Chapitre 17. Réincarnation J’arrivai à la gare à temps pour le train de minuit dix vers Pise. Je pris mon billet, je me rencognai dans un compartiment de seconde classe, la visière de ma casquette tirée presque sur mon nez, non pas tant pour me cacher que pour ne pas voir. Mais je voyais tout de même par la pensée. J’avais le cauchemar de ce grand chapeau et de cette canne, laissés là, sur le parapet du pont. Peut-être qu’à ce moment quelqu’un, passant par là, les découvrait… ou peut-être déjà quelque gardien de nuit avait couru au poste donner l’avis… Et j’étais encore à Rome ! Qu’attendait-on ? Je ne respirais plus… Enfin, le train s’ébranla. Par chance, j’étais resté seul dans mon compartiment. Je sautai debout, je levai les bras ; je poussai un interminable soupir de soulagement, c


