Chapitre 06 :

2866 Mots
Je suis en mesure d'affirmer que ces 3 jours à l'hôpital m'ont beaucoup rapproché de mon père. Sans l'avis de ma mère et de ma sœur à côté, je me sens vraiment très bien en sa compagnie. C'est comme si je redécouvrais une nouvelle personne, une personne qui désormais était devenu bien que vitale à mes yeux. J'avais aussi fait la rencontre de Habib, le gars que mon père a recueillit de la rue et qui vit désormais avec lui. On s'entend super bien néanmoins, le seul bémol avec Habib et mon père c'est qu'ils ne pouvaient pas tenir une longue discussion sans y immiscer Allah, le Prophète Saws, la Sounnah, l'Imane ou bien la religion. Ça me gêner du point de vue où moi je n'en avais ni l'envie ni la force d'en parler. Cependant, je ne pouvais m'empêcher de les envier. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient heureux et leur Imane (foi) était telle qu'ils ne pouvaient dire quelque chose à propos de la religion sans être ému mais à vrai dire cela m'ennuyait plus qu'autre chose. Je n'étais pas dupe donc je me mettais toujours en retrait dans la chambre trop occupée à recopier les leçons que j'avais raté à l'école durant mon coma. Ça fait déjà trois jours que je suis sortie de l'hôpital, j'ai des médicaments à prendre quotidiennement, je dois être assidu à mes rendez-vous d'hôpital et pour couronner le tout, j'ai une très grande cicatrice au niveau de mon ventre à cause de la césarienne. Ce qui signifie que désormais je ne pourrais plus porter de crop top sans que l'on ne voit la cicatrice ! Génial ! Bref aujourd'hui avec le consentement de mon père, je suis sortie avec Sarah, Ndeye Fatou, Lamine (Mon meilleur ami) et Fadel pour aller à Gondolier Virage. Lamine avait amené avec lui quelques clopes et Fadel avait commandé à manger puis s'en ait suivit des chichas et de l'alcool mais je ne sais pour quel raison, je n'avais pas envie de toucher à la cigarette, à la chicha et à l'alcool. Parcontre j'avais commander une pizza et de la boisson. -Bébé tu vas bien ? Me murmure Fadel à l'oreille. -Euh oui...oui. -Tu n'es pas bavarde aujourd'hui. Rétorque t'il. -Non. Ça va ! Souris je faussement. -Ok. Dit il en tirant sur sa clope. J'allais boire une gorgée de ma boisson lorsque cette fois-ci c'est Lamine qui m'interpella. -Soukeyna je t'avais dit que dans deux semaines je fête mon anniversaire à Saly. -Non, tu viens de me mettre au courant. C'est une soirée ? -Non, on passe la journée là-bas : c'est une piscine party. Étant donné que ce sera un Samedi, on pourra tous se libérer. -D'accord. -Tu viendras ? -Bien-sûr qu'elle va venir ! Renchérit Sarah. N'est-ce pas Soukey ? -Oui je viendrais. Puis je leur laissais dans leur discussion à parler des choses qui auront lieu ce jour là. -Tu viens on s'éloigne un peu ? Se leva Ndeye Fatou. Sans lui répondre, je l'a suivis un peu plus loin. -Tu vas me dire ce qui te tracasses aujourd'hui ? -Il y a rien. J'ai juste pas envie de fumer ni de boire. Est-ce un crime ? -Venant de toi oui c'est un crime. Tu ne rates jamais une occasion de fumer alors n'essaies pas de me mentir. Me pointe t'elle du doigt. Qu'est-ce que tu as ? Répète t'elle. -Mais il y a rien. Je ne suis juste pas dans mon assiette. -C'est faux quand on est venu te prendre chez toi tout à l'heure, tu étais normale. -D'accord. Je vais te dire ce qu'il y a : je n'aime plus ce genre de lieu. M'expliquais je. Elle éclata de rire à la minute qui suit. -Est-ce que tu es en bonne santé ? Ça va ? Tu n'as pas de la fièvre ? Touche t'elle mon front. -Arrêtes ! -Tu sais quoi, je crois que tu ferais mieux de rentrer chez toi parce que tu ne dis que des bêtises Soukey. Ça doit sûrement être la période de tes règles ou autre chose. -C'est ce que j'allais faire parce que j'ai vraiment l'impression d'étouffer ici. Ripostais je avant de rejoindre la table pour prendre mon sac à