Chapitre 19

1847 Mots
S'il s'avérait vraiment que j'étais la réincarnation de Bernard Montagnier, alors, j'avais peut être la possibilité d'élucider l'affaire que j'avais sous la main. Je n'arrivais toujours pas à croire que la personne sensée que j'étais croyait en ce genre de chose. Mais au point où j'en étais, je n'avais pas d'autre choix que de faire confiance à mon instinct. Vu ma ressemblance avec Montagnier et les souvenirs que j'avais, la théorie de réincarnation avait pleinement sa place. Et si je m'en tenais à ce que j'avais lu sur internet, ce n'était pas impossible non plus. J'étais éveillé en pleine nuit et je pensais à des choses improbables. Je trouvais tout ceci difficile à accepter mais j'avais l'impression de ne pas avoir d'autre choix que de tout accepter et d'assumer aussi. J'aurais préféré qu'il y ait une autre explication à cette histoire comme par exemple que Bernard Montagnier était mon ancêtre d'où notre ressemblance physique. Mais vu les dates, Bernard Montagnier n'aurait pas pu être mon ancêtre car je connaissais l'arbre généalogique de mon père. Il était certe vrai que je ne savais pas grand chose sur la généalogie de ma mère mais je doutais fort qu'elle ait un quelconque lien avec cet homme. J'en avais marre d'y penser encore et encore donc je mis fin à ma navigation sur internet. Je voulais bien me coucher et dormir mais j'avais peur de revoir le passé une fois de plus. Mais je ne pouvais pas me permettre de me priver de sommeil. Il n'était que deux heures à ma montre et j'étais vraiment fatigué. Je sentais mes paupières s'alourdir au fil du temps. Et plus j'essayais de lutter contre, plus je sentais le sommeil m'emporter lentement. Je finis par m'endormir. Mais là, contrairement à ce que j'avais imaginer, je n'avais plus eu de telles visions du passé dans mon sommeil. À mon réveil ce matin là, j'étais quelque peu déçu. C'était étrange que je me sente déçu et pourtant, j'avais eu ce que je souhaitais. Je ne voulais plus du tout voir le passé dans mes rêves et c'est ce qui s'était passé. Mais pourquoi étais je donc déçu ? Voilà qui prouvait bien ce que mes collègues pensaient de moi, j'étais vraiment un éternel insatisfait. Ma déception venait du fait que ma curiosité n'avait pas été satisfaite. Ce que je venais de découvrir sur moi m'effrayait certe mais ça m'excitais aussi. Une grande partie de moi voulais tout découvrir, une grande partie de moi voulais se souvenir de la vie qu'elle avait vécu en tant que Bernard Montagnier. J'avais enfin compris pourquoi je ressentais tant de rage au sujet de la condamnation de Bernard Montagnier. Il avait été condamné à tort ou alors, j'avais été condamné à tort. Je ressentais le désir ardent de venger ce nom là qui avait été le mien un jour. En réfléchissant comme ça, c'était super effrayant mais le pire était bien que cela venait du fond de mon cœur. La vérité était que le seul moyen que j'avais de découvrir qui était le meurtrier de Jennifer était bien de faire renaître les souvenirs de cette vie passée. En même temps, ce n'était pas chose facile mais au moins, je savais déjà qu'elle était la voie à suivre. Sur le coup, je pris la décision de ne parler de cela à personne. De toute façon, si je partageait ce que je vivais avec une autre personne, elle m'aurait sûrement pris pour un fou ou alors elle mettrait cela sur le compte du stress. Après tout, c'était tout à fait normal que personne ne me croit car moi même j'avais eu de la peine à me prendre au sérieux. Je me devais donc dès cet instant de commencer à mieux écouter mon corps. Il fallait donc que je me lance à la recherche des moyens qui permettent de mieux comprendre son corps. Et quoi de mieux qu'internet pour faire des recherches. Je pris donc mon ordinateur portable et je me mis à faire des recherches sur le sujet qui m'intéressait. J'avais tout mon temps devant moi car on était samedi et j'avais toute la journée pour moi. En faisant donc mes recherches, je tombai sur la méditation. Apparemment, la méditation était un moyen très efficace de rentrer en contact avec les mondes extérieur et intérieur. C'était un grand moyen pour travailler la concentration. Pile poil ce que je recherchais. Il fallait à tout prix que je sache plus de chose au sujet la méditation et donc, je me mis à regarder des vidéos sur internet. Toutes ces vidéos cadraient avec le sujet que j'explorais, elles étaient sensées m'apprendre à méditer. J'étais pathétique à regarder des tutoriels devant ma machine un samedi matin. Si ma mère m'avait vu ainsi, elle se serait sûrement dit: " Ça y est, j'ai perdu mon fils!". Le pire était que j'étais très attentif à tout ce que les vidéos disaient, et même que j'essayais de les mettre en pratique immédiatement. Mais au bout d'une vingtaine de minutes, je finis par m'en lasser car je ne parvenais à rien. Je n'étais ni parvenu à me concentrer, ni parvenu à avoir des visions. Je me trouvais vraiment très ridicule donc j'arrêtai tout cela. J'allai prendre une douche. Que ce soit avant la douche, pendant ou après, je ne pensais qu'à tout ce que j'avais découvert, ça me semblait toujours irréel. Voilà pourquoi j'avais pris la décision de sortir pour me rendre dans un super marché pas loin de chez moi, histoire de faire le vide dans