Camille la prit et la lut ; mais, en la lisant, ses yeux s’emplirent de larmes ; elle pleura comme pleurent toutes les femmes dans leurs vives douleurs. – Mon Dieu ! dit-elle, il l’aime. Je mourrai donc sans avoir été ni comprise ni aimée ! Elle resta quelques moments la tête appuyée sur l’épaule de Béatrix : sa douleur était véritable, elle éprouvait dans ses entrailles le coup terrible qu’y avait reçu la baronne du Guénic à la lecture de cette lettre. – L’aimes-tu ? dit-elle en se dressant et regardant Béatrix. As-tu pour lui cette adoration infinie qui triomphe de toutes les douleurs et qui survit au mépris, à la trahison, à la certitude de n’être plus jamais aimée ? L’aimes-tu pour lui-même et pour le plaisir même de l’aimer ? – Chère amie, dit la marquise attendrie ; eh ! bien, so


