Il y avait en effet deux photos où l'on pouvait voir Bernard Montagnier, Jacques Du Bois et ainsi que deux jeunes femmes. Mais les jeunes femmes sur les photos étaient différentes. Cela attira clairement mon attention et celle de mon équipier car sur ces photos, on aurait dit deux couples.
- Mademoiselle Du Bois, est ce que vous pourriez s'il vous plaît identifier les personnes sur ces photos? Demanda Jean Claude.
En posant sa question, Jean Claude lui tendit la première photo. Dessus, on pouvait identifier Jacques Du Bois, Bernard Montagnier et deux jeunes femmes qui se trouvaient entre eux. Mais mon instinct me dit rapidement que l'une des jeunes femmes étaient Jennifer Du Pont mais c'était difficile à savoir car l'on ne pouvait bien distinguer son visage. J'avais déjà vu quelques photos de Jennifer Du Pont donc j'étais capable de la reconnaître sur une photo.
- Ah! Sur cette photo, se trouvent mon père, son ami Bernard et leurs petites amies de l'époque. Dont Jennifer Du Pont à gauche et l'une des ex petites amies de mon père dont le nom ne me revient pas. Il disait qu'elle s'appelait Danielle mais j'ai oublié son nom de famille. Répondit Sabrina.
Et là, pendant qu'elle fouillait dans sa mémoire pour se souvenir du nom de famille de l'ex copines de son père, je dis un truc sans même me contrôler.
- Elle s'appelait Danielle Savoie, dis je avec Beaucoup de conviction.
- Mais que je suis tête en l'air parfois! Il y a des noms écrits sur chaque photo. Vous pouvez les retourner et vous saurez qui est qui. Déclara Sabrina.
En effet, en retournant la photo, il y avait bien des noms. Le plus étonnant était que la petite amie de l'époque de Jacques Du Bois était belle et bien Danielle Savoie. Quand on vit le nom de la jeune femme, Jean Claude jeta un regard en ma direction.
- Mais Pourquoi ne m'as tu pas dit qu'il y avait des noms derrière chaque photo ? Demanda Jean Claude.
- Je n'en savais rien non plus, répondis je.
On se pencha donc sur la deuxième photo avec les deux autres jeunes femmes. Cette photo était plus vieille que la précédente, vieille dans le sens où elle avait été prise avant autre. Et donc, en retournant ces photos, on pouvait voir écrit: Bernard, moi et nos petites amies Audrey Anne Robichon et Louise Valérie. Nous tenions donc l'information dont nous avions besoin depuis quelques jours déjà.
- Et cette Louise Valérie sur la photo avec votre père, qui est elle? Demanda Jean Claude.
- C'est ma mère. Papa et elle se sont mariés quelques années après avoir obtenu leurs diplômes. mais elle est décédée il y a un bon bout déjà.
- Recevez nos sincères condoléances mademoiselle Du Bois, dis je.
- Merci beaucoup. Je tiens aussi à vous remettre ceci. Ce sont des lettres adressées à mon père et écrites par Bernard Montagnier lorsqu'il était encore en prison. Quelques semaines avant son exécution. J'aimerais vous les remettre car je suis sûre qu'elles vous aideront certainement. Je n'était pas encore née à cette époque donc, je n'ai pas connu Bernard Montagnier mais mon père a toujours été convaincu de son innocence et moi, j'ai une confiance aveugle en mon père. Donc je crois aussi en son innocence et j'espère que vous réussirez à la prouver. Dit elle de nouveau.
Elles nous remis donc les deux photos qui nous intéressaient ainsi que les lettres écrites par Bernard Montagnier et destinées à son ami Jacques Du Bois. On se leva, on la remercia puis on s'en alla. Ce voyage à Brive la Gaillarde avait été plus fructueux que nous ne l'aurions pensé. Et pendant qu'on était dans la voiture sur le chemin de l'hôtel, on discuta un peu.
- Fred, pourquoi ne m'as tu pas dit que des noms étaient inscrits sur chaque photo ? Ça nous aurait fait gagner du temps. Me dit Jean Claude.
- Je t'assure que moi même je n'en savais rien du tout jusqu'à ce qu'elle nous le dise. Répondis je.
