Chapitre 6

2860 Mots
Daouda faisait les cents pas dans la chambre tel un lion en cage, son anxiété pouvait se sentir à des kilomètres, il se trouvait vraisemblablement au summum de l'inquiétude. Toute la journée d'hier, il était plus occupé à penser à sa cher femme qui allait dorénavant vivre avec lui, il lui tardait que vint le soir pour pouvoir la voir, il était vraiment pressé, c'était la seule chose qui occupait ses pensées, la voir. Alors comment aurait-il pu se souvenir de ce détail. -Qu'est ce qui se passe? La voix mi-endormie de Djina, le sorti de ses pensées. Il la regarda, d'un regard rempli de pitié, de désolation et d'inquiétude. -Qu'est ce qui se passe Daouda, répond moi? Reprit elle d'une voix plus clair, elle avait senti la tention qui régnait. -Elles sont là! Dit-il tout simplement, mais Djina n'avait pas besoin de plus d'explication, elle avait compris, Saran lui en avait parlé. Mais voyant l'état de son mari, elle comprit aussi qu'il y avait un problème, il n'avait pas trouver de solution comme il avait promit. Elle fut imprégné d'un terreur subite, non pas vis-à-vis d'elle mais de sa bienfaitrice, Saran!  Elle ne pût empêcher ses larmes de ruisseler. -Chut! Non, s'il te plait pleure pas, on va trouver une solution. -Laquelle? S'enquit elle, toute paniquée. Daouda sembla réfléchir un moment et dit: -Et si j'égorgeais un coq et mit un peu de son sang sur le drap! -Quoi?! T'es fou? Si tu sort, elles entreront et puis que direz t-elle te voyant entrer avec le coq? -Tu as raison! -Et si on faisait l'amour tout de suite! -Celà m'enchanterais beaucoup tu sais, mais ma shéri tu es enceinte, rien n'en sortira. -Oh c'est vrai. Elle prononça cette phrase avec un brin de soulagement, elle n'était vraiment pas prête à faire cela. Toutes les deux disaient vraiment des bêtises, faut l'avouer, la peur nous fait dire et faire du n'importe quoi. Tout d'un coup, il se leva du lit et pris quelque chose dans une boîte, c'était un petit aiguille à bout tranchant. -Tu fais quoi Daou...? Avant qu'elle ne comprenne, il enfonça l'aiguille dans la paume de sa main et le sang y sorti en jet. Il s'empressa d'en faire tâcher le drap. -Oh mon dieu!... -Hey! Ce n'est qu'un petit piqûre de rien du tout, c'est fini maintenant, couche toi. Disait-il pour la rassurer, elle attendit de voir le sang s'arrêtait de sortir avant de se recoucher. Il se leva pour cet fois-ci ouvrir la porte. Ses tantes faillirent le faire tomber, tant elles s'étaient précipités à l'intérieur de la chambre. Saran entra derrière eux, le visage blême. -"Ki mousso ka douma néné ka té ban! " Tu goutte aux délices de ta femme et tu ne veux plus t'arrêter!. T'es vraiment le fils à ton père! S'écria l'une de ses tantes et l'autre approuva en battant des mains. -N'sékoté, akounbénan faga. "C'est pas de ma faute hein, elle a failli me tuer" Répond Daouda, un sourire coquin collé aux lèvres et semblant chuchoter. -Malobali! "Même pas honte!" Ils éclatèrent de rire avant de s'avancer près de la nouvelle mariée. Ayant constatées la tâche rouge, les deux femmes se mirent à crier, des cries ressemblant surtout à d'assourdissants sifflements. L'une d'elle voulut emporter le drap mais Daouda l'en empêcha. -Pas question! S'écria t'il. Ce drap, c'est moi qui vais le garder, précieusement, pour toujours me souvenir de la dignité de ma femme, de ceux qu'elle m'a offerte! Djina se senti mourir de honte. Les deux tantes avaient mordu à l'hameçon, les paroles de leur neveu les avaient vraiment touché et ils n'insistèrent même pas pour prendre le drap et le trimballer partout pour signifier la pureté de leur belle fille. Ils sortirent de la chambre et alertèrent toute la maison par leur cris et disant que Djina était vierge sans pour autant le dire, elles prononçaient des expressions du genre, "La femme de Daouda est fraîche comme une pomme", "elle vient juste de sortir d'un paquet", "Elle est toute neuve et brille de mille feu"... Ceux qu'elles ignoraient c'est que Daouda avait refusé que le drap ne sorte pour ne pas qu'elle s'aperçoivent de la supercherie, qu'elle ne se rendent pas compte que la tâche n'était pas l'hymen mais en vrai du sang sorti de la paume de ses mains. Saran elle, soufflait l'air du soulagement, elle avait l'impression d'échapper à une sentence sans égal. Bien qu'elle était contre