main. -Où est-ce que tu vas ? Me demande Sarah et Lamine en même temps. -Elle rentre, elle a ses règles ! Rigola Ndeye Fatou. -Passez une bonne fin de soirée. Dis je après les avoir embrasser sur la joue à tour de rôle. Une fois dehors, je soupirais de soulagement. J'avais besoin de parler à quelqu'un, une personne extérieure qui n'était pas de mes fréquentations. J'arrêtais un taxi et après avoir marchander un prix, nous nous mîmes sur le chemin du retour. -Chauffeur excusez moi mais est-ce que pouvez m'amenez à l'hôpital principal ? -Mademoiselle nous sommes déjà presque arrivé à.... -Je sais. Je sais mais je vous paie le double. -D'accord. Souffla t'il. Quand je fus enfin sur les lieux, je demandais à voir la gynécologue puis la réceptionniste me demande de patienter dans la salle d'attente le temps qu'elle me rejoigne. Après une dizaine de minutes, je la vis enfin venir vers moi : toujours aussi souriante et bellement voilée. -Salam Aleykoum ! Mais qui voilà ! Ouvre t'elle ses bras en me voyant. -Aleykoum Salam. Excusez moi de vous dérangez dans votre lieu de travail. -Non. Il est 18 heures, je suis descendu. S'assoit t'elle sur une chaise en face de la mienne. -Est-ce qu'on peut se tutoyer ? -Oui bien-sûr Soukeyna. Appelles moi Tata Maty ! -D'accord ! Baissais je la tête. -Qu'est-ce qui ne va pas ? Soulève t'elle délicatement ma tête par le menton. -Je ne sais pas. J'avais besoin de parler à quelqu'un, une personne extérieure. Et puis je suis très surprise que tu te souviennes de moi et de mon nom. -Dis moi, je t'écoute. Prends t'elle ma main dans la sienne qui était d'une douceur sans égale. -Quand tu m'as dis que j'étais enceinte et que je suis sortie de l'hôpital : j'ai.... j'ai...j'ai consacré le reste des jours de mon bébé à le tuer. -Soubkhanallah ! Comment ? -Tu sais Tata Maty, je suis de loin la pire des filles sur cette terre. Je fais tout ce qui est interdit par les hommes et par Dieu. Je bois de l'alcool, je bois du vin et autres trucs alcoolisées, je fume de la cigarette et de la chicha, je consomme de temps à autres de la d****e, je m'habille vulgairement, je vole de l'argent à mon père, je sème la zizanie entre mes parents et pour couronner le tout je couche avec des hommes hors mariage. -À 17 ans ? -Oui. -Continue ! Dit elle simplement. -J'ai alors décidé que je ne boirais que des boissons alcoolisées et toxiques. Et que je ne mangerais que des choses pouvant étouffer le bébé. J'y suis parvenue ! Soupirais je de façon las. À ce qu'il paraît, en venant à l'hôpital, mon bébé était déjà mort depuis 3 jours dans mon ventre, il était comme brûlé lorsqu'on l'a sorti par césarienne de mon ventre. Il est mort de la pire façon qu'il soit alors qu'il n'était même pas encore né. -Cela me surprends que tu sois aussi en bonne santé après ça. -Je ne le suis pas. J'ai des médicaments à prendre à chaque moment de la journée et pour finir je dois me rendre chez le médecin chaque semaine. -Mais tu n'as pas été dans le coma ? -Si, je suis restée dans le coma pendant 3 mois. Les médecins allaient me débranché mais par chance je me suis réveillée juste avant. -Non. Par Allah tu t'es réveillée juste avant. Ça devait être la fin pour toi mais IL en a décidé autrement. Tu dois Le remercier pour ça. Et si tu es encore en vie c'est sûrement parce que tu as encore quelque chose à accomplir et ça tu ne l'auras chez nulle autre que chez ton Seigneur. Tu n'es qu'un être humain et tu as besoin d'Allah. Soukeyna je t'en supplie...je t'en conjure fuis vers Allah. Prends tes jambes à ton cou et cours vers ton Créateur. Tu n'es pas sur la bonne voie. Repents toi. Repents toi. Dit elle avec les yeux mouillés. -Quand je me suis réveillée, mon père m'a longuement parlé de repentir : je l'ai écouté et je me suis remis en question mais sans plus. Avouais je timidement. Je ne pensais pas que cela aurait de l'effet