chapitre 8

2026 Mots
Notre séjour à Brive la Gaillarde s'acheva donc ainsi. Direction, la gare! Il ne nous avait fallu que quelques minutes pour arriver à la gare. Mon équipier et moi achetions donc nos tickets de train. Nous faisions donc partir des passagers du prochain train. On s'assit quelques instants et on attendit sagement que le train soit prêt comme tous les autres passagers. Mais notre attente ne fut pas bien longue. Jean Claude et moi tout comme les autres passagers nous empressions de prendre nos places dans le train. Et quelques instants après, nous disions au revoir à la magnifique ville de Brive la Gaillarde. C'était la toute première fois que je m'y étais rendu mais malheureusement, c'était dans le cadre du travail. Je n'avais donc pas eu le temps de faire du tourisme dans la ville car je n'y étais pas allé pour cela. Et pendant que le train faisait ses premiers mouvements, je me disais, qu'un jour, peut être, je reviendrais à Brive juste pour prendre du bon temps. Et peut-être j'amènerais maman avec moi pour qu'elle en profite avec moi. J'avais trouvé ses habitants et l'atmosphère qu'il y régnait très chaleureux. Nous nous en allions pour Paris, et c'était parti pour 5heures de trajet. Pendant que Jean Claude faisait sa sieste, moi, je n'arrivais même pas à me détendre. Mon esprit était ailleurs, je ne cessais de penser à tous ces rêves que je faisais ces derniers temps. Tout le trajet durant, j'avais pensé à ces rêves encore et encore. J'étais perturbé et je me disais que si je réfléchissais à fond dessus, j'aurais peut être les réponses que je cherchais. Je retournais ça dans ma tête encore et encore, mais j'étais toujours dans l'obscurité totale. J'avais tellement réfléchis que j'avais fini moi aussi par dormir dans le train sans même m'en apercevoir. Ce sommeil qui m'avait volé et qui avait été d'un court instant m'avait néanmoins fait un bien fou. On était enfin arrivé à Paris et c'est Jean Claude qui me réveilla pour me le dire. Il était 2:30 de l'après midi quand nous arrivâmes à Paris. Jean Claude et moi nous étions entendu pour reprendre notre enquête le lendemain. Néanmoins, on passa tous les deux à la brigade afin de mettre en sécurité tout ce que nous avions ramené de Brive. Il s'agissait notamment des notes que nous avions prises, des photos mais aussi des lettres de Bernard Montagnier. Et ensuite, on se sépara. Je rentrai donc chez moi et je crois bien que Jean Claude avait fait pareil. Jean Claude était mon coéquipier depuis deux ans déjà. Il était très différent de moi sur tout point de vue. Il était plus jeune que moi mais il était déjà marié et sa femme et lui attendaient même un bébé. Des fois, je le plaignais quand notre travail nous obligeait à faire des déplacements. Je savais bien qu'il était à chaque fois très perturbé de laisser sa femme toute seule mais comme on dit, travail oblige! Il avait bien-sûr des parents et des frères et sœurs aussi, mais chacun faisait sa vie ailleurs. Ses parents vivaient à Toulouse et ses frères, quelques part dans la France. Chacun se battait dur de son côté. On ne parlait presque jamais de nos familles respectives avec Jean Claude mais chacun connaissait très bien l'autre. Je ne sais pas si notre relation allait au delà du boulot mais nous n'étions pas de bons amis mais on se comprenait. La seule similitude qu'il y avait entre nous était bien notre ardeur dans le travail. Donc, après ce voyage à Brive, j'étais quasi sûr que Jean Claude était impatient de rentrer chez lui et de retrouver sa femme et son bébé à venir. Voilà pourquoi j'étais sûr qu'il s'était empressé de rentrer chez lui après qu'on se soit séparé. Des fois, il me manquait d'avoir une relation amoureuse, un peu comme Jean Claude. Je me souvenais de ma solitude à chaque fois que je voyais des couples dans la rue ou à chaque fois que Meghan, la femme de Jean Claude