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«Si seulement j’avais su…  que le tempérament d’une  personne influe grandement  sur son comportement» Chaque être humain est unique, c’est une réalité que personne ne conteste. Mais comment cela se traduit-il, concrè- tement? Personnellement, j’aurais aimé savoir avant de me  marier que ces traits de caractère qui font de nous des êtres  uniques auraient un tel impact sur notre vie de couple. Avant d’épouser Karolyn, je me disais qu’il serait merveilleux de me lever tous les matins pour prendre mon petitdéjeuner avec elle. Mais après notre mariage, j’ai découvert  qu’elle n’était pas du matin. Le petit-déjeuner n’était pas «son  truc». En réfléchissant, je me suis rappelé que, pendant nos  fréquentations, elle m’avait dit une fois: «Ne me téléphone  pas le matin. Je ne réponds pas de mes paroles ou de mes  actes avant midi.» A l’époque, j’ai pris cela pour une plaisanterie, et j’ai ri de bon cœur. En fait, je ne l’ai jamais appelée  le matin parce que j’étais occupé à mes «propres affaires».  Cependant, une fois marié, j’ai découvert qu’elle m’avait  parlé sérieusement. Le rêve d’un petit-déjeuner romantique  en compagnie de mon épouse a volé en éclats dès le premier mois de notre vie à deux. J’ai dû m’habituer à déjeuner  seul, avec le chant des oiseaux comme bruit de fond.De l’autre côté, avant notre mariage, Karolyn s’imaginait  qu’entre 22 et 24 heures, nous aurions le temps de faire des  tas de choses: elle pensait que nous pourrions lire ensemble  des livres et en discuter, regarder des films, jouer à des jeux  de société stimulants sur le plan intellectuel ou nous entretenir de grandes questions existentielles. Mais ce qu’elle ne  savait pas, c’est que mon «moteur» physique, émotionnel et  intellectuel s’arrêtait vers 22 heures. Après cette heure-là,  ma capacité à tenir une conversation intéressante diminuait  grandement. Il est vrai que, pendant la période des fréquentations, nous étions souvent ensemble jusqu’à minuit. Mais  à ce moment-là, j’étais porté par l’euphorie que procure le  sentiment amoureux. Le plaisir que j’avais de me trouver en  compagnie de celle que j’aimais et de faire des choses avec  elle me maintenait en mouvement. Et elle était loin de penser que les choses changeraient après le mariage. Une personne qui est du matin ne deviendra  jamais quelqu’un du soir, et vice-versa. Nous ignorions tous deux qu’il y a des «personnes du matin»  et des «personnes du soir». Les premières se réveillent en  pleine forme et sautent hors du lit pour affronter la journée  avec joie, tandis que les secondes se recroquevillent sous  la couette et se disent: Il (elle) doit quand même exagérer un  peu; personne ne peut être aussi enthousiaste tôt le matin! En  fait, le moment préféré de la personne du soir commence à  22 heures… C’est à ce moment-là qu’elle aime lire, peindre,  jouer à des jeux de société et faire des choses qui demandent  de l’énergie, alors que la personne du matin n’en peut plus.Cette différence de tempérament peut avoir un profond impact sur la vie sexuelle du couple. Car la personne du matin  désire aller au lit à 22 heures, se blottir contre son époux(se)  et avoir des relations avec lui (elle), tandis que la personne  du soir dit: «Tu plaisantes, je ne peux pas me coucher si  tôt!» La personne du matin risque alors de se sentir rejetée,  et celle du soir de se sentir contrôlée. Cela peut réellement  conduire à des disputes et causer des frustrations. Y a-t-il de  l’espoir pour de tels couples? Oui, certainement, s’ils choisissent de respecter leurs diffé- rences et de trouver une solution qui convienne à chacun.  