Alors que je suis perdue dans mes pensées, allongée sur mon lit et rageant contre elle qui en sait trop sur moi maintenant, ma mère arrive, et, énervée, je me dis que ce n’était pas vraiment le moment. — Désolée pour l’autre jour, lance-t-elle en souriant. J’ai retrouvé mes CD, ils étaient dans la bibliothèque. Puis, après un petit silence : — Je t’invite au resto, veux-tu ? — Non, merci. Je n’ai pas envie de voir du monde, je veux rester seule. Elle s’assoit sur le bord de mon lit. — J’ai lu quelques pages de ton cahier. — Je sais ! Tu n’as pas pu t’en empêcher, hein ? — C’est vraiment toi, ma fille, qui parle dans ces feuilles ? — Oui, c’est bien moi, Jeanne. Soudain mon cœur bat à un rythme inhabituel. En vérité j’ai peur qu’elle aborde la question trop intime de ma maladie.