l'appelait pour prendre de ses nouvelles. J'avais beau jouer à l'insensible et à celui qui était désintéressé mais, je rêvais secrètement d'une relation amoureuse. J'étais toujours fourré avec ma mère et je savais bien que les gens parlaient dans mon dos. Que ce soit les amis de ma mère, certains de mes collègues ou même des camarades d'enfances, ils parlaient tous dans mon dos. Ils se demandaient si je me marierais et fonderais une famille un de ces jours. Je le savais car j'avais déjà eu l'occasion plusieurs fois de surprendre certaines conversations à ce propos. Je n'en voulais pas aux autres de penser comme ils le faisaient mais c'était quelque peu gênant de savoir que des personnes dont je me fichais complètement s'intéressaient tant à ma vie. Et le pire était que ma mère était de leur avis des fois. Elle me parlait souvent de ses amis qui avaient déjà des petits enfants. Mais je savais bien que derrière ces paroles, se cachait son désir ardent d'avoir des petits enfants aussi. Je ne pouvais pas l'empêcher de penser ainsi car elle était libre de penser ce qu'elle voulait. Ma mère avait bien-sûr raison en disant que mon travail m'importait plus que toute autre chose. J'aimais ce que je faisais, j'aimais mon travail mais cela ne voulait pas dire que je ne voulais pas d'une relation amoureuse. Je rêvais parfois en silence d'avoir une petite amie ou une femme qui m'attendrait tous les soirs à la maison mais je passais tellement de temps à travailler que c'était presque impossible pour moi de faire des rencontres. Si j'étais célibataire, ce n'était pas entièrement de ma faute, c'est juste que je n'avais pas encore trouvé la femme qui m'était destinée, si seulement elle existait ! Seul Dieu savait à quel point je me sentais seule quand j'arrivais dans ma maison sans vie, avec cette vieille odeur de m********e et cet air froid. Je n'avais jamais osé le dire mais j'étais toujours très malheureux quand je pensais qu'il fallait que je rentre chez moi. Voilà pourquoi je passais la quasi totalité de mon temps à la brigade ou chez ma mère. Mais ce jour là quand Jean Claude et moi nous séparions à la Brigade, j'étais directement rentré chez moi. J'avais besoin de rester seul avec moi même car j'étais très troublé. Pour ne pas inquiéter ma mère, je lui avais bien-sûr dit que j'étais arrivé à Paris mais je lui avais aussi dit que je voulais rester seul. J'avais pris la fatigue pour prétexte car je ne voulais pas la déranger avec mes histoires farfelues. Je pris un bain chaud et ensuite, je me fis quelque chose à manger dans la cuisine. Je me disais des fois que si les pièces d'une maison pouvaient parler, ma cuisine se plaindrait certainement de la négligence dont je faisais preuve envers elle. Je n'y étais presque jamais, et par semaine, je n'y passait que deux heures environ. Je mangeais le plus souvent chez maman ou même dans un restaurant. Après avoir fini la cuisine, c'est dans le salon, devant la télévision que je mangeai. Ça faisait sacrement longtemps que je n'avais pas passé du temps avec moi même ainsi. Il faut dire que ma maison me servait juste à dormir et a prendre des douches. Des fois, je me disais que ça n'avait eu aucun sens que je quitte la maison de ma mère et pourtant, j'y passais nettement plus de temps que chez moi. A la télé, je regardais un vieux film de Louis de Funès. Il était très intéressant. Je riais tellement fort qu'on aurait dit que je n'étais pas tout seul dans la maison. C'était rare que je passe du temps chez moi et de plus que je ris aux éclats. Je terminai donc de manger et je fis immédiatement ma lessive. J'étais une sorte de maniaque de la propreté et du rangement. Je détestais voir du désordre ou même des objets sales. Voilà pourquoi, ma maison avait beau être vide tout le temps mais elle était toujours propre. Je prenais toujours le soin de tout bien faire car j'étais une personne