- Tu ne vas pas me mentir à moi Fred ! Supposons que tu dises la vérité, comment as tu donc su que la demoiselle sur la photo se nommait Danielle Savoie ? Ne me dis pas que tu l'as deviné ?
- Ça m'est venu juste comme ça, sans que je ne m'en rende même compte.
Jean Claude laissa tomber. Néanmoins, je ne comprenais pas pourquoi il avait arrêté de m'interroger aussi facilement, lui qui était si tenace d'habitude. Peut-être avait il vu que j'étais sincère quand je lui disais que ce nom m'était venu par hasard.
Nous savions enfin de quel Audrey il s’agissait. Celle qu’on recherchait était donc Audrey Anne Robichon. Il ne nous restait plus qu’à rentrer sur Paris et à demander à ce bon vieux Karan de faire des recherches sur cette femme. En effet, Sabrina Du Bois nous avait été d’une aide immense. Son père n’aurait surement pas fais mieux. Audrey Robichon figurait désormais sur notre liste de suspects potentiels. Pour cette affaire, Jean Claude et moi avions désormais trois noms, trois suspects, trois pistes à suivre sérieusement. Nous n’avions plus qu’à nous pencher sur ces trois personnes et peut-être nous pourrions en tirer le vrai coupable du crime. Il y avait tout d’abord Bernard Montagnier, l’homme qui avait été condamné à mort pour l’assassinat de Jennifer Du Pont. Il avait été dit qu'il avait clamé son innocence jusqu'à la mort mais cela ne prouvait pas vraiment qu'il était innocent. D’après ce que nous avait dit Sabrina Du Bois, son père était convaincu de l’innocence de Bernard Montagnier. Elle nous avait remis quelques photos et aussi des lettres que Bernard envoyait à son ami de la prison, pendant qu’il attendait sa sentence. Seulement, mon équipier et moi avions décidé de ne pas les lire avant de rentrer à Paris. C'était une décision unanime qui venait de tous les deux. Dans notre liste de suspect, il y avait aussi Élisabeth Jardin. Elle avait beau être décédée et avait un alibi mais rien n'ecartait la possibilité qu'elle ait pu tuer ou commanditer le meurtre de son ami. Et enfin, il y avait Audrey Anne Robichon, elle avait un mobile très sérieux, la jalousie qu'elle ressentait à l'égard de la victime. Il ne nous restait plus qu'à étudier les preuves que nous avions afin qu'elles nous mènent au véritable coupable. Nous étions directement rentrés dans notre hôtel afin de nous reposer car la journée avait été pénible pour tous les deux. Il était environ sept heures du soir quand nous arrivâmes à l’hôtel. Chacun gagna sa chambre et je ne sais pas ce qu’avait fait Jean Claude pendant ce temps mais moi, je m’étais commandé à manger car j’avais une faim de loup. Après avoir mangé, je pris une longue douche chaude. Vu que mon portable était en mode silencieux, je n’avais pas du tout remarqué tous les appels manqués de ma mère. Ce n’est qu’après ma douche que j’allai vérifier mon portable et j’étais très étonné d’y voir de nombreux appels en absence. Ils étaient tous de ma mère. Je la rappelai donc car je savais bien qu’elle était très inquiète de ne pas avoir eu de mes nouvelles pendant des heures. J’étais très fatigué et je lui avais bien fait comprendre que j’avais été très occupé toute la journée et que j’avais juste envie de dormir. Elle comprit clairement et elle me passa la bonne nuit puis raccrocha. J’étais couché sur ce lit d’hôtel et je m’endormis sans même m’en apercevoir. Et voici, pendant cette nuit, je faisais de nouveau un de ces rêves étranges que je n’arrivais pas à expliquer. J’étais cette fois ci dans une sorte prison à écrire des lettres. J’écrivais de nombreuses lettres mais je ne voyais pas du tout les noms du destinataires, je n’arrivais même pas à distinguer les phrases des lettres que j’écrivais. La seule chose dont j’étais sûr, c’était que c’était bien moi dans cette prison, assis, à écrire à je ne sais qui. Contrôler mes mouvements m’étais tout bonne impossible. Ça avait l’air d’un rêve mais, c’était très réaliste. On aurait encore