Par exemple, la personne du soir peut accepter d’avoir des  relations sexuelles à 22 heures, si la personne du matin lui  permet de quitter la chambre ensuite pour retourner à ses  occupations jusqu’à minuit. Cependant, si la personne du  matin insiste pour que la personne du soir reste au lit après  l’acte conjugal, celle-ci pourra se sentir dominée et contrôlée,  et cela engendrera chez elle de la frustration. Une personne qui est du matin ne deviendra jamais quelqu’un du soir, et vice-versa. Cela fait partie du tempérament  propre à chacun. Certes, nous pouvons nous forcer à être  alertes à des heures qui ne sont pas les nôtres, mais cela  nous demandera toujours un effort. Si Karolyn et moi avions compris avant le mariage que je  suis quelqu’un du matin et qu’elle est du soir, et si nous  avions profité de la période des fréquentations pour discuter  de cette différence de tempérament, nous nous serions évité  bien des souffrances. Je ne me serais pas senti rejeté parce  qu’elle ne prenait pas son petit-déjeuner avec moi, et elle  ne se serait pas sentie dominée parce que j’insistais pour  qu’elle se couche vers 22 heures. Oui, je regrette que nousn’ayons pas été conscients de cette réalité avant le mariage,  car le caractère influe grandement sur le comportement. Optimistes ou pessimistes? Considérons une autre différence de tempérament dont les  couples ne sont généralement pas conscients avant le mariage: le caractère pessimiste et le caractère optimiste, qui  sont d’ailleurs facilement attirés l’un vers l’autre. L’optimiste  voit le verre à moitié plein; le pessimiste le voit à moitié vide.  L’optimiste voit les possibilités, tandis que le pessimiste voit  les problèmes. Pendant les fréquentations, nous partons du principe  que l’autre considère le monde de la  même manière que nous. Pendant les fréquentations, nous partons du principe que  l’autre considère le monde de la même manière que nous.  Chacun étant sous le charme, nous cherchons à nous faire  mutuellement plaisir, et cette différence de tempérament  peut rester cachée. L’optimiste a plus tendance à prendre des risques parce qu’il  est convaincu que tout ira bien. Prenons un exemple: un jeune  homme de ce tempérament propose à sa fiancée de faire une  sortie en moto. Si celle-ci est de nature pessimiste, elle n’aime  pas les activités à risque, car elle s’imagine toujours le pire  scénario. Par conséquent, cette idée ne l’enthousiasme pas.  Mais puisqu’elle admire son fiancé et qu’elle lui fait confiance,  elle est prête à faire avec lui des choses qu’elle n’aurait jamais faites d’elle-même. Et le jeune homme est enchanté de fréquenter une fille «qui aime l’aventure». Cependant, il ne se  rend pas compte que, pour l’accompagner dans certaines de  ses activités, elle dépasse de loin ce qu’elle peut supporter en  tant normal sur le plan émotionnel. Deux ans après le mariage, lorsqu’il lui propose d’aller faire  de l’escalade, elle refuse catégoriquement. Non seulement  cela ne lui fait absolument pas envie, mais elle ne veut pas  non plus qu’il y aille, que ce soit seul ou avec des amis. Elle  s’imagine déjà devoir finir ses jours veuve et ne peut pas  comprendre comment il peut être prêt à prendre un tel risque.  Lui, de son côté, est complètement surpris par sa réaction  et se demande ce qui est arrivé à son «esprit d’aventure».  Pourquoi est-elle devenue aussi rabat-joie? se dit-il. Comme ils n’ont pas pris soin de parler de leurs différences  de tempérament avant le mariage, ils se retrouvent entraînés  dans un conflit qu’ils ne comprennent ni l’un ni l’autre. En réalité, ils sont tout simplement eux-mêmes: un optimiste et une  pessimiste. Mais le problème, c’est qu’ils ne se connaissaient  pas sous cet angle avant de se marier. Durant la période des  fréquentations, ils étaient aveuglés par l’euphorie du sentiment amoureux. Mais s’ils avaient discuté de ce point, il se  serait rendu compte qu’elle ne l’accompagnerait jamais faire  de l’escalade ou du parapente et que s’il voulait pratiquer ces  sports, il subirait une forte opposition de sa part. Il y a de grandes chances pour que cette différence de caractère engendre aussi des désaccords dans le domaine de  la gestion financière. L’optimiste aura tendance à être un investisseur audacieux; il sera prêt à prendre des risques élevés si cela peut lui rapporter beaucoup. Son épouse, quant  à elle, préférera peut-être investir dans des marchés plus  stables et plus sûrs. Si le mari se lance dans un investissement à haut risque, cela leur causera quelques insomnies.Et si l’opération tourne mal, sa femme lui reprochera d’avoir  agi de façon imprudente avec leur argent. Lui, de son côté,  lui en voudra de ne pas le soutenir dans ses projets et lui  reprochera de les «priver» du succès. Pour éviter les tensions liées à ces différences de tempérament, il est nécessaire que l’un et l’autre cherchent à se comprendre, acceptent qu’ils sont différents et ne se condamnent  pas pour ce qu’ils sont. Ensuite, il est important qu’ils trouvent  un consensus, une solution qui satisfasse chacun. Dans le  domaine de l’investissement financier, par exemple, le couple  pourra décider de commencer par un placement sûr. Puis, ils  pourront se mettre d’accord sur une somme à investir dans  un placement à risque. Mais elle devra accepter de ne pas lui  faire toutes sortes de reproches s’il perd tout. Et si l’investissement réussit, elle le félicitera et ils se réjouiront ensemble. Il est essentiel de faire preuve de compréhension,  d’acceptation et de souplesse l’un envers  l’autre si l’on veut pouvoir construire un  mariage «qui tient le coup». Vous éviterez de nombreuses disputes inutiles au sujet de la  gestion des finances si vous parvenez à vous mettre d’accord sur ces questions avant de vous marier. Et ce principe  est valable dans de nombreux autres domaines susceptibles  de faire ressortir les différences de tempérament. Car dans  bien des situations, l’optimiste et le pessimiste n’auront pas  le même avis sur ce qu’il convient de faire. Il est essentiel  de faire preuve de compréhension, d’acceptation et de souplesse l’un envers l’autre si l’on veut pouvoir construire un  mariage «qui tient le coup»Ordonnés ou désordonnés? Ensuite, il y a d’un côté les personnes amoureuses de l’ordre  et de la propreté et, de l’autre, les personnes désordonnées. «Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi désordonné  que Ben», déplorait Alicia. Combien d’épouses ont dit cela  de leur mari à peine une année après le mariage? Notons  qu’avant qu’ils s’unissent pour la vie, ce trait de caractère de  son époux ne l’avait jamais dérangée. Oh, elle avait probablement remarqué que sa voiture était sale ou que son appartement n’était pas aussi bien rangé qu’elle l’aurait voulu,  mais elle s’était dit: Ben est plus décontracté que moi. C’est  bien; ça me plaît. J’ai besoin d’être un peu moins rigide. Ben,  de son côté, la trouvait merveilleuse. N’est-ce pas formidable  qu’elle soit toujours aussi ordonnée? pensait-il. Je n’ai plus  besoin de m’inquiéter de tout ranger, puisque, maintenant,  c’est elle qui s’en occupe. Cependant, trois ans plus tard, elle l’accablait de reproches  et lui rétorquait: «Je ne comprends pas pourquoi tu t’énerves  autant alors que j’ai juste laissé un peu de vaisselle sale  dans l’évier…» En ce qui concerne l’ordre, certaines personnes adoptent la  devise: «Une place pour chaque chose et chaque chose à sa  place.» D’autres, en revanche, ne voient pas la nécessité de  ranger leurs outils ou leurs habits, par exemple. Ils pensent:  Après tout, j’en aurai peut-être encore besoin dans une ou  deux semaines. Ou ils disent: «Pourquoi est-ce que tu perds  ton temps à ramasser les vêtements sales tous les jours?  