très soignée. J'allais même jusqu'à ranger mes vêtements par couleur. J'aimais le travail bien fait je l'avoue, et ça, depuis tout petit. Ma mère disait toujours que j'épouserais certainement la femme la plus bordélique de la terre. Et quand je lui demandais pourquoi est ce qu'elle disait cela, elle me répondais que les contraires s'attirent, donc mon épouse serait mon parfait opposé. Maman me faisait souvent rire quand elle avait de telles pensée. Elle avait beau ne pas se souvenir de ses origines mais son comportement montrait clairement qu'elle avait une culture différente de celle des français. Et cela, même si elle ne se souvenait pas de cette chère culture. Elle avait des proverbes étranges pour chaque situation mais elle les disait en français. Comme quand elle voulait dire que je ressemblait beaucoup à mon père, elle disait : " l'enfant de la bête retournera toujours dans la forêt même si il est domestiqué". Maman avait toujours eu raison. Les rares petites amies que j'avais eu jusque là était différentes de moi. Et elles me quittaient pour la plupart car elles disait que j'étais trop obsédé par les détails. C'était étrange la manière dont elles avaient toutes le même langage à mon égard, et pourtant, elles ne se connaissaient pas. Quand je nageais en plein dans la vingtaine, je ne trouvais pas bien grave de ne pas avoir une relation amoureuse stable. Mais depuis le début de l'année 2019, celle qui marquait mon entrée dans la trentaine, je ressentais le besoin de me caser même si je prétendais le contraire. Ce soir là, tout seul a la maison, je m'ennuyais énormément. J'étais même allé jusqu'à préparer ma tenue du lendemain à l'avance tellement je m'ennuyais. Mais après cela, je me couchai sur mon lit. J'avais l'impression de me détendre au tout début car mon cerveau ne pensais à rien. J'étais juste couché et je regardais le plafond de ma chambre. J'étais en phase de repos total. Et pendant que j'étais couché là, pendant que j'avais enfin l'impression de me reposer, l'image de mois dans une prison me revint. Cette fois ci, mon attention avait clairement été attiré. Ce n'était plus un rêve, j'avais les yeux ouverts et je m'étais vu dans une prison. J'étais couché sur un lit et je regardais le plafond. On aurait dit que c'était cette action de regarder le plafond qui avait fait surgir cette image de ma tête. Je me demandais si je devenais fou. Comment est ce que cela se faisait que je rêve les yeux ouverts? Est ce que je voyais l'avenir? Est ce que j'irai en prison un jour? Toutes ces questions et plus encore tournoyaient dans mon cerveau simultanément. J'étais de plus en plus inquiet. Je me disais que si cela était une vision de l'avenir, peut être étais je destiné à àller en prison! De toute manière, je n'avais plus de doute sur la démarche à suivre dès lors. Je devais a tout prix et le plus rapidement possible prendre rendez vous avec un psychologue. Je voulais que tout ceci s'arrête, j'avais besoin que quelqu'un m'explique ce qui clochait avec moi. J'étais fatigué de cette situation. J'avais avec moi les cartes de visite de plusieurs spécialistes. J'allai donc fouiller quelques uns de mes tiroirs afin de retrouver la carte d'un psychologue que j'avais soigneusement gardé avec celles des autres spécialistes. En fouillant, je finis par retrouver la dite carte de visite. Le nom de cette psychologue était Claire Traoré. J'appelai donc et c'était sa secrétaire qui répondit. Je me présentai donc et je demandai à avoir un rendez vous avec elle. J'avais besoin qu'elle me consulté et qu'elle me dise ce qui n'allait pas. J'avais besoin d'explications et qui mieux qu'un psychologue pour m'aider à trouver un sens dans ce qui se trouvait dans ma tête. C'était fait, j'avais réussi à avoir un rendez vous avec le docteur Traoré pour le vendredi 08 heures.
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