂ©sormais le nom “Les Ateliers du Vent Libre.” Des artistes, des enseignants, des rĂȘveurs y enseignaient non pas la perfection, mais la respiration. Ils apprenaient aux enfants Ă  Ă©couter, Ă  crĂ©er, Ă  croire. Dans chaque salle, une phrase Ă©tait gravĂ©e au-dessus des fenĂȘtres : > “Le vent entre seulement lĂ  oĂč les cƓurs sont ouverts.” Et, parfois, quand la lumiĂšre traversait les vitres, on aurait jurĂ© voir danser la silhouette d’une femme et d’un homme, cĂŽte Ă  cĂŽte, leurs mains mĂȘlĂ©es dans le souffle du monde. --- Le retour Ă  la mer Sur une falaise lointaine, la maison du vent tenait encore debout. Le figuier s’était Ă©tendu, ses racines entourant les pierres. Les volets bleus s’étaient ternis, mais la porte restait ouverte. Le soir, quand le vent venait de la mer, il traversait la maison de part en part, faisant vibrer les murs comme un instrument. Et si l’on s’asseyait sur le vieux banc, on pouvait entendre, trĂšs faiblement, un murmure : > “Aime. Écoute. Continue.” Certains disaient que c’était une illusion. D’autres, que c’était le souffle d’Élena et d’Adrien, d’AlizĂ© et de LĂ©o — quatre souffles unis dans un mĂȘme chant. --- Le vent universel Un jour, un vieil homme Ă©crivit un livre. Son titre : “Le Chant du Vent.” Il y raconta cette histoire : celle d’une maison au bord de la mer, d’un amour qui traverse le temps, et d’un souffle qui relie les ĂȘtres. Le livre fit le tour du monde. Des millions de lecteurs le refermĂšrent les larmes aux yeux — mais le sourire au cƓur. Et tous, sans se concerter, ouvrirent leurs fenĂȘtres le soir mĂȘme, juste pour Ă©couter le vent. Certains entendirent un rire. D’autres, un murmure. Mais tous comprirent la mĂȘme chose : Le vent n’appartient Ă  personne. Il est le langage des Ăąmes qui s’aiment encore. --- DerniĂšre note Au-dessus de la mer, le soleil se couchait lentement. Le vent se leva une derniĂšre fois, frĂŽlant les vagues, les montagnes, les toits des villes. Il porta avec lui les rires, les chants, les souvenirs. Puis, dans un souffle d’or et de lumiĂšre, il murmura : > “Le vent ne meurt pas. Il devient ce que nous laissons derriĂšre nous : l’amour, la paix, et le souffle du monde.” Et alors, tout recommença. Comme toujours. Comme jamais.
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