chapitre 12

1328 Mots
Il était indéniable que les empreintes de Bernard Montagnier avaient été retrouvé sur le poignet de la porte de la chambre de la victime. Mais cela prouvait juste qu'il avait été sur la scène de crime ce jour là. Rien ne prouvait non plus qu'il y avait été pendant le meurtre. Mais selon ce qu'avait dit Montagnier, il s'était effectivement rendu dans la chambre de sa petite amie mais celle ci allait parfaitement bien. Mais ce que les enquêteurs de l'époque n'avaient pas pris en compte, était bel et bien la salive qui avait été retrouvé sur la scène du crime, pas loin du corps de la victime. La présence de cette salive à cet endroit précis avait une signification très importante. Cela ne voulait juste dire que l'agresseur portait du mépris à sa victime, il la haïssait même, au point de lui cracher dessus après l'avoir v***é et frappé à mort. La police scientifique de l'époque avait réussi à isoler l'extrait d'ADN contenu dans cette salive. Bien évidemment, cet ADN avait bien été identifié, mais le seul problème était qu'après comparaison, il ne correspondait pas à l'ADN de la victime ni à celle de Montagnier lui même. Ce petit élément aurait normalement dû être pris en compte et peut être Bernard Montagnier n'aurait pas écopé de cette lourde condamnation. Bernard Montagnier n'était donc pas le seul à être allé dans cette chambre le soir du 21 septembre 1948. Il fallait dès lors que l'on retrouve à qui appartenait cette salive mais c'était presque mission impossible car la plupart des personnes ayant vécus à cette époque étaient décédées aujourd'hui. Mais ce n'était pas ce détail qui allait nous arrêter mon coéquipier et moi. Maintenant que nous avions écarté Bernard Montagnier de nos suspects potentiels, il fallait à tout prix que Jean Claude et moi mettions la main sur Audrey Anne Robichon. Elle aurait bien pu être l'assassin ou même complice de l'assassinat car elle détestait la victime, elles étaient en concurrence pour gagner le coeur de Montagnier. Et nous savons bien que les rivalités entre femmes peuvent avoir le don d'aller au delà de la simple jalousie. Audrey Anne Robichon aurait bien pu tuer Jennifer Du Pont afin d'être la seule en liste pour conquérir Bernard Montagnier. Mais bon, tout ceci n'était que des hypothèses. Nous devions en avoir le cœur plus net. Voilà pourquoi nous avions demandé à Karan de faire des recherches sur cette femme. Il fallait à tout prix qu'on la retrouve mais plus que tout, nous avions besoin qu'elle soit toujours en vie et en possession de toutes ses facultés mentales. C'était là une piste très sérieuse pour nous, nous n'avions pas droit à l'erreur cette fois ci. Et même si nous la retrouvions dans l'incapacité de nous parler, nous prendrions néanmoins sa salive dans le but de comparer son ADN à celui retrouvé dans la salive de la scène de crime. Et pendant que Jean Claude et moi étions encore à la brigade à réviser l'affaire qu'on avait sur la main, Karan vint nous remettre les informations qu'il avait trouvées au sujet de Audrey Robichon. En effet, Audrey Robichon ne s'était jamais mariée et n'avait pas eu d'enfant. Et on était stupéfait de savoir que celle ci avait travaillé dans la police. Karan avait réussi à retrouver son adresse actuelle dans les fichiers de la police. Elle était effectivement toujours en vie. Il ne nous restait plus qu'à lui rendre une petite visite afin de savoir ce qu'elle savait sur cette affaire. Notre programme de la journée du lendemain était tout fait. Nous devions aller à Toulouse, à la rencontre de l'ex officier de police Audrey Anne Robichon. Le travail avait été tellement intense cette journée là que mon collègue et moi n'avions pas vu le temps passer. Il était déjà l'heure de rentrer chez nous. Nous