Kendal
âPendant que la cuisine prĂ©parait leur commande, je me sentais brĂ»ler. Je sentais leur regard Ă travers les murs, Ă travers les autres clients. Je suis revenue quelques minutes plus tard, portant le plateau avec une aisance feinte, le cĆur battant la chamade. En dĂ©posant les burgers fumants et les verres givrĂ©s, je me suis penchĂ©e dĂ©libĂ©rĂ©ment. J'ai pris tout mon temps pour disposer les serviettes et les couverts. Ma poitrine, compressĂ©e par le tissu de ma robe, sâest offerte Ă leur vue, Ă quelques centimĂštres seulement de leurs visages. Lâodeur de leur parfum â un mĂ©lange de bois prĂ©cieux, de tabac cher et de cuir â a envahi mes narines, agissant comme un aphrodisiaque immĂ©diat.
âCâest alors que la main de FĂ©lix a frĂŽlĂ© la mienne. Ce n'Ă©tait pas un accident. Dans un mouvement fluide, presque invisible pour les clients alentours, il a glissĂ© un billet de mille contre ma paume, refermant ses doigts puissants sur les miens. Sa peau Ă©tait brĂ»lante, son contact Ă©lectrique. Il ne mâa pas lĂąchĂ© la main tout de suite, mâobligeant Ă soutenir son regard de braise.
âIl a approchĂ© son visage du mien, son souffle court frĂŽlant mon oreille, me faisant frissonner de la tĂȘte aux pieds.
â Moi câest FĂ©lix, et lui, câest Alex⊠murmura-t-il, sa voix n'Ă©tant plus qu'un grognement suave.
âSon regard est redescendu, plongeant sans aucune retenue dans le creux de mon dĂ©colletĂ©, admirant la rondeur de mes seins qui se soulevaient de maniĂšre erratique. Sa voix s'est faite encore plus basse, plus rauque, chargĂ©e de promesses sombres :
â Ăa te dirait de passer du temps avec nous, Kendal ? Pas ici. Pas avec ces gens.
âAlex, qui Ă©tait restĂ© silencieux comme un prĂ©dateur en observation, a plantĂ© ses yeux d'acier dans les miens. Un sourire carnassier a Ă©tirĂ© ses lĂšvres, complĂ©tant la proposition de son ami d'un simple mouvement de tĂȘte qui voulait tout dire. Le message Ă©tait limpide : ils ne cherchaient pas une aventure. Ils cherchaient une possession. Ils me voulaient, moi, pour une nuit d'excĂšs, et ils Ă©taient prĂȘts Ă mettre le prix pour obtenir l'exclusivitĂ© de mon corps entre leurs mains.
âJe sentais l'humiditĂ© perler entre mes cuisses. Ma raison hurlait au danger, me rappelant que ces hommes Ă©taient des prĂ©dateurs, des colosses qui ne connaissaient pas la douceur.
Mais mon corps, lui, criait "oui".