chapitre 9

2016 Mots
Prendre rendez vous chez le psychologue m'avait détendu. J'avais l'impression d'être au bout du tunnel, je me disais que mes souffrances s'abrègeraient sûrement après ce rendez vous chez le psychologue. J'étais plus serein. J'avais passé beaucoup de temps seul à la maison et quand je regardai l'heure qu'il était, j'étais scandalisé de voir qu'il était à peine 18 heures. Je ne pouvais pas du tout dormir à cette heure, sinon, la nuit risquait sûrement d'être très longue. Et en plus, j'avais peur de dormir à nouveau et de refaire ces rêves où je me retrouvais dans des endroits bizarres à faire des choses étranges. Et donc, sur un coup de tête, je décidai de me changer et de sortir un peu. Non, je n'avais pas l'intention de partir voir ma mère, je voulais juste respirer de l'air frais. Je n'avais aucune idée de l'endroit où je voulais me rendre donc c'est sans ma voiture que je sortis ce soir là. C'était rare que j'agisse de la sorte mais il y avait des moments comme ça. Je verrouillai les portes de chez moi, je mis la clé dans mon porte feuille et je m'en allai. Je me mis à marcher dans la rue sans aucun but précis. Ensuite, je m'assis sur un banc publique. Je ne me rappelais même pas de la dernière fois que je m'étais assis sur un de ces bancs. Je restai donc assis là à observer les gens qui passaient. Pour être parfaitement seul, j'avais laissé mon téléphone à la maison. C'était drôle la façon dont j'étais assis sur ce banc, je faisais comme chez moi. J'avais étendu mes longs bras dessus. Je me suis rarement senti aussi bien qu'en ce moment précis. Je suis resté là pendant de longs instants. Je voyais toutes sortes de personnes passer. Il y avait des amoureux, des parents et leurs enfants, et même des amis, tous défilaient devant moi. Et quand je les voyais, je comprenais pourquoi j'étais toujours malheureux malgré le fait que je faisais le boulot de mes rêves. En fait, je n'avais aucune des choses que j'avais vu passer ce soir là devant moi. Je n'avais pas d'amis, je n'avais pas d'amoureuse, je n'avais non plus pas d'enfants, je n'avais que ma mère. Mais pendant que je pensais comme cela, je finis par me dire que chacun était différent à sa manière. Peut-être n'étais je pas fait pour avoir tout cela! Et pendant que j'étais perdu dans mes pensées, quelqu'un me rejoignis sur ce banc sans même que je ne m'en rende compte. - Vous aussi vous appréciez la solitude ? me demanda cette voix de femme. Quand je tournai ma tête pour voir la personne qui m'avait posé cette question, j'étais très surpris. C'était une ravissante jeune femme. À la voir, elle avait la vingtaine. - Je ne dirais pas ça, c'est plutôt la solitude qui m'apprécie. Répondis je. - Et bien, vous êtes donc mon opposé parfait, me dit elle en souriant. Du coup, j'avais apprécié sa personnalité, elle était plutôt ouverte et avait le sens de l'humour. Tout à mon opposé!. Elle était vraiment différente de moi, si je me basais sur l'impression du moment bien-sûr. - Alors pourquoi êtes vous là à admirer les passants? Demanda elle de nouveau. - Et bien, disons que c'est un contraste. J'étais seul chez moi et je voulais voir des gens tout en demeurant seul, donc voici l'endroit parfait. Et vous? - Je me sentais seule aussi et j'étais sortie dans l'espoir de faire une merveilleuse rencontre, répondit elle. - Ingénieux ! Vous aviez raison, vous êtes vraiment mon opposé. redis je. Aucun de nous ne dit plus mot à l'autre. On resta là à observer les personnes qui circulaient dans la rue. Nous étions deux sur ce bancs désormais. Mais moi, je n'avais pas du tout changer ma position. Mes bras étaient toujours étendus sur le banc et ça avait l'air de ne pas la gêner. - Vous faites quoi dans la vie, mademoiselle ? Lui demandais je. Moi même je ne saurais dire