ce mariage du fait qu'elle ne voulait pas que Djina se mari par dépit, qu'elle soit malheureuse, celà l'arrangeait au plus grand point. Elle savait l'enjeu qui résidait sur le fait que Djina soit enceinte alors qu'elle était célibataire. Elle se rapprocha de sa petite Djina et la prit dans ses bras sans rien dire. Un geste qui les avaient suffit à toutes les deux de connaître les ressentiments de l'autre. Ceux çi dura un long moment avant que Saran ne lui chuchote à l'oreille. -Je sais que vous n'avez rien, mais le jour viendra, alors prépare toi. Et s'il te plait Djina, reste dormir dans la chambre, tes sorties nocturnes faudra les arrêter. Et tes biens je l'ai garderais précieusement, si t'a besoin d'argent viens me voir, je te les donnerait, si les souvenirs de ton passé te reviennent, tu m'en parle... Prend soin de toi et sache que je serais toujours là pour toi, tu vas beaucoup me manquer. Djina hocha juste la tête, les mots semblaient lui perdre, elle laissa son coeur et ses larmes s'exprimaient à la place de sa bouche.  Daouda lui, admirait le spectacle avec émerveillement, ces deux femmes, l'amour qu'elles se portaient alors qu'elles n'avaient aucun lien de parenté, qu'elles se connaissaient depuis si peu, lui semblait incroyable. Comme il le disait, mystère et boulle de gomme! -J'en prendrais soin comme si elle était la seule femme sur terre, je la gaterais comme l'unique fille d'un roi, je la dorloterais comme un bébé! Avait promis Daouda à Saran, lorsque celle-ci s'apprêtait à rentrer chez elle. -Je l'espère bien, ce n'est qu'une petite fille! Avait-elle répondu, sourire aux lèvres. -N'ayez crainte! Dit-il avant de retrouver sa femme dans la chambre contemplant les lieux, il la regarda faire. Leur chambre était magnifique y'avait un grand lit positionné au centre avec une commode de part et d'autre, une coiffeuse et un armoire, en plus de ça un salle de bain interne, c'était différent de celles qu'elle avait pu voir depuis qu'elle a mit les pieds dans ce village. En faite dans toute la maison tout semblait différent, on se croirait plutôt dans une ville plutôt qu'un village, même si de nos jours beaucoup d'avancement s'étaient opéré dans les villages. Mais aussi fallait que ce différence se fût ressentir, la fortune, personne n'en avait plus qu'eux dans toute le coin.  À un moment, Djina entendit des sons, une voix, c'était pas la première fois qu'elle l'entendait, mais cet fois-ci, elle avait l'impression que cela venait d'un endroit trop près alors que d'habitude, elle l'entendait de loin. Et les mots qui se disait l'avait toujours intrigué. -Qu'est ce qui se passe? Demandait Daouda face à l'incompréhension qui marquait le visage de sa femme. -D'où vient cette voix? -De quoi parle tu? -Écoute. L'intima t-elle, Daouda resta attentif et compris de quoi il s'agissait. -C'est l'appel à l'adhan! -Qu'est ce que celà signifie? Je l'entendait toujours de loin et là c'est comme çi c'est... -Oui celà vient de la maison, c'est la voix de Bourama, mon frère. C'est pour signifier qu'il est l'heure de prier. Il disait ces mots d'un air triste, il comprit que Djina ne savait rien de la religion m*******e, peut-être c'était du à son perte de mémoire, il l'ignorait, mais il avait compris depuis le jour où il lui avait proposé de devenir sa femme. Cet ignorance n'était pas tellement surprenant en à juger l'endroit, le village. Ici les gens se disaient musulmans pourtant ne s'atteler à aucun pratique qui les faisait appartenir à la religion, ils disaient toujours qu'ils le feraient lorsqu'ils seront vieux, pour eux pratiquer son dine ne se faisait qu'à la vieillesse, rare étaient les jeunes qui refutaient celà.  Daouda lui-même se disait la même chose jusqu'au jour où ils s'étaient rendu à Bamako chez l'un de ses oncles et qu'il avait vu un enfant d'à peine sept ans prier avec une perfection presque parfait. Il avait eu tellement honte de lui, ensuite, il a assisté à des conférences religieuses...Et il s'était rendu compte de l'importance et de l'obligation qu'il y avait dans la pratique de sa religion, depuis, il s'était repenti. De retour dans son village, il a demandé à son père de construire une mosquée dans la maison, et a réussit à faire instorer chez eux et chez certains de leurs voisins, la pratique de la religion, avec l'aide d'un maître coranique qui dispensaient des cours religieuses dans le village. Daouda n'était pas toujours encré à cent pour cent dans la religion, mais aux moins, il accomplissait l'essentiel et éviter du mieux qu'il pouvait les péchés. Pourtant en ce moment, une très grande lui pesait la conscience, un péché, il le savait mais s'était laissé égaré, guidé par ses passions, et chaque soir, celà le hantait dans son sommeil. Un péché vraiment pesant! -Approche! Ordonna t'il tendrement à Djina et ils s'assirent côte à côte sur le lit. -Tu connais la religion m*******e? Il demandait. -Non. -Ok, ne t'inquiète pas, je t'apprendrais. D'abord je vais faire mes ablutions et prier ensuite, on ira voir l'imam. Elle ne comprit quasiment rien de ces mots et Daouda sourit face à la tête qu'elle faisait. Comme promis, à son retour, il l'amena voir l'imam qui lui fit prononcer la chahada, et les jours qui suivirent, lui-même lui appris les bases et fondements de la religion et elle à son tour s'était empressé de l'enseigner à Saran lorsqu'elles s'étaient revu.  Le temps filait à la vitesse d'un éclair et Djina se faisait une joie de vivre avec sa belle famille, elle s'entendait avec tous, et tous, l'adoraient énormément, enfin c'est ce qu'elle croyait. La seule chose qui lui avait vraiment causé problème, c'est le fait qu'elle ne savait pas cuisiner, mais par chance son époux l'avait expliqué à sa mère et cette dernière s'était fait un plaisir à l'apprendre, en cachette, ce serait une honte si les autres venaient à l'apprendre et ce n'était pas la seule chose qu'elle lui avait appris, elle avait une merveilleuse belle-mère. Au début du mois de juin, son ventre commença à se voir, elle devait être à son quatrième mois de grossesse. Contrairement à elle, Daouda était impatient de l'arrivée de ce bébé, il l'adorait sachant même que c'était pas le sien.Elle, refusait d'accepter l'enfant, elle voulait même pas en entendre parler, des fois elle en pleurait beaucoup, et lui, se faisait un mal de chien à la calmer. Il l'aimait et ne cessait de le lui prouver même s'il était conscient que ça n'allait que dans un sens, il ne s'en plaignait pas, pour lui, c'était toujours un bonheur sans pareil de la retrouver chez lui après le boulot, de l'écouter parler, de la regarder se mouvoir, sourire, rire, s'atteler aux tâches domestiques...  Cependant le fait qu'il ne pouvait la toucher, la caresser, la faire sien, causait une vive douleur en lui. Mais celà, il se l'était lui même interdit, se disant qu'il ne le devrait pas, c'était un vrai calvaire. Et pourtant ce peut-être mieux pour lui. Un soir de dimanche, Daouda s'assit fixant un point fixe, perdu dans l'engourdissement des facultés de l'esprit. Ceux qui n'était pas de son genre, Djina inquiète lui demanda ceux qui n'allait pas, mais sa réponse éveilla son hilarité. -Faire des farces me manquent, ça fais longtemps que je me sens plus emmerdeur! Avait-il répondu, en gardant un sérieux. Aussitôt dit, il se leva et se dirigea dans la cour, où sa grand-mère paternelle était assis entouré des enfants entrain de conter. C'était une Djinn vraiment belle avec une longue chevelure qui cachait son visage, s'habillait tout en blanc, elle mangeait l'âme des villageois, enfants et grands... Il n'écouta pas la fin de l'histoire qu'il retourna aux prés de sa femme. -J'ai une idée fan.tas.ti.que! Dit-il un magnifique sourire aux lèvres. -Ah bon, c'est quoi? Répond Djina. -T'a une robe blanche? -euh...Oui, pourquoi? -enfile là! J'ai envie de faire une blague! -Explique! -Grand-mère est avec les enfants entrain de conter. -et? Il lui raconta ce qu'il avait entendu du compte et elle compris. -T'es sérieux, tu veux leur faire peur. -Allez, ça sera drôle. Dit-il en lui faisant les yeux doux. -Tu es mon mari, et j'ai le devoir de te soutenir dans tout. Dit-elle faussement obligé, alors que l'idée ne la déplaisait guerre. -Femme bien soumise, j'adore! Et ils éclatèrent de rire. Djina enfila une longue robe blanche, éparpilla ses cheuveux et fit descendre une grande partie sur son visage. Et parti dans la cour. Daouda l'avait devancé et commençait à se tordre de rire. Il s'approcha des enfants et s'assit près d'eux. -la vieille, arrête avec ce conte, tu sais que si tu parle du djinn, elle va se montrer. Dit-il à l'encontre de sa mami, qui le traita de