sur moi mais tout à l'heure quand j'étais avec mes amis et mon copain, j'avais pas envie. C'était comme ci je m'etouffais de voir toutes ces bouteilles d'alcool, ces cigarettes et ces chichas. Je n'ai pas voulu m'en approcher et je ne sais pas pourquoi. -Ne ressens tu pas du regret ? -Si je ressens du regret c'est seulement à l'encontre de cet enfant dont j'ai ôté la vie. À présent je me considère comme le meurtrier qui se trouve en prison. J'ai réagi sur un coup de tête. -T'aurais voulu le garder ? -Non, je n'aurais pas voulu le garder mais juste le faire avorter d'une manière moins douloureuse. -Je vois. Dit elle. Tu n'as pas l'air bien consciente de tes erreurs et je dois avouer que c'est bien dommage. -Une personne comme moi désespère du pardon de Dieu. -C'est exactement une des causes empêchant le repentir : Désespérer de la miséricorde de Dieu : En pensant qu'Allah ne pourrait accepter ton repentir et en désespérant du pardon divin, or Dieu dit : « Et qui désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés » (al-Hijr : 56), « Ce sont seulement les gens incroyants qui désespèrent de la miséricorde d'Allah » (Joseph : 87). Le véritable croyant est celui qui se positionne entre l'espoir en la miséricorde de Dieu et la crainte du châtiment de Dieu. Les deux dangers ici sont le fait de désespérer de la miséricorde de notre Créateur ou de se sentir à l'abri de la colère d'Allah ; espérer excessivement le pardon de Dieu au point de se sentir à l'abri du châtiment divin ; et faire preuve d'une crainte excessive au point de désespérer de la miséricorde divine. Ais donc espoir en la miséricorde de Dieu, mais tout en redoutant son châtiment. Quelques soient ses péchés, le m******n doit savoir que le pardon de Dieu est plus vaste et plus grand. Dieu dit : « Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés » » (les groupes : 53). Écoute cette expression pleine de tendresse « Ô Mes serviteurs ! » En dépit de leurs péchés, Dieu ne les a pas privé de les compter du nombre de ses serviteurs, Il ne leur a pas soustrait la qualité de servitude qui les lies à leur Seigneur. Quelques soient les péchés qu'ils ont commis, ils sont Ses serviteurs, c'est Lui qui les a créés, qui les a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés, Il les invite tendrement à revenir vers lui « ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés ». -Tous les péchés sont passibles de se faire pardonner ? -Il n'y a aucun péché, aussi grand qu'il soit, qui ne pourrait être englobé par le pardon de Dieu. Le Prophète Saws dit : « Parmi ceux qui vivait avant vous, il y avait un homme qui avait tué quatre vingt dix neuf personnes. Il demanda quel était le plus grand savant de la terre. (Sa conscience s'est éveillée. Quelques soient ses péchés, le m******n finit par revenir à lui et se repentir grâce à ce morceau de chair qui, lorsqu'il est sain, rend tout le corps sain). On lui désigna un moine. Il alla le trouver et lui dit qu'il avait tué quatre-vingt-dix-neuf personnes. Est-ce qu'il lui restait une quelque possibilité de se repentir ? Le moine dit : « Non ! ». Il le tua sur le coup et compléta ainsi à cent le nombre de ses victimes (lorsque que l'homme est dans un désespoir total, rien ne l'empêche de commettre des actes insensés. Pourtant, ses méfaits continuent de le perturber. Il ne peut concevoir qu'il n'a plus la possibilité de se repentir ! Il poursuit alors sa quête) Puis, il demanda quel était l'homme le plus savant de la terre. On le lui désigna. Il lui dit : « J'ai tué cent personnes. Ai-je encore une quelque possibilité de me repentir ? » Il lui dit : « Oui, et qu'est-ce qui pourrait s'opposer à ton retour à Dieu ? (l'homme se sentit soulagé) Va à tel pays, là vivent des gens qui ne font qu'adorer Dieu Exalté. Adore Dieu avec eux et ne retourne plus à ton pays car c'est une terre de mal » Il se mit donc en marche et lorsqu'il fut à la moitié du chemin il fut atteint par la mort. Les Anges de la miséricorde et les Anges du châtiment se disputèrent à son sujet. Les Anges de la miséricorde dirent : « Il est venu repentant, désirant de tout cœur retourner à Dieu ». Les Anges du châtiment dirent : « Il n'a jamais fait de bien dans sa vie ». C'est alors qu'un Ange vint à eux sous une apparence humaine. Ils le prirent comme arbitre. Il leur dit : « Mesurez la distance qui le sépare de la terre du mal et celle qui le sépare de la terre du bien. Destinez-le ensuite à celle dont il est le plus proche ». Ils mesurèrent et trouvèrent qu'il était plus près de la terre qu'il voulait rejoindre et ce furent les Anges de la miséricorde qui lui retirèrent son âme » (rapporté par Mouslim). Dans une autre version : « La cité vertueuse était plus proche d'un empan, il fut alors compté de ses habitants ». Dans une autre version : « Dieu, Elevé soit-Il, inspira à la terre de mal de s'éloigner et à celle du bien de se rapprocher. Puis, Il dit : « Mesurez la distance qui les sépare » Ils trouvèrent qu'il était plus proche d'un empan de la cité du bien. Aussi, fut-il absout de ses péchés » -Je suis choquée. Il ôte la vie de 100 personnes et il va aller au paradis hum décidément je suis.... -Tu ne rien ! Me coupa t'elle. Tu ne peux pas tromper Allah, Il sait tout. Ne te bases pas sur cette histoire pour dire que tu es sainte à côté de lui. De plus ma chérie sache qu'en Islam : les actes ne valent que par les intentions. Si je t'ai fait part de cette histoire c'est pour que tu saches à quel point s'élève la bonté de notre Créateur. Si Allah ne pardonnait pas, son paradis serait vide. Alors Soukeyna repens-toi sincèrement car la porte de la miséricorde divine est sans cesse ouverte, aucun obstacle ni portier ne peut t'en empêcher l'accès, « Dieu tend Sa main la nuit pour accepter le repentir du pécheur du jour et tend Sa main le jour pour accepter le repentir du pécheur de la nuit et ce, jusqu'à ce que le soleil se lève de l'Occident » (rapporté par Mouslim). Dieu nous appelle en ces termes : « Ô Mes serviteurs ! Vous péchez nuit et jour, et Moi je pardonne tous les péchés. Implorez donc Mon pardon et je vous l'accorderai » (rapporté par Mouslim). Soubkhanallah ! Allah est d'une gentillesse sans égale. Termine t'elle en laissant couler une larme. IL nous invite à nous repentir ! Cette fois-ci son monologue me toucha vraiment au fond de mon cœur. -Tu sais si je t'ai dit tout ça c'est pour qu'au fond tu m'aides ! -T'aider à quoi ? -À réaliser le poids des péchés que j'ai commis. Peut être cela m'aiderait il à avoir des remords, à me repentir et à revenir sur le bon chemin. -Donnes moi ton numéro de téléphone ! Dit elle après une courte réflexion. Je le lui donnais avec un agréable sourire. -Je vais t'aider cependant j'aimerais que tu saches qu'une personne peut te montrer le chemin du paradis mais elle ne pourra jamais la parcourir pour toi car au jour de la résurrection nulle ne répondra à ta place et nulle ne lira ton livre à ta place. -C'est enregistré dans ma tête ! Souris je au même moment où une très jolie voiture de couleur marron éclatant s'arrêta juste devant la l'entrée de la quantine en claxonant. -Bon je vais devoir te laisser. Mon fils est venu me prendre. Se leva t'elle. -Merci beaucoup de m'avoir écouter ! -Merci à toi de m'avoir fait confiance. Salam Aleykoum Habiba. -Aleykoum Salam. Bredouillais je d'une voix inaudible car je ne savais pas qu'il était possible de saluer une personne avant et après une conversation. Je pris mon sac puis à mon tour je rentrais chez moi me demandant par quelle moyen Tata Maty allait bien pouvoir m'aider à ressentir ne serait-ce qu'une once de regret et de conscience envers la grande Divinité d'Allah.
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