Chapitre 4

2001 Mots
L'avantage avec la police criminelle était qu'elle savait bien conserver des preuves. Voilà pourquoi on pouvait réouvrir une enquête vieille de 100 ans sans aucun soucis. Mais personnellement, je trouvais cela presque inutile de réouvrir une enquête dont une personne avait déjà été condamné. Pour moi, c'était presque inutile de disculper quelqu'un qui avait eu à purger une peine, peu importe laquelle. Mais je n'y pouvais rien, ça faisait partir des erreurs du métier. Jean Claude et moi avions décidé de commencer par une analyse profonde du rapport de police de cette affaire. C'était la base pour comprendre ce qui s'était passé. Après cette analyse, il fallait se tourner sur le Visuel. Il s'agissait des photos de la scène de crime. Ça pouvait paraître étrange mais pour un enquêteur, une photo pouvait contenir grand nombre d'informations. Les images que nous avions de la scène de crime étaient les seules choses qui pouvaient mieux nous décrire la dite scène. En voyant les photos prises du corps de la victime, il était évident qu'il ne s'agissait pas d'un simple cambriolage qui aurait viré au drame. Il ne s'agissait même pas d'un accident mais tout ressemblait à un règlement de compte. La seule chose qu'on pouvait affirmer avec certitude était qu'il s'agissait d'un règlement de compte et que la victime connaissait très bien son agresseur. Ensuite, il fallait passer à revue toute personne impliquée dans l'affaire de prêt ou de loin. Jean Claude et moi avions décidé de commencer par enquêter sur la victime elle même. En effet, Jennifer du Pont était la petite dernière d'une famille de deux enfants. Ses parents étaient Benoît et Marinette du Pont et son frère aîné se nommait Félix. Jennifer avait été élevé dans un foyer stable et surtout très religieux. En fouillant bien dans sa vie, Jean Claude et moi avions appris que Jennifer était une jeune fille aimable. Mais si elle était si aimable que disaient les archives, quel aurait bien pu être le mobile de ce v*****t meurtre? Parmi les pièces gardées par la police par rapport à cette affaire, se trouvait le journal intime de la victime. Ce journal intime était peut-être la clé pour trouver de potentiels suspects. Nous devions traiter l'affaire comme si elle n'avait encore jamais été traité auparavant. Nous devions donc nous pencher sur les indices potentielles pouvant se trouver dans ce journal de la jeune fille. Les filles à l'époque possédaient toutes des journaux intimes à la différence de maintenant où elles préfèrent des blogs. Les journaux intimes étaient comme des livres écrits à la main par leurs propriétaires qui racontaient l'histoire de leur vie. En lisant le journal de Jennifer, il fallait prêter attention à tout mot, toute expression et même à toute personne mentionnée car il ne fallait pas passer à côté de quelque chose. Voici ce que disait la première page du dit journal. 01-02-1948 Mon cher journal, enfin l'hiver est de moins en moins froid. J'ai repris le chemin de l'école et je suis très heureuse car il me tardait de revoir Bernard, mon petit ami. Aujourd'hui, nous nous sommes rencontrés à l'amphithéâtre et il m'a donné un b****r sur la bouche. J'avais comme des papillons dans le ventre, jamais encore je ne m'étais senti aussi aimé. Tout ça m'a tellement ému que je n'avais même pas la tête à écouter le cours de monsieur Ramier. Et ensuite, Bernard m'a donné rendez vous à 6 heures pour pic-n****r avec lui dans le jardin de la cité universitaire. Au départ, je ne savais pas du tout quoi me mettre. Mais c'est avec beaucoup d'hésitation que j'ai mis la jolie Robe fleurie que maman m'avait offerte il y'a un mois. Bernard a dit que j'étais sublime dans cette robe. Il est si romantique, je crois que je l'aime. Mais après notre petit moment romantique, je suis rentrée dans ma chambre et là bas, il y avait Elisabeth qui