menteur avant de continuer, mais les enfants commencèrent à s'envoyer des regards. -C'est bon en tout cas, je vous ai prévenu. Dit-il avant de se lever aussitôt, Djina fit irruption. Et la grand-mère fut la première à crier et courir et les enfants la suivirent en criant "la djinn, Daouda avait raison". Les deux farceurs se mirent dans un éclat de rire sans fin, avant de se retirer vite fait de la maison, ils entendirent les gens demandait ceux qui se passait, mais n'en fit pas cas. -wallah de vrai bébés vous deux, je me demande quant est ce que vous allez grandir! S'écria la mère de Daouda les ayant trouvé devant la maison entrain de rire aux éclats. -Mah, un peu de sport lui feras du bien à grand-mère! Dit-il entre deux rires. -"Niamogo dé", si elle se rend compte que c'est vous, vous aller voir! Fit-elle avant de les laisser seule. -T'es vraiment un bébé Daouda! Lui dit sa femme. -Hahaha moi, j'ai rien fait, c'est pas moi la djinn, en plus avec ton gros ventre là, tu vas avoir un bébé et tu fais les bébés. La bonne humeur s'envola, elle n'aimait pas parler de l'enfant. -Hey, ce bébé c'est le tien, il faut que tu t'y fasse s'il te plait, pourquoi ne veut tu jamais en parler. Même si ce n'est pas le mien, je la considérerais comme tel, alors arrête de faire cette tête. Viens on va marcher un peu. Quelques pas et quelqu'un vint se poster devant eux, c'était Idriss, l'un des demi-frères de Daouda et le visage de ce dernier s'assombrit, ce frère, Il ne le portait pas dans son coeur pour diverses raisons, ils ne s'entendait vraiment pas, et Djina l'avait remarqué. C'était aussi le cas avec un autre de ses demi-frères et un cousin, ils ne les supportait pas. -Tu peux te pousser, on voudrait passer. Daouda l'avait dit sur un ton faussement calme. -Je vous ai entendu, je sais que t'es pas le père de ce bâtard. Disait Idriss, pointant du doigts le ventre de Djina un sourire maléfique ornant ses lèvres. Le coeur de Djina s'emballa, alors que Daouda, lui, semblait ne même pas entendre ce que son frère avait dit. Il intima sa femme de le suivre et ils s'en allèrent sans un regard pour l'autre qui bouillait de colère, ahuri par le geste de son frère et se promit de lui faire payer, il le détestait et voulait coûte que coûte lui faire mal et avec cette information, il croyait pouvoir y arriver, mais le zen qui se lisait sur le visage de son frère l'en dissuadait. Et après un instant de réflexion, il se dit que c'était pas vraiment gagné parceque sans preuve, personne ne le croirait sachant ceux qu'il ressent envers son frère. Ce fut aussi pour celà que Daouda ne se sentait nullement menacé et essaya de rassurer sa femme, mais Djina avait peur que son beau-frère ouvre la bouche. Le lendemain vers quinzes-heures, alors que beaucoup étaient parti à la mine, y compris son mari, et que les autres faisait la sieste, Djina entendit des coups sur sa porte, elle ouvrit et tomba nez à nez sur Idriss. -Suis moi tout de suite dans la chambre, ou je cris tout de suite à tous, ce que nous savons! Il avait parlé d'un ton qui n'admettait aucun réplique. Elle ne réfléchit même pas, tétanisée, elle le suivit sans se demander ceux qu'elle ferait dans la chambre du frère de son mari. Aussitôt entrés ce dernier ferma la porte. -Ton imbécile de mari va me le payer, j'ai hâte de voir sa tête s'il venait à apprendre ce qui va se passer, là, tout de suite. Non mais, il se prend pour qui pour toujours avoir le meilleur, je suis le grand frère et je n'arrive toujours pas à avoir une femme et lui, il rapplique avec la plus magnifique, regarde toi bon dieu! Elle voulut ouvrir la bouche, mais il lui colla ses mains la poussant contre le mur, elle comprit enfin ce qui se passait, et des larmes coulèrent. -Shut! J'ai tellement rêvé de te toucher! Il lui caressait la joue d'un mouvement lent avant de s'emparer d'un bocal et lui fit avalait le contenu en la forçant. Sur l'heure elle glissa le long du mûr et perdit connaissance. Il la souleva et la coucha sur le lit, la dévêti et fit de même. Mais lorsqu'il voulut la pénétrer, il tomba comme une masse au dessus d'elle, il était mort! *********************************** Allez lachez vous, vos pensées sur le chapitre! N'oubliez pas de voter. À la prochaine, je vous adoooreeeee @mayak-9755
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