En attendant mon invité, je faisais encore quelques recherches sur la notion de réincarnation. Je sais bien que ça virait à l'obsession mais je ne pouvais plus me contrôler. Je devais être sûr avant de m'embarquer là dedans. Mais pendant que je faisais mes recherches sur mon ordinateur portable, je reçu un coup de fil. C'était un appel venant de Jean Claude. J'étais étonné de recevoir un appel de lui, c'était chose très rare et en plus, on était tous les deux de repos ce samedi là. Il m'appelait juste pour m'annoncer une nouvelle heureuse, sa femme avait enfin donné naissance à leur petite fille. La voix de Jean Claude était toute emballée quand il m'annonça la nouvelle. Je ne savais peut être pas ce que c'était de devenir père mais la joie dans sa voix était communicative. Le simple fait de le savoir si heureux me remplissait aussi de joie. C'était là une merveilleuse nouvelle. Je me devais en tant que collègue le plus proche de Jean Claude, d'aller leur rendre une petite visite. J'avais profité de son appel pour lui demander s'ils étaient toujours à l'hôpital. Il me dit que oui mais qu'ils avaient la permission d'en sortir en soirée. Je lui promis donc de passer chez lui le lendemain pour venir donner des félicitations aux nouveaux parents. Cet appel que j'avais reçu de mon coéquipier avait complètement dispersé mes idées. Je n'avais plus du tout envie de faire de quelconques recherches non, je me mis juste à divaguer. Je pensais désormais à la notion de paternité. Je me demandais si je deviendrais père un jour ou même, si je ferais un bon père. Mais j'étais très loin du compte quand j'y repense. Je n'avais pas de petite amie et je pensais déjà à la paternité. Qu'est ce que je devenais étrange ces derniers jours! Je m'étonnais moi même. Moi, Fred Cheyrou, j'étais assis tout seul chez moi à réfléchir sur l'éventuel père que je ferais, je n'en revenais pas. Du coup, il fallait que j'arrête de rêver et que je me concentre un peu sur le plus important. Je venais de dire à Jean Claude au téléphone que j'irais chez lui le lendemain mais il fallait donc que je me prépare à y aller, je ne pouvais pas tout de même y aller les mains vides. C'était très important que j'aille voir les nouveaux parents avec un cadeau pour eux ou même pour leur enfant, pourquoi pas pour tous les trois. Mais moi, je ne savais pas du tout ce qu'on pouvait offrir à des personnes pour les féliciter d'être devenus parents. Mais du coup, je me dis que je demanderais à Frédérique puisqu'elle avait l'air de tout savoir, elle saurait sûrement quoi me conseiller. En plus, c'était une femme, elles s'y connaissent bien en petites attentions les femmes. Je voyais donc déjà mon problème résolu. J'attendais donc mon invité avec double impatience car elle devait tout d'abord m'apprendre à méditer mais aussi, elle devait me donner une idée de cadeau à offrir à Jean Claude et Sarah. Je n'avais pas dit à maman que je recevais une femme chez moi, elle se serait sûrement méprise et aurait pu croire que c'était un rencard. Ou même pire, elle serait venue chez moi pour voir de quelle femme il s'agissait. Je tenais aussi à ce que la venue de Frédérique chez moi reste confidentielle. Je ne pouvais pas prendre le risque de laisser les gens se poser des questions à mon sujet de crainte qu'on ne pense que je devenais cinglé, surtout ma mère qui me connaissait bien. Maman savait donc que je voulais passer ma journée tout seul à me reposer car c'est ce que je lui avais dit. Je ne voulais plus du tout faire des recherches bidons sur internet, j'en avais marre tout simplement. Mais malheureusement pour moi, j'avais encore trois bonnes heures devant moi avant l'arrivée de mon invité. Je voulais profiter de ces trois petites heures pour dormir un peu avant qu'elle n'arrive. J'avais envisagé dormir pendant deux heures maximum et donc, je pris la direction de mon lit sans plus attendre. Mais c'était la sonnette qui chez moi qui me réveilla. En me précipitant sur ma montre, il était déjà 4 heures. Donc j'avais dormi pendant trois heures de temps environs! J'étais carrément torse nu et je savais bien que c'était Frédérique à la porte car j'avais reçu plusieurs messages d'elle pour me prévenir qu'elle arrivait. Je mis le premier t-shirt que j'avais eu sous la main et je descendis lui ouvrir la porte.
- Mais t'en as mis du temps Fred, me dit elle quand j'ouvris la porte.
- Pardon de t'avoir fait attendre Je m'étais endormi et donc c'est toi qui m'a réveillé.
- Et bah, désolé de t'avoir ramené sur terre.
- Ce n'est pas grave, j'ai assez dormi de toute façon.
- Tu ne m'invites pas à entrer? me dit elle.
- Ah pardon, tu peux entrer et surtout fais comme chez toi.
J'étais anxieux de la savoir chez moi, surtout que tous les deux on ne se connaissaient pas très bien. Néanmoins, je faisais l'effort de ne pas lui montrer à quel point j'étais nerveux. Ce n'était peut-être pas une rencontre entre amoureux mais ça en avait tout bonnement l'air.
- Wahou! C'est beau chez toi, dit elle de nouveau.
- Merci, tout le mérite me revient et crois moi, je suis très humble.
- Je vois ça monsieur le humble. Mais je suis sûre que tu bleuffes et que tout le mérite revient à ta petite amie.
- Vous avez tout faux mademoiselle, je suis célibataire et heureux, lui dis je.
- Tu as donc toutes mes félicitations, ta maison est vraiment wahou pour un homme qui vit tout seul.
Ce compliment m'allait vraiment droit au coeur, surtout venant d'une personne du s**e opposé. Mais nous n'étions pas là pour papoter, il fallait qu'on se livre directement à ce qu'on avait prévu. Il me tardait d'explorer ma mémoire et j'espérais vraiment que la méditation m'aiderait. D'un autre côté, j'avais déjà un plan B au cas où ça ne marcherait pas. Je prendrais donc un autre rendez vous chez le professeur Cordula afin qu'il me donne d'autres astuces ou qu'il m'aide à revisiter mon subconscient. Mais j'espérais vraiment que mon expérience de méditation avec Frédérique marche car ça me ferait économiser bien des sous. J'avais aménagé une partie de mon salon pour qu'on puisse avoir assez d'espace pour méditer tous les deux.
- Je pense donc qu'on devrait passer à l'acte sans plus perdre de temps. Qu'en dis tu Frédérique ? Lui demandais je.
- Mais pas si vite, j'ai tout d'abord envie de savoir quelles sont tes motivations. Pourquoi veut tu faire de la méditation subitement ? Et pourquoi demander mon aide au lieu de celle d'un professionnel? Ne pense pas que je ne suis pas ravie de t'aider au contraire, c'est juste que je suis curieuse.
- Je dois t'avouer que j'appréhendais ce genre de questions venait de toi. Mais je ne pourrai pas fuir indéfiniment les questions. Si j'ai fais appel à toi au lieu d'un professionnel c'est juste que je voulais économiser des sous car ce n'est pas donné de s'offrir de tels services par un professionnel.
- Comme ça monsieur m'utilise pour faire des économies, je suis choquée !
- Tu voulais la vérité n'est ce pas, et bien la voilà.
- Mais tu ne m'as pas tout dit encore. Pourquoi est ce que tu tiens tant à pratiquer la méditation ?
- C'est juste que j'ai envie d'apprendre à mieux écouter mon corps et aussi j'aimerais pouvoir atteindre un haut niveau de concentration.
Après avoir entendu mes explications, Frédérique ne me posa plus de question. C'était un ouf de soulagement que j'avais ressenti en voyant qu'elle avait gardé son silence. On s'assit donc sur l'espace que j'avais réservé pour nos exercices et on commença. Frédérique commença tout d'abord par m'expliquer certains trucs verbalement. Ensuite, on débuta la pratique. J'essayais vraiment de faire de mon mieux mais je ne parvenais à rien. Je me donnais pourtant à fond. Néanmoins, j'avais réussi à me concentrer comme jamais encore je ne l'avais fait, c'est juste que je m'attendais à ce que des souvenirs ressurgissent suite à ma concentration mais ça n'avait pas été le cas. Du coup, Frédérique faisait un bon professeur, elle avait réussi à me transmettre cet art qui était le sien. Elle n'avait peut être pas réussi à faire de moi un super moine de la méditation mais au moins, elle avait réussi à me faire traverser la première porte de concentration. Et donc, nous avions fait presque deux heures d'intense travail et en silence en plus. J'avais profité de tout cela pour lui demander de manger quelque chose en ma compagnie avant de rentrer chez elle. Elle avait essayé de décliner mais j'avais insisté et elle a cédé. Et donc, je lui demandai de prendre place à ma table à manger pour que je puisse chauffer le dîner. Mais non, madame était trop fière pour laisser un homme en cuisine et donc, elle se proposa de me donner un coup de main. J'espérais l'épater avec un ragoût de pommes de terres fait maison. J'avais utilisé la recette de ma mère et j'espèrais vraiment laisser cette chère Frédérique sans voix. Elle avait adoré l'odeur de mon ragoût et je ne m'étais pas gêné pour m'en vanter.
- Ça sent bon là dedans, me dis pas que tu l'as fait toi même ? me demanda cette chère Frédérique.
- Mais oui qu'est ce que tu crois! Je ne suis peut-être pas le prince charmant mais ma mère m'a bien éduqué tu sais. Dis je.
- Chapeau monsieur !
Moi qui détestais faire de nouvelles rencontres, je me retrouvais chez moi avec une connaissance récente à vanter mes talents de cuisinier. Je dois dire que le tournant que ma vie prenait ces derniers jours m'étonnait et ça de loin. Frédérique m'avait donné un coup de main en dressant la table. Elle avait placé les couverts et tout le nécessaire dont nous avions besoin. Et ensuite, elle s'était assise gentiment à table et attendait que je vienne avec le repas. Je ne mis pas long à arriver et on lança les hostilités. C'était très gênant de manger en face d'elle ainsi et surtout que nous étions chez moi. On aurait vraiment dit un rencard.
- J'avais jamais goûté à un ragoût de pommes de terre aussi bon que le tien tu sais Frédéric, me dis t-elle pendant que nous mangions.
- Et bien, la recette est de ma mère. Elle n'a jamais su d'où elle la tenait mais c'était sûr que la recette était africaine. Et moi, depuis l'enfance, je passais toutes mes journées près d'elle car je voulais tout apprendre. Et c'est ainsi que je suis devenu le bon cuisinier que tu as en face de toi.
- Je vois, tu me donneras ta recette hein, du moins, celle de ta maman.
- Je peux te l'écrire mais je suis presque certain que tu ne connais pas certaines des épices que ma mère utilise, dis je.
- Peut-être mais je veux apprendre, dit de nouveau Frédérique.
- Vos désirs sont des ordres mademoiselle!
- Tu as dit tout à l'heure que ta mère ne savais pas d'où elle avait appris ses recettes, j'aimerais comprendre d'avantage.
- C'est une histoire très longue mais je vais te l'eccourter. Mon père était un soldat de l'armée de terre française et ma mère une refugiée africaine. Ils se sont tous les deux rencontrés dans un avion qui conduisait les réfugiés en France et ma mère en était l'une. Mais elle souffrait d'une amnésie et ne se souvenait pas de grand chose. Ils sont tombés amoureux, se sont mariés et m'ont eu. Mais ma mère ne s'est jamais souvenue de grand chose depuis lors. Ses souvenirs remontent juste au moment où les soldats l'ont retrouvé. Néanmoins, elle a gardé certaines recettes de cuisines en mémoire. C'est étrange mais vrai.
- Donc, si je comprends bien, ta mère ne sait plus quelles sont ses origines alors! C'est terrible tout ça, j'espère qu'elle tient le coup quand même.
- Ne t'en fais pas pour ma mère Frédérique, elle a appris à vivre avec et crois moi, elle est heureuse.