Chapitre Quatorze Je m’élance à travers la pièce en tirant sur le bas de ma chemise. J’ai attendu ce moment bien trop longtemps. Derrière moi, je perçois le tintement de bouteilles qu’on déplace – Macey doit être en train de les ranger sur leur étagère –, et le raclement du verre sur cette surface rugueuse me fait l’effet d’une caresse le long de l’échine. Mon corps tout entier se tend lorsque je sens l’air se charger, prêt à s’enflammer à la moindre étincelle. Ces quelques semaines d’attente m’ont paru durer une éternité. Le pêne dormant de la serrure se met en place dans un clac sonore. Je me tourne et regagne le comptoir où Macey s’est installée, inclinée sur le côté, comme une pin-up. — Ne bouge surtout pas, dis-je d’un ton autoritaire, traversant la salle à grandes enjambées. Elle


