Les larmes vinrent aux yeux de Claire. – Si je vous ai offensé injustement, monsieur, dit-elle, pardonnez-moi, le malheur rend mauvais. – Vous ne pouvez m’offenser, mademoiselle, reprit le magistrat, je vous l’ai dit, je vous appartiens. – Alors, monsieur, aidez-moi à prouver que ce que j’avance est exact. Je vais tout vous conter. M. Daburon était bien convaincu que Claire cherchait à surprendre sa bonne foi. Cependant son assurance l’étonnait. Il se demandait quelle fable elle allait imaginer. – Monsieur, commença Claire, vous savez quels obstacles a rencontrés mon mariage avec Albert. Monsieur de Commarin ne voulait pas de moi pour fille parce que je suis pauvre ; je n’ai rien. Il a fallu à Albert une lutte de cinq années pour triompher des résistances de son père. Deux fois le com


