III-2

1243 Mots

Mainville a passé près de sa tante deux années, deux années mi-parties blanches et noires. Entre cette vieille femme et lui, aucune tendresse, mais une curiosité réciproque. Dès le premier jour les yeux gris, chargés d’une expérience implacable, ont reconnu sa faiblesse et elle l’a traité avec cette sollicitude railleuse et despotique, l’ironie familière qu’elle accorde à ses animaux favoris. « Je te croyais un enfant de chœur », disait-elle parfois en hochant la tête, et son regard faisait rougir l’enfant jusqu’aux oreilles. Visiblement, elle retrouvait en lui quelque chose de son propre goût du plaisir, mais le tempérament, hélas ! est celui de sa mère. « Ta mère ! une si petite nature ! » Elle lui disait encore : « À vingt ans, je t’aurais haï, mon cher ! Aujourd’hui, elle le juge un co

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