étions crevés à mort et nous avions de violents maux de tête chacun. Il fallait à tout prix que l'on résolve cette affaire mais tout était très compliqué car nous n'avions presque pas de vrais témoins car presque tous déjà décédés ou très malades. On n'avait juste réussi à prouver que Bernard Montagnier aurait pu être innocent car il y avait effectivement une tierce personne sur la scène de crime ce jour là. Et c'était la salive retrouvée qui marquait la présence de cette autre personne. Mais la personne avait fait preuve de malice car elle avait pris le soin de ne laisser aucune trace d'elle. Nous avions appelé cette personne X car son identité nous était toujours inconnue. Voilà tout ce que nous avions pour le moment et nous savions bien que nous étions bien loin du compte mais il fallait juste y croire car il n'y a pas de crime parfait. Jean Claude se dépêcha de rentrer chez lui car il y avait sa femme qui l'y attendait avec impatience. Moi, je devais tout d'abord passer chez ma mère avant de rentrer dans mon appartement. Je m'en allai aussitôt chez elle. Quand j'arrivai chez ma mère, elle vint me faire un câlin. Elle n'en avait pas l'habitude voilà pourquoi c'était étrange pour moi. - Je t'ai donc manqué à ce point maman? - Tu m'as manqué plus que tu ne peux l'imaginer. - Tu m'as aussi manqué maman. - Comment tu vas Frédy? - Je vais bien maman, ne t'inquiètes pas du tout pour moi. - Si, je m'inquiète parce que je suis ta mère. Pour ne rien te cacher, j'ai d'étranges sensations depuis ce matin. - Tu es malade ? J'appelle ton médecin ? - Non, je ne parle pas de maladie. J'ai eu l'impression que quelque chose t'était arrivé donc, je me faisais un sang d'encre pour toi. - Maman, ne t'en fait pas, rien ne peut m'arriver tu sais, cesse de te faire des cheveux blancs pour moi. - J'ai compris, mais sois prudent! - Je suis né prudent. - Et ton affaire, elle avance? - Ah maman! Tout est très compliqué dans cette affaire tu sais. Toutes les personnes qui y étaient impliquées d'une manière ou d'une autre sont décédées où sont d'un âge très avancé et malade au point de ne même pas pouvoir nous parler. Voilà où j'en suis. - Ne t'inquiètes pas. Souviens toi qu'à chaque fois qu'il y a du noir, il suffit juste d'allumer la lumière. - Je tâcherai de m'en souvenir à l'avenir. Dis je à maman en tenant lui touchant tendrement la main. - J'ai rêvé de ton père la nuit dernière et j'avais l'impression qu'il me mettait en garde contre un éventuel danger. Ensuite, j'ai passé toute la journée à m'inquiéter pour toi. - Ce n'était qu'un rêve maman, les morts sont morts et ne reviennent pas prévenir les gens. - Tu es stupide chéri, on dirait presque ton père. Me dit maman en souriant. - Passons à table maman, j'ai très faim. - J'adore cuisiner pour toi mais il te faut une femme pour égayer ta vie. Tu ne vas pas tout de même passer toute ta vie à manger chez ta mère voyons! - Tu recommences maman, je n'ai pas la tête à me trouver quelqu'un en ce moment. - La même excuse depuis cinq ans. De toutes manières, c'est ton problème. C'est toi qui va te retrouver tout seul quand je ne serai plus là. - Maman, tu risques de me faire perdre l'appétit en parlant de ce genre de chose. Arrête s'il te plaît. - J'arrête d'accord, passons donc à table. On passa donc à table et comme toujours, nous étions comme un vieux couple qui dînait. Néanmoins, ce que maman venait de dire n'était pas rentré dans l'oreille d'un sourd. Je n'avais juste pas aimé qu'elle parle de sa mort comme si c'était un jeu. Je tenais énormément à elle et il m'était complètement inconcevable d'imaginer qu'elle ne soit plus là un jour. On termina de dîner et je rentrai dans mon appartement tel un loup solitaire.
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