Laisse-les par terre jusqu’à ce que tu fasses la lessive. Ils ne  vont pas s’envoler et ça ne me dérange pas de les voir traîner.» Oui, dans ce domaine aussi, nous ne sommes pas tous pareils, et nous avons du mal à comprendre pourquoi l’autre ne voit pas les choses comme nous. Cette différence de tempé- rament se remarque facilement, mais il est important de ne  pas se voiler la face pendant la période des fréquentations.  Regardez dans quel état se trouve son appartement ou sa  voiture et vous saurez vite s’il est ordonné ou pas. Observez  sa cuisine et sa salle de bains, et vous comprendrez ce qu’il  en est pour elle. Si vous vous ressemblez sur ce point, soit  vous aurez un appartement impeccable, soit vous serez  obligés d’enjamber tout ce qui traîne par terre pour traverser  chaque pièce. Mais vous serez tous deux heureux! Si, en  revanche, vous êtes différents, c’est le moment de discuter.  Regardez la réalité en face et décidez des responsabilités  de chacun. Cela vous permettra d’éviter des tensions après  le mariage. Si elle accepte de ramasser le linge sale de son  mari comme sa belle-mère le faisait quand il était étudiant,  c’est bien. Cependant, si elle s’attend à ce qu’il prenne davantage ses responsabilités, alors il doit être prêt à changer  ou, sinon, à demander à sa mère de venir ramasser son  linge sale tous les jours… Il est certain que des solutions  qui conviennent à chacun peuvent être trouvées, mais c’est  avant le mariage qu’il faudrait en parler. Loquaces ou introvertis? Les différences de tempérament se manifestent aussi dans  le domaine de la parole. Certains parlent librement de tout,  d’autres sont plus réfléchis, introvertis et expriment moins  facilement leurs pensées et leurs sentiments. Je compare  souvent les premiers à un «ruisseau qui babille» et les  seconds à la «mer Morte». La mer Morte, partagée entre  Israël, la Jordanie et la Cisjordanie, est alimentée par les  eaux du Jourdain, mais elle n’est reliée à aucun effluent.Bien des personnes sont parfaitement heureuses de ne pas parler de tout ce qu’elles ont pu avoir comme pensées et  comme réflexions dans une journée, ainsi que de tout ce  qu’elles ont pu vivre. Elles disposent d’un «grand réservoir  de stockage». Et si vous leur dites: «Qu’est-ce qui ne va  pas? Pourquoi tu ne dis rien ce soir?» Elles vous répondront  probablement: «Tout va bien. Qu’est-ce qui te fait penser le  contraire?» Ce faisant, elles seront tout à fait honnêtes. Car  elles n’ont simplement pas besoin de parler. Pour d’autres, ce qui entre par l’œil ou par l’oreille ne peut  faire autrement que de ressortir par la bouche. Et généralement, cela prend moins d’une minute. Peu importe ce qu’ils  voient ou ce qu’ils entendent, il faut qu’ils en parlent. Et s’il  n’y a personne à la maison, ils téléphoneront à quelqu’un et  diront: «Tu ne sais pas ce que j’ai entendu?» Ces personnes  n’ont aucune «capacité de stockage». Tout ce qu’elles vivent  doit être exprimé et raconté. Souvent, un introverti («mer Morte») épouse une personne  loquace («ruisseau qui babille»). Avant le mariage, ces diffé- rences semblent attirantes. Celui qui est plutôt introverti a le  sentiment qu’il peut se détendre. Il n’a pas à se demander:  Comment vais-je faire pour engager ou entretenir la conversation? Tout ce qu’il doit faire, c’est de s’asseoir et de dire:  «Oui, oui.» La personne loquace, quant à elle, remplira la  soirée. Et elle sera très attirée par la personne introvertie,  car celle-ci saura vraiment l’écouter. Cependant, cinq ans  après le mariage, elle se dira peut-être: Cela fait cinq ans  qu’on est mariés, et je ne le connais pas. Et lui dira: Je la  connais trop bien. J’aimerais bien qu’elle se taise et me  laisse un moment de répit… Ces différences se remarquent aussi dans la façon dont chacun raconte une histoire. La personne loquace