Chapitre 10

1562 Mots
Je m'endormis ce soir là comme un bébé. Et ma nuit ne fut pas turbulente du tout, au contraire, j'avais très bien dormi. Je n'avais pas eu à faire d'étranges rêves durant la nuit et je n'avais pas non plus eu de réveil brusque pendant la nuit. Je me sentais d'attaque pour ce nouveau jour qui s'offrait à moi. Je me réveillai le matin en me disant que j'étais une personne chanceuse. L'homme qui s'était couché la veille n'était pas celui qui s'était réveillé ce matin là. J'étais de bonne humeur. Mon état d'esprit de ce matin n'était pas que dû à la douce nuit que je venais de passer, mais aussi à la belle rencontre que j'avais faite la nuit dernière. Rencontrer Frédérique et partager avec elle m'a permis de comprendre à quel point j'étais un homme chanceux. J'avais oublié que je devais m'aimer et savoir apprécier ce que j'avais, mais je m'en suis souvenu et je compte bien suivre le conseil que j'ai donné à cette jeune fille. Je me sentais tellement bien que la première chose que je fis était d'appeler ma mère. Son téléphone sonna pendant longtemps car elle avait mis du temps à me répondre.Mais finalement, elle finit par me répondre. - Allô maman. - Bonjour chéri, c'est inhabituel, pourquoi m'appelles tu aussitôt ? J'espère que tu vas bien. - Ne t'inquiètes pas, je vais bien. Je voulais juste te dire que je t'aime. - Je t'aime aussi mon amour, prend soin de toi. - Toi aussi, prend soin de toi maman. - Fais moi plaisir chéri, passe me voir ce soir, tu me manques beaucoup. - Tes désirs sont des ordres maman. Je raccrochai donc le téléphone et je commençai à me préparer pour le boulot. J'étais très enthousiaste et j'avais la sensation qu'aujourd'hui, on aurait plus de réponses à nos questions à propos de l'affaire Jennifer Du Pont. Je me fis un petit déjeuner consistant et je le pris avant d'aller travailler. J'arrivai au travail à peu près à la même heure que d'habitude. Je partageais ma bonne humeur dans tout l'étage, je suis sûr que tout le monde se demandait ce qui arrivait à Fred Cheyrou. ce Et comme toujours, Jean Claude arriva après moi. Je comprenais très bien qu'il ne puisse pas être au travail aussi tôt que moi car lui, avait une famille qu'il devait choyer chaque jour avant de sortir. Il arriva quelques instants après moi. On était donc déjà tous les deux là et prêts à travailler. Sur un commun accord, nous décidions de commencer par la lecture des dernières pages du journal intime de la victime, donc quelques semaines avant son assassinat. Nous avions fait un pli afin de marquer la page sur laquelle on s'était arrêté la dernière fois. C'était en effet à la page où elle introduisait Audrey Anne Robichon. C'était aussi grâce à cela que nous avions mis cette femme dans la liste des suspects potentiels. On retourna donc à nos lectures. 04-08-1948 Mon cher journal, Bernard n'a cessé de m'appeler ces derniers temps. Je commence à croire qu'il disait peut-être la vérité. Peut être que ce n'était qu'un plan de cette Audrey pour nous séparer. Si non, pourquoi est ce que Bernard essayerait il de me parler tous les jours! Je l'aime toujours et je t'avoue qu'il me manque beaucoup. Pensais tu que je devrais mettre ma fierté de côté ?Je ne sais même plus où j'en suis dans mes propres sentiments. Je suis sûre que je suis là fille la plus pathétique de la terre. Si on se referait à ce qu'avait écrit la victime, celle ci était toujours amoureuse de Bernard Montagnier et elle envisageait même de se remettre en couple avec celui ci. Mais nous devions lire la suite pour en savoir un peu plus. 19-08-1948 Mon cher journal, aujourd'hui, il s'est passé quelques choses d'horrible. Mes parents nous ont annoncé à Félix et à moi qu'ils comptaient divorcer. Je comprends maintenant mieux pourquoi il régnait tant de tension entre ces deux là ces derniers temps. En fait, mon père nous a avoué qu'il voyait aussi une autre femme, mais ça, ma mère le savais déjà. J'avais espoir que tout s'arrangerait entre eux. Et maintenant, je suis déçue. Ces deux là ont toujours été le couple model à mes yeux. Et maintenant qu'ils veulent mettre un point final à leur histoire, je me dis que rien n'est finalement noir ou blanc, tout est en fait gris. Après cette nouvelle étourdissante, j'avais envie de parler à quelqu'un et de tous les amis que j'ai, c'est Bernard que j'ai appelé. J'avais envie de lui parler car il me comprend toujours mieux que quiconque. Et comme toujours, il m'a rassuré. Il m'a dit que c'était les vies de mes parents et qu'ils devraient les vivre comme ils le veulent. Finalement, je me suis rendu compte qu'il avait raison. Si mes parents ne se sentent plus heureux ensemble, ils étaient libres de prendre la décision qu'ils voulaient par rapport à leur couple. Et moi, en tant que leur fille, je me dois juste de les aimer tous les deux, peu importe les choix qu'ils font. Après ma conversation avec Bernard, je me suis souvenue de la raison pour laquelle j'étais tombée amoureuse de lui. Il avait les pieds sur terre mieux que personne et il était le gars de mon âge le plus sage que je connaissais. Je suis désormais certaine du fait qu'il ne m'ait jamais menti. Et j'ai compris mon erreur envers mes parents. Je ne devrait pas les juger. Plus nous lisions ce journal intime, plus nous nous rendions compte que la victime et son présumé assassin entretenaient une très belle relation. Au yeux de la victime, Bernard Montagnier était une bonne personne et s'il était vraiment l'assassin, cela expliquerait pourquoi la porte de la chambre de la victime n'avait connu aucune effraction. Mais en même temps, d'après les écrits de la victime et aussi le témoignage de Sabrina Du Bois, Bernard Montagnier n'était pas le meurtrier cruel que la police avait décrit. Il est vrai que certains tueurs savent se camoufler et n'ont pas besoin d'un mobil pour passer à l'acte mais, plus j'entrais dans l'intimité de la victime, plus, j'étais convaincu de l'innocence de Bernard Montagnier. C'était bien-sûr très amateur de ma part de prendre un parti dans une affaire mais je n'y pouvais rien, mon être entier en était convaincu. Tout ce que la victime avait écrit au sujet de Bernard Montagnier me faisait chaud au cœur. Je lisais les pages de ce journal intime avec beaucoup d'émotion et d'implication. Je ne savais toujours pas pourquoi cette affaire me rendait aussi sensible mais pour être honnête, j'adorais cette sensation. Mais rien ne semblait encore être totalement net car il y avait encore beaucoup de zones d'ombre. Bernard et Jennifer s'aimaient vraiment mais si Bernard était vraiment l'assassin de Jennifer Du Pont, alors il fallait à tout prix trouver son mobil, un mobil qui tenait la route. Le mobil qui était dans le rapport de police ne tenait pas du tout la route pour moi. En plus, j'avais lu l'une des lettres de Bernard Montagnier et dans celle ci, il clamait ardemment son innocence. Et même le rapport de police disait qu'il n'avait cessé de clamer son innocence jusqu'à la fin, mais s'il était vraiment coupable, pourquoi faire du cinéma jusqu'à son dernier souffle ? Il savait bien qu'il n'avait plus rien à perdre mais il clamait toujours son innocence. Ça n'avait tout simplement pas de sens! Tout portait à faire croire qu'il était vraiment innocent. Jean Claude et moi avions encore un grand nombre de questions dont les réponses nous étaient inconnues. Il fallait donc qu'on continue notre lecture. 20-08-1948 Mon cher journal, aujourd'hui mes parents se conduisaient vraiment bizarrement avec moi. J'ai tout de suite compris pourquoi et Je leur ai dit qu'ils n'avaient pas à s'en faire pour moi et que tout ce que je voulais était qu'ils soient heureux. Ils étaient tellement émus et ils ont même dit que j'étais devenue une jeune femme mature. Tout ceci est arrivé grâce à Bernard. J'avais donc envie de le remercier, alors, je lui ai passée un coup de fil. Nous avons décidé de nous rencontrer au campus quelques jours avant la rentrée afin de parler de notre couple. Je compte vraiment lui dire que je veux me remettre en couple avec lui. Mais je me suis tout d'abord excusée de ne pas l'avoir cru. Il m'a répondu que n'importe qui à ma place aurait eu la même réaction. Ça c'est du Bernard tout craché, jamais il ne me tiens rigueur de rien. Je me vois très bien vivre un beau futur avec lui et avoir des enfants aussi. J'ai hâte de le revoir. Mais aussi, une chose étrange s'est produite aujourd'hui lorsque j'étais à la supérette. J'étais allée faire quelques achats pour la maison comme le voulait maman et soudain, des cambrioleurs ont fait éruption. Mais parmi ces cambrioleurs, j'ai cru reconnaître Félix. Je ne suis pas très sûre car il portait un masque mais c'était bien ses chaussures et son t-shirt aussi. Je ne sais vraiment pas quoi faire. Mais je compte n'en parler à personne. Je sais bien que ce qu'il a fait est mal mais je me dois de le protéger, c'est mon frère après tout.
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