ce qui m'avait poussé à lui poser une telle question. Mais je ne la connaissais pas du tout et ça ne me dérangeait pas non plus de lui avoir poser cette question ou même de lui parler. - Jusqu'à il y a quelques heures encore, j'étais biochimiste. - Voilà une réponse bien complexe! comment ça, il y a quelques heures encore? - Et bien, je n'ai jamais voulu étudier la biochimie à l'université. C'est vrai que j'ai appris à apprécier cette science avec le temps mais je me suis rendu compte que ce n'était pas ce que je voulais faire et donc, j'ai tout laissé tomber il y'a quelques heures. - Je vois, et je suis sûre que vous avez une idée de ce que vous voulez vraiment. - Oui, j'ai toujours rêvé d'être animatrice de dessins animés. Et là, je sens que je suis prête à poursuivre mon rêve. - Puis je vous demander pourquoi ou pour qui vous avez étudié la biochimie malgré vous ? - C'était en fait pour mon père. Il voulait tellement que sa petite fille devienne biochimiste. Et moi, j'ai suivi le chemin qu'il avait tracé pour moi aveuglément. Et aujourd'hui, en lui disant ce que je pensais réellement, je ne sais pas si je l'ai blessé mais je me suis en allée tout de suite après lui avoir fait part de ma décision. - C'est très courageux de votre part. Et si votre père vous aime, il sera sûrement très fier de vous car, aujourd'hui, vous avez vraiment compris le but de la vie. - Comprendre le but de la vie? - Oui, le but de la vie, c'est de vivre pour soi même et non pour les autres. Le but de la vie c'est d'aimer ce que l'on fait. Au final, mettez vous en tête que c'est votre vie et que vous la vivez toute seule. Je suis fière de vous, jeune fille. - Et vous? qu'est ce qui vous rend aussi malheureux ? Vous ne me direz pas que vous êtes heureux car je peux bien le voir que vous ne l'êtes pas. - Mais c'est que vous avez l'œil pour voir ce genre de chose! J'ai 30 ans et je fais le boulot de mes rêves. Seulement, j'ai l'impression qu'il me manque quelque chose mais je ne sais pas quoi. - Peut être vous manque t-il l'amour. - Oui, peut être. - Que je suis stupide des fois! Je discute avec vous depuis quelques instants et je ne me suis même pas présentée. Je suis Frédérique, j'ai 26 ans. Quand j'entendis son prénom, j'eus quelques frissons. Quelles étaient les chances pour que je passe du temps seul dehors et que je tombe sur une femme qui portait le même prénom de que moi? Cela m'avait mis en joie. Quand elle me vis sourire, elle se posa des questions. - Donc Frédérique, moi c'est Frédéric 30ans, dis je. Elle m'accompagna donc dans mon fou rire après avoir entendu mon prénom aussi. - Et donc Frédérique, avez vous fait la merveilleuse rencontre que vous espériez faire ce soir? - Et bien oui. - Il se fait tard et moi, demain, j'ai une journée chargée. Au revoir miss animation au même prénom que moi. - Au revoir master solitude, qui porte le même prénom que moi. Et sur ce, je me lévai et je m'en allai. Cette soirée avait été plus intéressante que je ne l'avais imaginé. C'est tout détendu que je rentrais chez moi. J'avais hâte d'être à demain et de continuer mon enquête avec mon coéquipier. J'en avais même oublié toutes ces choses étranges auxquelles je faisais face ces derniers jours. Et c'est en marchant que je rentrais chez moi. J'avais adoré faire la connaissance de cette jeune femme. Je l'avais trouvé authentique et j'espérais avoir la chance de retomber sur elle un de ces jours. J'arrivai à la maison, puis, je dînai. Après avoir dîné, je pris une douche puis j'allai directement m'allonger sur mon lit. Je passai quelques instants à rêvasser de n'importe quoi et ensuite, je passai un coup de fil à ma mère pour lui souhaiter une bonne nuit. Elle m'avait dit qu'elle me trouvais un peu plus détendu qu'il y a quelques heures. Elle me connaissait vraiment très bien cette femme! Après lui avoir parlé, je me décidai donc de relire la copie du rapport de police que j'avais. C'était le rapport de l'affaire Bernard Montagnier. J'avais en effet gardé une copie, je le faisais toujours avec chacune des affaires que je traitais. Je gardais toujours avec moi certains des rapports de police et même les notes que je prenais sur les scènes de crime. Il arrivait souvent qu'en les relisant au calme chez moi, je m'aperçoive d'un truc que j'avais loupé. C'était le plus à la maison que j'avais le plus d'éclairage sur les enquêtes que je menais. Je pris donc ce rapport d'archive et je le relus aussitôt, et cela, plusieurs fois. Bernard Montagnier, 20 ans, avait été incarcéré pour le meurtre de sa petite amie Jennifer Du Pont. Le crime odieux avait été commis le 21 septembre 1948 dans la chambre d'étudiants qu'occupait la victime. Bernard Montagnier n'ayant pas digéré sa rupture avec la victime a ensuite décidé de lui hôter la vie. Il avait en effet retrouvé Jennifer Du Pont dans sa chambre, dans la soirée du 21 septembre 1948. Il avait ligoté sa victime puis l'avait v***é et frappé à mort. Mais celui ci avait utilisé un préservatif donc, il n'y avait pas eu de trace de sperme dans l'organe reproducteur de celle ci. Il avait néanmoins été retrouvé de la salive près du corps de la victime. Mais il n'a jamais été déterminé qu'elle appartenait à Bernard Montagnier. Douze jours après le début de l'enquête, il fut arrêté pour le meurtre de sa petite amie Jennifer Du Pont. Après quatres mois d'incarcération, Montagnier est reconnu coupable par la cour saintes de Paris. Ce 02 février 1949, son procès dura 7 heures de temps, et au terme de celui ci, Bernard Montagnier fut condamné à la peine capitale. Bernard Montagnier a néanmoins toujours plaidé non coupable. Bernard Montagnier était donc destiné à se faire guillotiné. Le jour de son exécution, Bernard Montagnier est réveillé à 4:30. Il est tout pâle et ne parle à personne ce matin là, même pas à ses compagnons de cellule. Un aumônier avait été déplacé expressément pour les dernières heures de Montagnier. Bernard Montagnier se confesse auprès de l'aumônier mais dans sa confession, il parle de tout sauf du meurtre de Jennifer Du Pont. Ensuite, il eut un entretien avec l'aumônier mais ce que ces deux là ce sont dits ce matin là, resta un secret entre eux. Après la bénédiction, c'était enfin l'heure fatidique pour Bernard Montagnier, celui ci pleurait à chaudes larmes et ne cessait dire: " Je n'ai pas tué Jenny". Et même quand on lui demanda de dire ses dernières paroles, il dit la même chose, " Je n'ai pas tué Jenny". Il est exactement 5:52 quand Bernard Montagnier fut déclaré mort. J'avais lu ce rapport une douzaine de fois au moins ce soir là. Mais toujours, je ne voyais pas la faille. Mis à part le fait que l'accusé ne cessait de plaider son innocence, rien ne prouvait vraiment qu'il disait la vérité, il avait lui même avoué qu'il avait vu la victime quelques heures avant son décès. Il était donc la dernière personne à l'avoir vu et il y avait des empreintes de ses doigts sur le poignet de la porte de la chambre où le crime avait été commis. Mais aussi, je me devais de prendre en compte la présence des restes de salive qui avait été prélevé sur la scène de crime. Jamais encore on n'avait identifié à qui elles appartenaient. Mais peut-être était ce là, la clé de ce mystère. J'avais noté cela dans mon carnet car il me semblait que c'était très important. J'étais déjà très fatigué. Il fallait que je me repose assez afin d'être capable d'affronter le lendemain. J'étais beaucoup plus enthousiaste. C'est ce jour là que je me mis en tête qu'il serait bon que je m'évade plus souvent.
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