a tendance à décrire les choses comme un artiste qui peindrait un tableau:  si elle relate un événement, elle le fera avec beaucoup de  détails et de soin. Par exemple, elle vous dira si le temps  était couvert ou si le soleil brillait, elle vous expliquera dans  quelle direction soufflait le vent, vous dépeindra la couleur  qu’avaient les fleurs sur le côté et le nombre de personnes  qui discutaient debout de l’autre côté du parking… L’introverti,  en revanche, a tendance à s’en tenir aux faits. S’il raconte la  même expérience, il le fera plus courtement et avec moins de  détails. Il ira directement à l’essentiel, tout simplement. Les  gens qui ont ce tempérament sont concis. Dans un couple, celui qui parle peu aura souvent de la peine  à écouter le récit long et extrêmement détaillé de la personne plus loquace. Il risquera de l’interrompre en disant:  «Tu ne pourrais pas en venir au fait?» A l’inverse, quand la  personne loquace l’écoutera raconter tel ou tel événement,  elle posera souvent des questions pour obtenir davantage  de détails et pour pouvoir mieux s’imaginer la scène. Ces différences de caractère ne disparaîtront probablement  pas avec le temps, et il n’y a pas un tempérament qui soit  mieux que l’autre. Cependant, si vous êtes conscients de  ces réalités avant le mariage, vous n’essayerez pas vainement de vous changer mutuellement après. La «mer Morte»  ne deviendra jamais un «ruisseau qui babille». Ainsi, si vous  avez épousé un homme introverti, vous devez accepter de  vivre avec quelqu’un qui n’exprime pas facilement tout ce  qu’il pense et ressent. La plupart des introvertis sont ouverts  aux questions et prêts à parler si on les y invite. Ce n’est  pas volontairement qu’ils «retiennent l’information», mais ils  ne ressentent tout simplement pas le besoin de faire part  aux autres de leurs pensées, de leurs sentiments et de leurs  expériences.Si un mari peut écouter volontiers le flot de paroles qui sort  de la bouche de sa femme (ou vice-versa), il aspirera aussi à  des moments de silence. C’est pourquoi il se retirera parfois  pour vaquer seul à ses occupations. Dans ce cas, il faudra  que son épouse comprenne qu’il ne la rejette pas mais qu’il  a simplement besoin de calme. Lorsque la question de ces  différences de personnalité est abordée avant le mariage,  elle risque moins de causer des problèmes après. Flegmatiques ou dynamiques? «Certains lisent l’Histoire, d’autres la font», dit un proverbe.  Souvent, dans un couple, ces deux types de tempérament  sont représentés. Pour la personne dynamique et entreprenante, chaque journée est une nouvelle occasion de  poursuivre ses objectifs. Elle fonce pour obtenir ce qu’elle  veut ou ce qu’elle croit être juste, ou encore pour faire en  sorte que les choses se passent comme elle pense qu’elles  doivent se passer. Elle utilisera tous les moyens, retournera  chaque pierre et fera tout ce qui est humainement possible  pour atteindre les buts qu’elle s’est fixés dans la vie. La personne plutôt flegmatique aura quant à elle tendance à  réfléchir, à analyser les choses, à envisager les différentes  éventualités et à attendre qu’une chose qu’elle désire se produise. Sa devise sera: «Tout vient à point pour celui qui sait  attendre.» Avant le mariage, ces traits de caractère donnent l’impression  que le couple est complémentaire. La personne dynamique  trouve qu’il est apaisant d’être en compagnie de quelqu’un de  plus calme, de plus détendu et de plus paisible. Elle apprécie  le tempérament posé, équilibré et prévisible de son conjoint.  De son côté, celle qui est d’un caractère plutôt flegmatique aime être en compagnie de quelqu’un qui prend des initiatives  et qui fait des projets. Elle admire les talents de l’autre et se  réjouit de ce qu’il (elle) arrive à faire. Mais là encore, après le mariage, le couple découvre que  ces différences provoquent des conflits. La personne dynamique cherche sans cesse à pousser son conjoint à l’action.  «Allez, on peut y arriver!» répète-t-elle. En revanche, le flegmatique persiste à dire: «Il vaut mieux qu’on attende. Peut- être qu’une meilleure solution se présentera plus tard. Ne  t’énerve pas autant, tout va s’arranger.» Peut-on prendre conscience de ces différences durant la  période des fréquentations? Oui, tout à fait. Mais le problème, c’est que, généralement, on ne se donne pas la peine  d’en parler. Car à ce stade, le flegmatique a tendance à se  conformer aux désirs de la personne dynamique. Pris par  l’enthousiasme que procure le sentiment amoureux, il aime  se lancer avec elle dans l’aventure. Il s’oppose rarement à  ses idées. Quand ils arrivent ensemble dans un lieu public,  il reste là, discute avec un ami et attend de voir ce que lui  réserve la soirée, tandis que la personne entreprenante parcourt la salle du regard et prend les choses en main. Et dans  la vie en général, elle lui demande souvent de faire ceci ou  cela pour que les choses avancent. Mais parce qu’il l’aime, il  se conforme à ses désirs. Peut-être est-il même fier d’avoir  «fait équipe» avec une personne aussi pleine d’entrain. Ces deux tempéraments – même si, à la base, on ne peut pas  dire que l’un vaille mieux que l’autre – risquent fort de provoquer des tensions après le mariage. Car une fois que l’enthousiasme suscité par la passion amoureuse du début a disparu,  la personne passive s’oppose plus souvent aux initiatives de  son conjoint entreprenant et elle peut se sentir dominée. La personne fonceuse, quant à elle, peut se sentir frustrée, et  l’hésitation de son époux(se) peut finir par l’agacer. Lorsque deux caractères aussi différents sont présents dans  un couple, celui-ci peut malgré tout réussir son mariage.  Mais il faut pour cela que chacun y mette du sien: le fonceur doit se montrer compréhensif, prendre le temps d’écouter l’autre lui exprimer ses réflexions et reconnaître qu’elles  représentent même un atout pour leur vie à deux. Car il est  toujours bon de «réfléchir avant d’agir». La personne flegmatique le fait beaucoup plus que le fonceur. Mais pour sa  part, elle doit le laisser dépenser son énergie et le laisser  agir avant qu’il ne soit trop tard. Si elle ne peut pas se lancer  avec lui dans telle ou telle entreprise, elle peut malgré tout  tirer à la même corde et l’aider. Ainsi, s’ils apprennent à se  compléter l’un l’autre au lieu de s’irriter de ce qui les sépare  sur le plan du caractère, ils pourront accomplir ensemble de  grandes choses. Si, avant le mariage, vous pouvez ainsi apprendre à «fonctionner» en équipe, il y a plus de chances pour que vos diffé- rences deviennent un atout et non un handicap après. Rationnels ou intuitifs? Certaines personnes ont un raisonnement extrêmement  logique. En procédant par étapes, elles parviennent à une  conclusion qui leur semble s’imposer. D’autres «sentent»  tout simplement ce qu’il convient de faire dans une situation  donnée. Elles ne peuvent pas vous dire pourquoi ni comment elles en sont arrivées à cette conclusion; elles ont juste  la conviction que c’est la bonne décision. Celui qui a tendance à réfléchir d’une manière logique met  en avant la raison, par laquelle, pour lui, toute question doit être résolue: «Nous devons pouvoir expliquer tout ce que  nous faisons. Si quelque chose n’est pas logique, nous devrions nous en abstenir.» La personne intuitive, quant à elle,  dit: «Nous n’avons pas besoin d’expliquer tout ce que nous  faisons. Car nous faisons parfois des choses simplement  parce qu’elles nous font plaisir. Et nous ne savons pas pourquoi. Est-ce que j’ai toujours besoin de savoir pourquoi? Je  veux pouvoir faire ceci ou cela juste parce que j’en ai envie.» Si vous voulez forcer l’autre à «rentrer dans votre moule»,  cela risque de provoquer bien des conflits. Avant le mariage, celui qui considère les choses sous l’angle  de la logique peut être amoureux d’une personne qui se fie  davantage à sa sagesse intuitive. Et celle-ci est peut-être  fière d’aimer quelqu’un qui fait preuve d’une telle logique.  Cependant, après le mariage, son côté intuitif et irrationnel  finira par rendre fou le défenseur du raisonnement logique,  et elle se demandera comment elle peut continuer à partager sa vie avec une personne aussi obnubilée par ce qui est  «raisonnable». Prenons un exemple: – Ecoute, la tapisserie n’est pas abîmée, ce n’est vraiment  pas la peine de la changer, dit un mari à sa femme. Tu ne  comprends pas ça? – Oui, je comprends, répond son épouse, mais je ne supporte plus cette couleur verte! S’il a plutôt l’esprit logique, il aura du mal à concevoir qu’on  puisse prendre des décisions basées sur un simple désir. Et  elle, de son côté, ne pourra pas comprendre comment il peut  rester à ce point prisonnier de son raisonnement.Ces différences de personnalité, de même que les autres,  passent souvent inaperçues avant le mariage. Il est rare  qu’on en parle. Pendant la période des fréquentations, les  décisions sont généralement prises simplement parce que  l’un et l’autre veulent se faire plaisir. Mais après le mariage,  lorsqu’on est placé face à la réalité de la vie, ce désir de se  faire mutuellement plaisir n’est plus aussi naturel. Quand les  différences se manifestent, la personne qui est attachée à  son raisonnement logique a tendance à faire pression sur  l’autre pour la conduire à considérer les choses comme elle  les voit. Mais cela revient à demander l’impossible. Car la  personne qui est plutôt intuitive ne considérera jamais la vie  selon la logique de son époux(se). Si vous voulez forcer l’autre à «rentrer dans votre moule»,  cela risque de provoquer bien des conflits. En fait, il vaut  mieux reconnaître que l’une et l’autre de ces perspectives  (celle de la logique et celle de l’intuition) permettent d’avancer dans la vie. Au lieu de se focaliser sur la manière de parvenir à une conclusion, les conjoints devraient plutôt chercher à arriver à une conclusion qui les satisfasse chacun.  Les principes abordés au chapitre 4 concernant la résolution  des conflits seront particulièrement utiles aux couples qui  ont cette différence de tempérament. Organisés ou spontanés? La personne organisée s’intéresse aux détails, tandis que  la personne spontanée ne s’en préoccupe pas. La première  est habituée à planifier les choses; elle peut par exemple  passer des mois à préparer un voyage. Elle visite trois sites  Internet différents, cherche le meilleur billet d’avion, veille à  ce que la voiture louée soit équipée d’un GPS, réserve les hôtels des semaines à l’avance et choisit avec le même soin  les restaurants où ils prendront leurs repas et les activités  qu’ils pratiqueront. Et, bien entendu, elle veille à emmener  l’équipement nécessaire. La personne spontanée, quant à  elle, attend la veille du voyage et dit: «Pourquoi est-ce qu’on  n’irait pas au bord de la mer plutôt qu’à la montagne? Il fait  tellement beau!» A ce moment-là, celui qui aime que tout  soit bien organisé s’effondre, et les vacances deviennent  pour lui une véritable épreuve. Avant le mariage, Stéphanie est impressionnée par les talents d’organisation de Julien: «Tu vérifies le solde de ton  compte en banque tous les jours? C’est incroyable!» Mais  après le mariage, le ton change: «Tu veux vraiment que je  note toutes mes dépenses?? C’est impossible! Personne ne  fait ça!» Julien s’empresse alors de lui montrer le carnet où,  pour sa part, il inscrit tout ce qu’il dépense. Selon lui, il s’agit  simplement de