mes idées. Grande était ma surprise quand j'arrivai au super marché et que j'entendis une voix féminine m'appeler. Je crus tout d'abord que mon cerveau me jouait des tours mais non, une voix de femme criait vraiment "Frédéric" derrière moi. Et donc, je me retournai pour voir de qui il s'agissait. Et bien, c'était cette chère Frédérique. J'étais vraiment content de la revoir car j'avais rêvé de ce moment pendant des jours. Mais je m'étais arrangé à ce que mon visage de reflète pas la joie que je ressentais. Folle comme elle était, elle m'embrassa comme si j'étais un de ses vieux pote de lycée. "Cette fille est vraiment étonnante!" me disais je. Je n'oublierais jamais l'odeur de ses cheveux. Je ne pouvais pas identifier l'odeur qu'ils dégageaient mais ses cheveux sentaient vraiment très bon. - Je t'ai cherché partout tu sais, me dit elle. - Vraiment! Rétorquais je. - Bah oui, je t'avais bien aimé alors j'espérais te revoir un de ces jours et là, je te retrouve quand je m'y attends le moins. - Je suis content aussi de te revoir Frédérique. On se mit donc à faire nos achats ensemble en papotant. - Tu as l'air bien pâle aujourd'hui, un peu comme si tu n'as pas assez dormi de la nuit. - Tu es performante tu sais, tu devrais venir travailler à la brigade criminelle avec moi. Lui dis je pour animer un peu la galerie. - N'exagère pas non plus. - Alors, est ce que ça va mieux avec tes parents ? - Et bien oui, mon père a fini par accepter mes choix donc tout va mieux dans le meilleur des mondes. - Je suis heureux pour toi. Et tes nouvelles études ? - La rentrée académique est prévue dans quelques semaines donc pour le moment, je me détend. - Je dois dire que je suis jaloux, si seulement je savais me détendre aussi! - Toi, t'as un problème si je ne m'a***e. - Ah ma chère Frédérique! Si seulement tu savais tout ce que je traverse en ce moment! Moi même je suis dépassé par le cour des évènements. - Sache que si tu veux parler, je suis là. Je tiens à te rendre l'appareil car tu m'as écouté la dernière fois, je suis prête à faire de même pour toi. On avait chacun pris ce qu'on voulais et on se dirigeait à présent vers la caisse pour payer et partir. - Je n'aimerais pas te perdre de vue une fois de plus, alors mets ton contact ici, dit Frédérique. Elle me tendait son téléphone pour que j'y inscrive mon contact et c'est ce que je fis. Et moi aussi, je lui donnai le mien pour qu'elle y mette son contact à elle. On paya chacun ses courses et on se dirigea vers la sortie ensemble. - Est ce que tu connaîtrais par le plus grand des hasards des techniques de méditation ? Lui demandais je. Je ne savais pas du tout ce qui m'avait pris de lui pose cette question. C'était maladroit de ma part. - Je m'y connais juste un peu car mes grands parents étaient adeptes de la méditation et j'en pratiquais avec eux plus jeune. Mais quand je me sens stressée ou anxieuse, je médite et ça m'aide énormément, répondit elle. Ce que j'avais pris tout à l'heure pour un geste maladroit venait peut-être de m'ouvrir une porte. C'était une chance que Frédérique s'y connaisse un peu en méditation. Comme disait toujours maman, rien n'est le fruit du hasard.En y repensant, quelle était la probabilité pour que je rencontre de nouveau Frédérique et en plus dans un super marché ? Et de sur quoi, elle avait la solution à mon problème actuel. Quel chanceux je faisais! - Et bien, j'aimerais que tu me donnes des cours ou que tu m'apprennes à méditer si tu veux. - Mais pourquoi? - J'aimerais juste apprendre à atteindre un haut degré de concentration. - Okay c'est comme tu veux. Tu veux qu'on commence quand alors ? car je suis libre tous les jours pendant trois semaines. - On peut commencer même aujourd'hui si tu peux, c'est vraiment urgent. Dis je. - C'est assez précipité mais ça me va. Et donc, tu veux qu'on se retrouve où ? - Chez moi car c'est assez calme et idéal pour se concentrer. - Tu m'enverras alors l'adresse tout à l'heure et je passerais à 16 heures, dit elle. - On est d'accord alors, à ce soir Fred. Je peux t'appeler Fred? Dis je. - Bien-sûr Fred, dit elle à son tour en me souriant. Et c'est sur ces mots qu'on se sépara devant ce super marché. J'étais beaucoup plus heureux en ressortant du super marché que lorsque j'y entrais. J'espérais sincèrement que Frédérique arrive à m'aider. J'étais tellement content que j'avais oublié un point très important. Et si j'avais ces visions devant elle, que pourrais je bien lui dire à ce sujet ? Elle me prendrait sûrement pour un cinglé ou pire encore. Je n'avais pas du tout mis tous ces paramètres en compte lorsque je lui avais demandé de l'aide tout à l'heure. De toute façon, j'avais prévu d'improviser sur le moment si jamais elle remarquait quelque chose. J'avais vraiment très faim et ce n'était pas vraiment le moment de penser à cela, il fallait tout d'abord que je satisfasse mon estomac. Je rentrai donc chez moi immédiatement et je me fis un petit déjeuné copieux. Ensuite, j'avais même eu le temps de faire la cuisine car après tout, je recevais un invité ce soir et c'était une femme. Ce n'était peut être pas un rencard mais ce n'était pas une raison pour moi de ne pas être galant surtout avec une femme comme Frédérique.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER