Le bâton d’YvonIl vient de son Berry natal et fait partie de la classe des pèlerins qui impressionnent. Si dans un premier temps on a envie de se moquer de son accent et de la façon dont il roule les r, on se reprend vite devant la manière qu’il a de toiser son interlocuteur avec un regard perçant et déterminé. Grand, large d’épaules, une barbe vieille de plusieurs semaines encadrant un visage sanguin, il avance d’un pas sûr et pesant. Cause pas beaucoup le grand Yvon, mais quand il ouvre la bouche c’est pour parler de son Berry, de son passé récent de receveur des postes et surtout de son bâton ! Lorsqu’il le fait, il le brandit bien haut devant son auditoire, pour que chacun puisse admirer l’engin : — C’est un ami d’enfance qui me l’a fait, spécialement pour moi. Ébéniste de son état,