se comporter d’une manière responsable. Il est aussi très organisé dans sa manière de ranger la  vaisselle dans le lave-vaisselle: les assiettes, les plats, les  verres… chaque chose a sa place. Stéphanie, elle, procède  comme si elle remplissait sa machine à laver le linge. Son  objectif est de terminer au plus vite. Elle se dit que le lavevaisselle fera le reste. Mais Julien ne manque pas de lui faire  remarquer qu’à cause de sa manière de faire désordonnée,  des assiettes sont ébréchées et des verres sont fendus. Il m’a fallu quant à moi plusieurs années pour comprendre  que Karolyn ne remplirait jamais le lave-vaisselle à ma manière. Ce n’était tout simplement pas «son truc». Tous mes  conseils restaient lettre morte. Mais j’ai appris à mes dépens  qu’il y avait plus important dans la vie que quelques plats  fêlés, quelques verres cassés et quelques cuillères sales. Je  l’ai laissée être elle-même et, de son côté, elle a volontiers renoncé au remplissage du lave-vaisselle. Quand je n’ai pas  le temps de m’en charger parce que je dois partir rapidement  à une réunion, elle s’en occupe avec joie et j’accepte les  conséquences. Pour reprendre notre exemple, Julien paie aussi ses factures  de façon très méthodique et ordonnée. S’il est en déplacement pour son travail durant quelques jours, il s’attend à ce  que Stéphanie rassemble soigneusement les factures sur  son bureau afin qu’il puisse les traiter à son retour. Mais il  y a de fortes chances pour qu’elle ne se souvienne pas de  ce qu’elle a fait du courrier et pour qu’il retrouve les factures  dans la voiture, par terre ou sous un coussin du canapé…  Il ne comprendra alors pas comment son épouse peut être  aussi négligente, et elle ne comprendra pas comment son  mari peut être aussi exigeant. Cette différence de tempérament risque de créer de fortes tensions. Mais si l’un et l’autre sont attentifs, ils s’en  apercevront déjà pendant la période des fréquentations.  Malheureusement, là encore, beaucoup n’y prennent pas  garde. Si l’organisateur se rend compte que celle qu’il aime  est plutôt spontanée et peu attachée à l’organisation, aveuglé par l’amour, il s’enthousiasmera certainement pour ses  idées spontanées et admirera ce trait de caractère différent  du sien. Et si la personne spontanée remarque que celui  qu’elle aime est particulièrement organisé, elle s’émerveillera probablement de ce trait de caractère et lui fera peut- être même des compliments. Cependant, si l’un et l’autre sont réalistes et reconnaissent  que cette différence de tempérament risque de provoquer  des tensions, ils pourront en discuter et réfléchir à la manière dont ils géreront ces conflits une fois mariés. Cela les aidera beaucoup à trouver des solutions lorsque des désaccords se présenteront. * * * Puisque les différences de caractère peuvent être facilement  «détectées» et qu’elles influent grandement sur notre comportement, j’encourage les couples qui envisagent sérieusement le mariage à réfléchir ensemble à ces questions, afin  de comprendre quels sont leurs tempéraments respectifs.  Rien ne vous préparera davantage aux conflits qui surgiront  inévitablement. Pour vous aider, vous pouvez, si vous le souhaitez, vous  prêter l’un et l’autre à un test de personnalité, puis discuter ensemble des résultats obtenus. Certains de ces tests  distinguent quatre types de caractère: mélancolique, flegmatique, sanguin et colérique. Il peut être utile pour votre  couple de découvrir les points forts et les points faibles de  chacun de ces tempéraments de base. Cela vous donnera  des pistes de discussion et vous aidera à mieux comprendre  le caractère de celui ou celle que vous aimez. Ainsi, il vous  sera plus facile d’accepter sa manière de réagir dans une  situation donnée.
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