Chapitre 6:Le hasard (ou le destin ?)

461 Mots
La porte du bar s’ouvrit. Christian Cleve entra, costume froissé, cravate défait, air d’un homme qui venait de perdre un match contre la vie. À ses côtés, son ami Julian, beau parleur et roi des mauvaises idées. Julian : T’as besoin de te détendre, mon pote. Oublie ton père, oublie ton frère, et fais comme moi : un verre, une fille, et plus de problèmes. Christian : Très philosophique. Et tu proposes quoi, exactement ? Julian (souriant) : Je propose un défi. (Il sort une carte d’hôtel de sa poche et la pose sur la table.) Une chambre. Pour toi. Ce soir. Choisis la fille que tu veux dans ce bar. Christian soupira. — T’es vraiment malade… Mais ses yeux glissèrent vers le comptoir. Elle. La fille aux boucles brunes, le regard triste mais fier. Liliana. Elle ne riait pas, ne parlait pas, mais dégageait quelque chose… d’étrangement lumineux. Julian (le remarquant) : Celle-là ? Parfaite. Va, conquérant ! Christian hésita, prit une gorgée de whisky, inspira un grand coup et marcha vers le bar. Christian (souriant) : Mauvaise journée, vous aussi ? Liliana (haussant un sourcil) : Devinez. Si je vous dis que j’ai lavé une salle entière, perdu mon boulot et reçu un message d’expulsion, ça vous aide ? Christian (amusé) : Alors vous avez gagné. Moi, j’ai perdu mon honneur, ma dignité et peut-être mon héritage. On fait la paire. Elle éclata de rire, un vrai rire, celui qu’on ne retient pas. Ils trinquèrent. Puis ils parlèrent. Longtemps. De tout sauf d’eux-mêmes. Des gens ridicules, des rêves idiots, des chansons bêtes. Il la fit rire, elle le calma. Deux âmes cabossées qui, sans le savoir, venaient de trouver un miroir. Et quand il proposa de sortir prendre l’air, elle hésita à peine. Pas parce qu’elle voulait fuir, mais parce qu’elle n’avait plus rien à perdre — et peut-être, pour une fois, quelque chose à sentir. L’hôtel n’avait rien d’extraordinaire : un néon bleu, un couloir qui sentait le savon et une clé magnétique un peu usée. Mais à cet instant, c’était comme un autre monde. Ils ne se sont pas précipités. Ils ont parlé encore, ri, partagé une pizza trop grasse, échangé des regards maladroits. Leurs gestes étaient naturels, leurs sourires sincères. Pas de gêne, pas de jeu — juste deux êtres fatigués qui trouvaient un peu de chaleur dans le froid de la vie. Quand leurs mains se sont enfin frôlées, ce fut doux, simple, presque familier. Comme si, sans le savoir, ils s’étaient cherchés depuis toujours. Et cette nuit-là, ils ne se sont pas perdus dans la chair, mais dans un instant. Un de ces rares moments où le monde s’arrête. Où les blessures se taisent, où le rire et la tendresse remplacent tout le reste.
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