Chapitre 2
«Si seulement j’avais su…
qu’il y a deux étapes
dans l’amour»
C’est à l’aéroport de Chicago que je l’ai rencontrée: elle allait
rejoindre son fiancé pour le week-end.
– Où est-ce que vous allez? m’a-t-elle demandé.
– Je vais à Milwaukee, dans le Wisconsin, pour animer un
séminaire sur le mariage.
– Qu’est-ce que vous enseignez dans ce genre de séminaires?
– J’essaie de proposer des pistes concrètes aux participants
pour les aider à améliorer leur vie de couple s’ils sont déjà
mariés.
– Pourquoi? m’a-t-elle demandé avec des yeux étonnés. Si
on s’aime, cela ne suffit pas?
Si on s’aime, cela ne suffit pas?
Je savais que Jan – tel était son prénom – était sincère,
car je pensais comme elle avant de me marier. En attendant notre vol, je lui ai parlé des deux étapes de l’amour. La
première nécessite peu d’efforts: nous sommes motivés par
nos sentiments et nous nous trouvons dans un état d’euphorie (voir chapitre 1). Nous sommes «amoureux». Dans cette
phase, nous faisons volontiers des choses pour la personne que nous aimons sans avoir l’impression que cela nous
coûte. Nous parcourons facilement 800 kilomètres ou prenons l’avion juste pour pouvoir passer quelques heures avec
elle. Nous avons le sentiment qu’elle est parfaite.
La jeune femme a acquiescé.
J’ai ajouté rapidement:
– Bien sûr, il est possible que votre mère ait un avis différent.
Elle vous dit peut-être: «Ma chérie, est-ce que tu as pensé
à…»
– Oui, j’ai déjà entendu ça, a-t-elle répondu.
A cette étape de l’amour romantique, le couple n’a pas à
travailler pour que la relation s’améliore. Il se peut qu’ils dé-
pensent tous deux beaucoup d’énergie à faire des choses
l’un pour l’autre, mais ils n’ont pas l’impression que cela
nécessite un effort. Ils ont plutôt tendance à dire que c’est
un plaisir. Ils sont même absolument ravis de pouvoir faire
quelque chose pour l’autre. Ils désirent se rendre mutuellement heureux et y parviennent souvent.
Cependant, comme je l’ai dit au chapitre précédent, ce sentiment d’amour romantique ne dure en moyenne que deux
ans. On ne reste pas dans cet état d’euphorie pour toujours.
Et d’ailleurs, il vaut mieux qu’il en soit ainsi, car il est difficile
de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre lorsqu’on est
amoureux. Si cela vous arrive pendant vos études, vos notes
vont certainement baisser un peu. Quel est l’amoureux qui
s’inquiète d’un test écrit sur la guerre franco-allemande de
1870-1871? De telles choses semblent futiles, dans ce caslà; l’important, c’est d’être avec la personne qu’on aime. Je
connais des jeunes femmes qui ont abandonné leurs études
pour se marier parce que l’être aimé déménageait dans une
autre région et qu’elles voulaient l’accompagner.Si ce sentiment romantique accaparant durait vingt ans,
rares seraient les personnes qui termineraient leur formation, qui feraient carrière ou qui s’engageraient dans des
œuvres de bienfaisance. Quand nous sommes amoureux,
le reste du monde ne compte pas. Nous ne pensons qu’à
être avec l’autre et à le rendre heureux.
La seconde étape de l’amour sollicite
beaucoup plus notre volonté que la première.
Avant mon mariage, personne ne m’avait parlé des deux étapes de l’amour. Je savais que j’aimais Karolyn et je m’attendais à ce que mes sentiments pour elle durent jusqu’à la fin
de mes jours. Elle me rendait heureux, et je désirais faire de
même pour elle. Mais lorsque l’euphorie a disparu, j’ai perdu
mes illusions. Me souvenant des avertissements de ma mère,
je me suis mis à penser: J’ai épousé la mauvaise personne. Si
j’avais vraiment épousé la bonne personne, mes sentiments
n’auraient pas perdu en intensité aussi rapidement après le
mariage… Nos différences semblent si évidentes maintenant.
Pourquoi ne les ai-je pas vues plus tôt? Ces pensées douloureuses me tourmentaient et m’ébranlaient.
La seconde étape de l’amour
Si seulement quelqu’un m’avait dit que ce que je pensais et
ressentais était normal; si seulement j’avais su qu’il y a en
réalité deux étapes dans l’amour et que je me trouvais dans
la phase de transition. Mais malheureusement, personne ne
m’a parlé de cela. Si j’avais su alors ce que je vais partager
avec vous maintenant, cela m’aurait épargné des années de difficultés conjugales. J’ai en effet découvert que la seconde
étape de l’amour sollicite beaucoup plus notre volonté que la
première. Elle exige aussi un certain «travail», si nous voulons
pouvoir maintenir la flamme du sentiment amoureux. Mais
pour ceux qui font l’effort de passer de l’étape 1 à l’étape 2,
les récompenses sont magnifiques.