m'attendait. Et bien-sûr, elle n'était pas du tout heureuse pour moi. Comme tu le sais cher journal, Elisabeth n'a jamais pu apprécier Bernard, et moi, je ne comprends pas pourquoi. Mais je pense qu'en tant que mon amie, elle devrait être un tout petit peu heureuse de Savoir que j'ai trouvé l'amour. De toute manière, je ne devrais pas me prendre la tête avec tout ça. À demain cher journal. En lisant cette première page du journal de la victime, il en ressortait qu'elle avait bel et bien un petit copain. Selon ses écrits, elle aimait le jeune homme en question et lui aussi l'aimait selon elle. Mais on voyait aussi apparaître une amie et colocataire de la victime. mais toujours selon la victime, sa colocataire était jalouse de sa relation avec le nommé Bernard. Donc, Jean Claude et moi avions bien encadré ces deux noms car chacun d'entre eux aurait bien pu être le tueur en question. Il n'était pas rare dans des affaires de meurtres qu'un petit ami jaloux assassine sa copine ou qu'une amie jalouse et envieuse décide de tuer son amie. Mais aussi, Élisabeth la colocataire de la victime était celle qui avait découvert de corps de la victime et elle avait un alibi pour le soir du meurtre. Elle était avec ses parents dans une petite ville près de Bordeaux. Mais cet alibi devait être revérifié par nous. Il fallait donc retrouvé ce qu'était devenue Élisabeth Jardin. Nous espérions de tout cœur qu'elle soit toujours vivante. Loin de là, il y avait aussi la théorie du petit ami qui aurait pu tuer sa petit amie par jalousie. Bernard Montagnier avait lui même avoué à la police à l'époque qu'il avait vu la victime dans sa chambre le soir du meurtre. Mais cela ne voudrais pas dire qu'il était le meurtrier. À chaque fois que je pensais à Bernard Montagnier ou même que je prononçais son nom, je me sentais tout bizarre, mais rien de bien inquiétant. J'avais l'étrange certitude que cet homme était en fait innocent, mais, je ne savais pas sur quoi ma conscience se basait pour penser cela. Cette première page du journal de la victime ne nous avait mené que sur deux pistes peut être incertaines. Donc, il fallait qu'on continue avec les lectures, et peut être, nous aurions d'autres pistes potentielles. En lisant les pages qui suivaient, il n'y avait rien d'intéressant, juste une adolescente qui apprenait à vivre et qui se plaignait de tout et de rien. Donc, nous eûmes l'idée de lire à partir de deux mois avant le meurtre. 11-07-1948 Mon cher journal, aujourd'hui, j'étais au campus pour récupérer quelques affaires. Et en m'en allant, je suis tombée sur un garçon charmant. Il m'a même proposé de me déposer à la gare et j'ai accepté. Il était tellement charmant et mignon aussi ! Son nom c'est Luc, Luc Beaugrand. Il était aimable, beau et grand aussi, j'espère le croiser un jour encore. Mais en arrivant à la maison, papa et maman se disputaient encore. Ça devient très fréquent ces derniers temps. Voilà pourquoi des fois, je déteste revenir à la maison. J'en ai marre de leurs disputes. J'espère néanmoins que tout s'arrangera entre eux et qu'il n'y aura pas de divorce. Bernard m'a appelé aussi pour s'excuser pour la Nième fois. Ce n'était pas gênant du tout de lui parler car j'étais seule à la maison. Il dit que ce n'était pas de sa faute mais c'était un plan de son ex. Pour être sincère, je ne crois pas vraiment en ce qu'il dit. Je suis sûre qu'il me trompe avec cette fille mais je ne suis pas stupide pour croire à ses paroles. Tout ce qu'elle disait était très intéressant. Mais seulement, il y avait une zone d'ombre dans tout ça. Qu'est ce qui avait bien pu se passer entre Bernard et la victime pour qu'ils ne vivent plus le parfait amour? Pour le savoir, nous devions lire quelques pages en arrière. Et effectivement, la victime avait fait un récit détaillé de l'événement qui avait troublé sa relation avec Bernard Montagnier. 