dit une vision comme pour les précédents rêves. Et pendant que j’étais penché sur cette feuille de papier à écrire encore et encore, je réussis à distinguer une seule phrase, celle-ci était : je suis innocent. Et là, je me réveillai et j’étais tout en sueur. Quand je regardai l’heure sur mon téléphone, il était à peine quatre heures du matin. J’étais très troublé par ce rêve que je venais de faire et le pire était que je n’avais aucune explication rationnelle à propos de tout cela. Je ne pus donc plus refermer l’œil et je me mis à penser à tous ces rêves étranges que j’avais faits ces derniers jours. Au départ, j’avais pensé que c’était peut-être l’enquête que je menais qui me troublait ainsi mais tout cela n’avait pas du tout de sens car ce n’était pas la première affaire sur laquelle j’enquêtais. Et jamais encore je n’avais eu ce genre de manifestations. Je me mis donc à croire que quelqu’un ou même quelque chose voulait me guider sur une piste afin de m’éclairer sur cette affaire mais c’était irréaliste et aussi farfelu de penser ainsi. Et moi qui ne voulais pas du tout voir un psychologue, je me sentais obligé de le faire car je voulais que tout cela cesse et pour de bon. J’avais l’impression que si je continuais ainsi, je deviendrais surement fou avec ces rêves. J’en avais assez de penser à ces drôles de rêves encore et encore, je me décidai donc à aller prendre une bonne douche froide pour me changer les idées. J’avais terminé de prendre ma douche et il n’était même pas cinq heures. Je m’habillai donc et je terminai de préparer mes affaires pour faire passer un peu le temps. J’avais terminé mais on aurait dit que le temps, lui, était resté figé. De Jean Claude et moi, j’étais celui qui était resté avec les photos et les lettres que nous avait remis mademoiselle Du Bois. Je savais bien qu’on avait dit qu’on lirait les lettres quand nous seront à Paris mais je les pris et je me mis à les lire. Elles étaient dans des enveloppes de l’époque et toutes ces enveloppes avaient un timbre. Il n’y avait donc aucun doute, elles venaient vraiment de la prison. J’ouvris la première et je me mis à la lire.
24-11-1948
Mon cher ami,
Quand nous n’étions encore que des enfants, jamais encore je n’aurais imaginé que ma fin serait ainsi. J’ai reçu ta dernière lettre et je sais bien que tu es très triste pour moi voilà pourquoi je n’ose pas te demander comment tu vas. Moi, je vais mal. Je ne suis pas malade physiquement, n’aie crainte, c’est juste que je souffre de l’intérieur. Mon âme est en souffrance et le pire c’est que je ne sais pas comment y remédier. Je suis accusé d’avoir assassiné Jennifer, l’amour de ma vie. Ce n’est pas ma condamnation en elle-même qui me fait de la peine, mais c’est le fait de savoir que l’amour de ma vie s’en est allée, de la manière la plus atroce qui soit. Je te jure sur tout ce que j’ai bien pu avoir de plus cher que je ne suis pas l’auteur de ce crime abominable. Je suis juste triste qu’il n’y ait pas de justice dans ce monde. Jennifer ne recevra donc jamais justice pour ce qui lui a été fait. Je me meurs ici tu sais. Prend bien soin de toi.
Ton vieil ami Bernard.
Un truc étrange c’était produit pendant que je lisais cette lettre, on aurait dit que je l’avais déjà lue auparavant. Or J’étais plus que sur que c’était la toute première fois que je la voyais. Hors mis cela, la main d’écriture de ce cher Montagnier était semblable à la mienne. On aurait dit mon écriture quand je m’applique. Mais c’était insensé de penser ainsi car après tout, les gens se ressemblent et aussi, les écritures aussi. Je m’étais tellement impliqué dans ces lettres que je n’avais pas vu le temps passer. Jean Claude était déjà devant ma porte à toquer. Il était donc déjà prêt. Je pris donc la peine de tout ranger et je le rejoignis afin qu’on règle chacun sa note à la réception et qu’on s’en aille enfin de Brive. C’était une ville charmante mais Paris nous attendait.