Alors que j’étais jeune conseiller conjugal, j’ai commencé à
me rendre compte que ce qui procure à quelqu’un le sentiment d’être aimé ne donne pas forcément ce même sentiment à quelqu’un d’autre. Et lorsque l’euphorie retombe, les
couples n’arrivent souvent pas à s’exprimer mutuellement
leur amour. Elle dit: «J’ai l’impression qu’il ne m’aime pas», et
lui dit: «Je ne la comprends pas. Je fais tout ce que je peux:
je nettoie la voiture, je tonds la pelouse tous les samedis, je
l’aide dans les tâches ménagères… Je ne sais pas ce qu’elle
attend de plus.» Elle répond: «C’est vrai, il fait tout ça. C’est
un bosseur.» Puis, les larmes aux yeux, elle ajoute: «Mais
nous ne parlons jamais.»
Le temps passant, j’ai continué à entendre ce genre d’histoires. J’ai alors décidé de reprendre les notes que j’avais
prises au cours de mes entretiens et je me suis demandé: Si
quelqu’un dit: «J’ai l’impression que mon conjoint ne m’aime
pas», qu’est-ce qu’il espère? Qu’est-ce qu’il veut dire?
Qu’est-ce qu’il déplore? J’ai classé les différentes plaintes
que j’avais pu entendre, et j’ai découvert cinq catégories,
que j’ai appelées par la suite «les cinq langages de l’amour».
En effet, de même qu’il existe différentes langues, il existe
différentes manières d’exprimer l’amour. Et de même que
nous avons tous une langue maternelle, une langue que
nous comprenons mieux que les autres, nous avons aussi
chacun un langage d’amour fondamental. Sur les cinq langages d’amour qui existent, il y en a un qui nous parle plus que les quatre autres. Et, comme je l’ai aussi constaté, mari
et femme ont rarement le même. Par nature, nous avons
tendance à faire pour l’autre ce qui nous donne le sentiment
d’être aimés. Mais si cela ne correspond pas à son langage,
il (elle) ne sera pas touché(e) de la même façon.
Dans l’exemple cité précédemment, le mari parle le langage
des services rendus. Il lave la voiture, tond la pelouse, bref,
il aide sa femme de diverses manières. C’est sa façon à
lui de manifester son amour. Il le lui exprime sincèrement,
mais pas dans son langage à elle. Car pour sa part, elle est
sensible aux moments de qualité. Elle dit: «Nous ne parlons
jamais.» Pour qu’elle se sente aimée, elle a besoin que son
mari prenne vraiment du temps pour elle en l’écoutant, en
parlant avec elle, en lui racontant ce qu’il vit, c’est-à-dire en
communiquant.
Après avoir réfléchi à ces choses, j’ai écrit un livre intitulé Les
langages de l’amour. Les actes qui disent «je t’aime».1
Il s’est
beaucoup vendu en anglais et a été traduit en de nombreuses
autres langues. Il a aidé bien des couples à apprendre à communiquer, à s’exprimer l’un l’autre leur amour de manière efficace et à en maintenir la flamme. Il leur a montré comment
passer de l’étape 1 à l’étape 2. Considérons brièvement ces
cinq langages de l’amour:
que les quatre autres. Et, comme je l’ai aussi constaté, mari
et femme ont rarement le même. Par nature, nous avons
tendance à faire pour l’autre ce qui nous donne le sentiment
d’être aimés. Mais si cela ne correspond pas à son langage,
il (elle) ne sera pas touché(e) de la même façon.
Dans l’exemple cité précédemment, le mari parle le langage
des services rendus. Il lave la voiture, tond la pelouse, bref,
il aide sa femme de diverses manières. C’est sa façon à
lui de manifester son amour. Il le lui exprime sincèrement,
mais pas dans son langage à elle. Car pour sa part, elle est
sensible aux moments de qualité. Elle dit: «Nous ne parlons
jamais.» Pour qu’elle se sente aimée, elle a besoin que son
mari prenne vraiment du temps pour elle en l’écoutant, en
parlant avec elle, en lui racontant ce qu’il vit, c’est-à-dire en
communiquant.
Après avoir réfléchi à ces choses, j’ai écrit un livre intitulé Les
langages de l’amour. Les actes qui disent «je t’aime».1
Il s’est
beaucoup vendu en anglais et a été traduit en de nombreuses
autres langues. Il a aidé bien des couples à apprendre à communiquer, à s’exprimer l’un l’autre leur amour de manière efficace et à en maintenir la flamme. Il leur a montré comment
passer de l’étape 1 à l’étape 2. Considérons brièvement ces
cinq langages de l’amour:
1. Les paroles valorisantes
Voici quelques exemples de paroles valorisantes:
y «Je suis vraiment reconnaissant(e) que tu ais lavé la
voiture. Elle est magnifique, maintenant!»
y «Merci d’avoir sorti les poubelles. Tu es formidable!»
Ce que j’aurais aimé savoir avant de me marier
22
y «Cette chemise te va vraiment bien.»
y «J’aime ton optimisme.»
y «Je suis touché(e) de voir comment tu t’occupes de ta
mère.»
y «Ton sourire est contagieux. Tu as remarqué que tout
le monde s’est déridé quand tu es entré(e) dans la
pièce?»
Nous pouvons faire des compliments à l’autre au sujet de son
caractère ou de sa manière d’être et de s’habiller. Nous pouvons aussi le (la) remercier pour quelque chose qu’il (elle) a
fait pour nous ou pour telle ou telle personne. Réfléchissons à
ce que nous admirons ou apprécions chez lui (elle), et disonsle-lui. Si les paroles valorisantes correspondent à son langage
d’amour fondamental, cela lui fera l’effet d’une pluie arrosant
une terre desséchée. Rien ne lui donnera davantage le sentiment d’être aimé(e).