21-06-1948 Mon cher journal, je suis très triste aujourd'hui. Bernard me trompe avec une autre fille. Le pire dans tout ça, c'est que cette fille c'est son ex. Il m'avait juré qu'il n'y avait plus rien entre eux et voilà que je découvre ça. Ce matin, j'ai reçu un message texte, c'était en fait une petite lettre de Bernard qui me disait de venir le retrouver dans sa chambre. Il disait qu'il avait un cadeau pour moi. Et moi, comme une folle, j'ai laissé tomber tout ce que je faisais pour aller le retrouver. Imagine toi, journal qu'en arrivant dans sa chambre, je l'ai trouvé avec cette Audrey, son ex. Il m'avait pourtant juré qu'il n'y avait plus rien entre eux et voilà qu'elle était avec lui dans sa chambre. Que faisait elle dans sa chambre ? Et elle était vêtue d'une tenue tellement légère ! J'étais très furieuse. Bernard a dit qu'il ne m'a pas demandé de venir et que c'est Audrey qui a fait éruption dans sa chambre il y'a une quinzaine de minutes. Elle disait vouloir de l'aide à propos d'un devoir. Mais je ne le crois pas du tout. Et moi qui pensais qu'il m'aimait. Quel hypocrite ! On savait désormais de quoi il s'agissait. Mais rien ne prouvait vraiment que Bernard trompait la victime avec son ex. Ça aurait bien pu être un piège comme il le clamait. Et si c'était le cas, nous avions un nouveau suspect potentiel, c'était cette Audrey dont parlait la victime. Mais il fallait qu'on sache qui elle était vraiment car nous n'avions que son prénom pour l'instant. Il fallait aller à l'université de Bordeaux et fouiller dans les archives des anciens étudiants afin de découvrir qui était cette Audrey. La dite Audrey aurait bien pu être l'assassin car elle avait un mobile. Elle était apparemment jalouse de la victime qui sortait avec son ex petit ami. D'après les écrits de la victime, Audrey aimait toujours Bernard et elle était prête à tout pour l'avoir de nouveau. Néanmoins, il y avait une zone d'ombre dans toute cette histoire. La victime avait été violée, et si je ne m'a***e, une femme n'aurait pas pu abuser sexuellement d'une autre. Le corps de la victime montrait des traces d'abus sexuels mais il n'y avait pas de trace de sperme dans son appareil génital. Donc, l'agresseur avait fait usage d'un préservatif, c'était la seule réponse logique à tout cela. Où alors, c'est ce que l'agresseur avait voulu faire croire. De toutes les façons, Audrey, l'ex petite amie de Bernard Montagnier était elle aussi une suspecte potentielle. Nous avions passé toute la journée à analyser cette affaire Jean Claude et moi et voici ce qu'il en ressortait. Nous avions trois suspects potentiels qui avaient chacun une raison de tuer la victime. Il y avait Bernard Montagnier, le petit ami qui n'acceptait peut-être pas que la victime le quitte. Il y avait Élisabeth Jardin, l'amie et colocataire jalouse du succès de la victime. Et enfin, il y avait Audrey, l'ex petite amie de Bernard Montagnier qui était jalouse et furieuse contre la victime qui lui avait arraché son petit ami. Toute cette histoire semblait être très compliquée et il y avait des risques que nous soyions sur de mauvaises pistes car on ne faisait que se baser sur les écrits de la victime. Or, nous savons bien que chaque personne a sa vision des choses. Peut être que sa colocataire n'était pas jalouse d'elle, ou l'ex de son copain n'avait pas l'intention de le reconquérir ou même son petit ami n'avait pas l'intention de la tromper. Nous devions prendre compte de tout cela. Mais rien ne nous empêchait d'exploiter les pistes que nous avions. Nous avions eu une intense journée et il était enfin temps de rentrer. Mon coéquipier et moi avions décidé que nous réserverions la journée du lendemain pour faire des recherches sur Audrey dont la victime parlait. Comme chaque soir après le boulot, j'etais passer voir maman.
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