XII Au hasard des cheminsLa route avançait toujours. Une dernière fois, à l’automne, ils auraient l’occasion de vendanger, puis tout serait fini. La route arriverait aux portes du mas qu’il faudrait évacuer. La santé d’Augustin déclinait doucement. Pierre voyait son père s’enfoncer dans la solitude. Il lui parla du mas du Fouleur. Augustin acquiesça comme pour dire : « Il faut bien que vous ayez, ta mère et toi, de quoi vous loger ! » Quand il travaillait, Pierre voyait souvent surgir dans les vignes la silhouette de Minga. Ce matin-là, elle ronchonnait contre Jéricho : — Une charrette ! Il fabrique encore une charrette ! Il ne s’arrêtera donc jamais ! Elle s’approcha de Pierre qui recépait. Elle se disait qu’il était aussi beau que sa propre fille, Sara. Un léger souffle d’air agitait


