Le Bonheur Intérieur

1204 Mots
*Voix de Nora* Je suis sortie de la clinique vétérinaire, hésitante face à la lumière du jour. Mes pattes étaient encore lourdes à cause de la blessure, mais j’allais mieux… du moins en apparence. J’ai regardé Cairo. Il avait l’air épuisé. Pourtant, il ne m’avait pas quittée une seule seconde. Il m’avait accompagnée comme mon ombre. Et maintenant, nous rentrons à la villa. Dans la voiture, le silence régnait… jusqu’à ce que la sonnerie de son téléphone le brise. – « Steve ? » Sa voix était sèche : – « On te cherche depuis hier ! Où étais-tu passé ? » – « Je suis en route vers la villa. Rejoins-moi là-bas. » J’ai fermé les yeux, repensant à ce que le vétérinaire lui avait dit : *« Sa plaie s’est refermée de manière rapide… Je te dirai ce qu’il en est quand on aura les résultats de ses analyses de sang. »* L’inquiétude me rongeait. S’ils découvrent la vérité… S’ils savent qui je suis vraiment… tout s’écroulera. Arrivés à la villa, Steve nous attendait déjà, scrutant Cairo avec une vive inquiétude. – « Où étais-tu ? » – « On a été attaqués par les Italiens… Une balle dans l’épaule… Nova m’a encore sauvé. Mais elle a été blessée. » – « Et tu n’as pas pris de gardes avec toi ? » – « J’ai mal évalué la situation. » À ce moment-là, je me suis sentie comme un pion sur un échiquier complexe. J’écoutais, silencieuse, alors qu’ils parlaient de moi comme si je n’étais qu’un chien… ou une simple louve. – « Aucune nouvelle de Noura ? » – « Rien du tout… C’est comme si elle s’était évaporée. J’ai laissé deux hommes surveiller sa maison, mais elle n’est jamais réapparue. » Soudain, un hurlement lointain résonna… George ! Je me suis levée d’un bond, ignorant le bras tendu de Cairo. – « Nova, où vas-tu ? » Je lui ai lancé un simple regard… un regard qui disait : *Ne t’en mêle pas.* J’ai levé la tête et franchi la porte… fièrement. Derrière moi, j’ai entendu les rires des deux hommes. – « Les femmes… même chez les animaux, elles sont impossibles à comprendre. » – « Tu crois pouvoir la contrôler ? Tu ne sais rien, Cairo. » – « Nova, reviens ici ! Tu ne peux pas partir comme ça. Et s’il t’arrivait quelque chose dehors ? » – « Cairo… Tu oublies que c’est une louve, pas un chien. Elle n’est pas née avec toi. Elle a toujours connu la liberté. Ne l’enferme pas… Les loups ne sont pas des chiens. ------ après cinq minutes — *« Que s’est-il passé, Noura ? »* demanda George. Mais je ne répondis pas tout de suite. Je le pris dans mes bras, fort… j’avais besoin de ce réconfort fraternel. — *« On a essuyé des tirs... et j’ai été blessée. Cairo m’a emmenée chez un vétérinaire. »* Il haussa les sourcils. — *« Maintenant je vais mieux… mais le vétérinaire a trouvé étrange que ma blessure guérisse aussi vite. Il a prélevé un échantillon de mon sang pour l’analyser. J’ai peur, George… et si mon secret était découvert ? »* — *« Ne t’inquiète pas, Noura. Je vais m’en occuper. »* On parla encore un peu, puis George décida de partir. Je lui dis que j’allais chasser un lapin pour le ramener à la maison — j’avais envie de le faire rôtir. Il rit : — *« Normalement, c’est au mâle de chasser pour la femelle… mais visiblement, tu changes les règles. »* Je le fixai : — *« Tu crois que j’ai eu le choix, George ? »* Il sourit doucement. — *« D’accord, d’accord… attends ici. Tu es encore convalescente, je vais chasser pour toi. »* Il revint une demi-heure plus tard, tenant un lapin dans sa gueule. Il le posa au sol et reprit forme humaine. — *« Tiens, Noura. Cadeau de ton frère. Prends soin de toi. Et ne t’en fais pas pour le vétérinaire. »* Puis il parti. Je retournai à la villa, heureuse, le lapin entre les dents. Quand je suis entrée, Cairo était avec la gouvernante qui préparait le déjeuner. Je posai le lapin devant lui. Il me regarda, les sourcils levés. — *« C’est quoi ça, Noura ? Tu étais partie à la chasse ? »* Il éclata de rire et apporta le lapin au chef pour qu’il le cuisine. J’étais ravie : j’allais manger du lapin rôti pour le déjeuner. je suis allée vers le grill, le fixant du regard. *Tu m’as compris, n’est-ce pas Cairo ?* Il a souri, puis a demandé à la cuisinière de le faire griller, comme je l’aime. *Il est assez intelligent pour comprendre un simple regard…* Deux heures ont passé. J’ai attendu patiemment, observant tout ce qui se passait autour de moi. La domestique a finalement apporté l’assiette : du lapin rôti, accompagné de légumes et de salade… L’odeur était alléchante. Je me suis installée sur la chaise à côté de lui. Je ne voulais pas manger par terre… Je voulais être à table, comme une égale. Il m’a regardée, un peu surpris… puis il a souri. Il a découpé un morceau de lapin, y a ajouté quelques légumes et de la salade, et a tout déposé devant moi, dans une assiette rien qu’à moi. *Alors, tu me traites d’égal à égal ?* J’ai commencé à manger, calmement… J’ai mâché la viande, savouré les légumes, chaque bouchée était un plaisir. Je sentais son regard sur moi, comme s’il essayait de comprendre quelque chose… quelque chose en moi. *Je crois qu'il es troublé ? * Mais je ne l’ai pas regardé. Je n’ai rien dit. J’ai simplement continué à manger… en silence, avec dignité. Le soir J’étais allongée sur une chaise longue près de la piscine, savourant une sieste dorée. Le soleil caressait mon pelage et une douce brise chatouillait mes oreilles… tout était parfait… jusqu’à ce que *Monsieur Cairo* décide d’inonder la villa ! Soudain, un *SPLASHHH* et des gouttes d’eau me fouettent le visage comme des balles. Je bondis de ma chaise, grognant intérieurement. Je regarde autour, alerte, comme une louve attaquée… et je le vois : flottant dans la piscine, hilare, comme si de rien n’était ! *“Tu viens de briser le silence sacré, Cairo…”* pensais-je. Mais je souris… très bien, à mon tour. J’ai attendu le bon moment. Il nageait sous l’eau. *Parfait… maintenant.* Je lui ai sauté dessus comme une pierre tombée du ciel ! – “GRAOU !” Il a jailli hors de l’eau en criant : – “C’est quoi ça ?!! Nova ?!!” Je riais intérieurement en le voyant tituber, les cheveux trempés, ressemblant à un petit canard sorti d’un orage. J’ai commencé à nager autour de lui en faisant des vagues avec mes pattes, transformant la piscine en petite tornade. – “C’est ma revanche pour la sieste, Cairo !” Il riait et m’éclaboussait à son tour : – “Ah, tu déclares la guerre, hein ?!” La bataille aquatique a duré quelque minutes… de l’eau partout. Apparemment, j’ai trouvé mon nouveau sport préféré : noyer Cairo !
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER