XVI MMM. à Vilhem« Vous n’avez pas répondu à ma lettre ; peut-être la cause la plus simple et la plus naturelle vous en a empêché, et je ne puis faire autrement que d’attribuer cette inexactitude aux plus tristes évènements ; j’espère, mon ami, que vous n’êtes ni malade, ni malheureux. Écoutez-moi : l’éloignement où nous sommes l’un de l’autre, les obstacles qui nous séparent à jamais, me donnent le courage de vous faire un aveu. Je vous aime. Je vous aime de tout l’amour que peut contenir une âme. Vous comprenez qu’après cet aveu je ne vous verrai jamais ; mais j’ai pensé que je faisais un cruel et inutile sacrifice de vous cacher ainsi ce qui se passe dans mon cœur ; j’ai pensé que sûre comme je suis de ne jamais voir mon amour criminel, je pouvais sans terreur me laisser aller à la d


