Chapitre 3 - La rencontre-1

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Chapitre 3 La rencontreLe lendemain matin, nous sommes le mercredi 8 février 2017. Je suis à l’agence de bonne heure, encore une fois. Avant de commencer ma journée de travail, je profite du fait que je sois seul et du calme ambiant pour me connecter au site internet de rencontre et envoyer un message à Nawelle. Alex : Coucou, Nawelle, comment vas-tu ? Je viens d’arriver à mon agence. Pour le moment, c’est calme et j’en profite pour prendre cinq minutes pour te faire un petit coucou tout en buvant mon café. Si tu veux m’appeler, n’hésite pas, je prendrai cinq minutes pour échanger avec toi. Bon, je te laisse, j’ai beaucoup de travail qui m’attend. Je te donne à nouveau mon numéro de portable. C’est le 06** 21 06 93. Je t’embrasse et j’espère avoir de tes nouvelles très bientôt. Bonne journée. Une fois mon numéro de portable donné, je me suis déconnecté du site internet et je me suis mis au boulot. Je suis dans ma concession et j’ai beaucoup de travail qui m’attend Mon téléphone n’arrête pas de sonner, je suis très sollicité. Beaucoup de problèmes à régler, beaucoup d’administratif et de choses à voir. La journée s’écoule à une vitesse folle, je ne vois pas le temps passer, ce qui est très souvent le cas. Je suis tellement occupé que j’en oublie le message que j’ai envoyé ce matin à Nawelle sur le site de rencontre. J’échange énormément avec mon responsable VO (véhicule d’occasion), mon responsable VN (véhicule neuf), ainsi qu’avec mon responsable d’agence. Je fais le tour des équipes, je vais voir les préparateurs auto. Je fais beaucoup de management. Nous sommes début février, mais le temps est très doux sur les bords de la Garonne. Le ciel est bleu clair, pas un nuage à l’horizon. Ça sent la fin de l’hiver. Cette année, le printemps est en avance. Ça fait plaisir après deux mois où le temps n’a pas été superbe, où le ciel gris, la pluie et le temps froid étaient largement dominants, où la nuit tombait à 18h. Le plus gros est maintenant derrière nous, nous avons traversé cette mauvaise période et maintenant la belle saison approche à grands pas. Je suis originaire du sud de la France, mes parents sont corses, j’aime le soleil et la chaleur. L’hiver est à chaque fois une période difficile pour moi. Je n’aime pas le froid et, chaque année, je prie pour qu’il soit le plus court et le moins rude possible. Cette journée passe à une vitesse folle. Il est bientôt 16h et je profite que j’ai quelques coups de téléphone à passer pour sortir dehors. Je suis sur mon téléphone portable, je marche dans le parking de ma concession, entre les voitures garées en épi, profitant des rayons de soleil pour faire ma cure de vitamines D. J’arpente le bitume, déambulant sans but, me laissant guider au fil de mes pensées et de mes rêveries. J’ai entendu dire que le soleil avait sept bienfaits sur notre santé. Que ses rayons synthétisent la vitamine D, qu’il permet de réguler l’horloge interne et, par conséquent, de synchroniser notre sommeil. Il paraît que le soleil permet aussi de diminuer l’hyperactivité, qu’il permet de mieux apprendre, de soigner les maladies de peau et d’améliorer le moral. Je ne sais pas si ce sont des certitudes scientifiques et si tout ceci est fondé. En tout cas, pour le moral, je suis entièrement d’accord. Le retour du soleil, sentir ses doux rayons sur ma peau, sa douce chaleur pénétrer mon corps me fait un bien fou. Après deux à trois mois d’hiver avec si peu d’ensoleillement où nous avons été privés trop longtemps de sa lumière et de sa chaleur bienfaitrice, je vous avoue que, quand les beaux jours reviennent, ça me fait un bien fou au moral. J’adore en profiter un maximum en me promenant, en flânant à l’extérieur de mon agence. Marcher dehors sous cette chaleur printanière, cette douceur si caractéristique de ce début de saison est très agréable. J’ai l’impression que la vie reprend ses droits. La nature sort de son hibernation, les animaux et les oiseaux sont de retour. La période des amours approche à grands pas. Le soleil réchauffe à nouveau l’atmosphère et j’en profite pour prendre un grand bol d’air frais tout en passant quelques coups de fil importants. Je profite de ce magnifique temps pour prendre cinq minutes de pause rien que pour moi. Je pars m’asseoir un peu plus loin. Je m’isole et je suis contemplatif. Le soleil brille, ses rayons font étinceler les carrosseries des voitures exposées sur le parking, l’air est doux quand soudain, mon téléphone portable se met à vibrer. Au bout du fil, une jolie voix douce, angélique, joyeuse et mélodieuse me dit : — Coucou, Alex, comment vas-tu ? C’est Nawelle, la jeune femme du site de rencontre. Tu m’as passé ton numéro de portable ce matin. — Coucou, ça va très bien, merci. Ça me fait très plaisir que tu m’appelles et d’entendre ta voix. Elle est très jolie. Et toi, tu vas bien ? — Je vais bien, merci. Tu fais quoi ? — Je suis à mon agence de Mérignac. Et toi, que fais-tu ? — Je viens juste de débaucher. Exceptionnellement, j’ai fini plus tôt aujourd’hui. — Ça me fait vraiment trop plaisir d’entendre ta voix. Je ne m’attendais pas à ce que tu m’appelles aujourd’hui. — J’ai hésité, mais j’avais envie d’entendre ta voix et je trouve que c’est mieux de faire connaissance de vive voix. — Je suis content que tu aies fait ce choix. — Tu as beaucoup de travail en ce moment ? — Oui, mais j’ai bien avancé. C’est en train de se calmer. — OK. — Et toi, tu vas faire quoi ? — Je ne sais pas… Je peux passer te voir ? — Maintenant ? — Oui, je peux être là dans une quinzaine de minutes. — OK, ça marche, tu peux passer. — Cool. — Tu sais où se trouve la concession ? — T’inquiète, je vais utiliser mon GPS. Je vais trouver. — Ça marche et, si jamais tu te perds, appelle-moi et je t’indiquerai le chemin. — OK. Au fait, mon numéro de téléphone portable s’est-il affiché ? — Oui, j’ai le 07** 10 12 82. C’est bien celui-là ? — Tout à fait. Allez, j’arrive. À tout de suite. — À tout de suite. Je raccroche le téléphone et une sensation étrange m’envahit. C’est indescriptible. Depuis que je suis célibataire, j’en ai rencontré des femmes. Mais je ne sais pas, cette fille a quelque chose de particulier, quelque chose que je ne serais décrire. Sa façon d’être, sa façon de s’exprimer. Je suis à l’aise avec elle. Elle a quelque chose de rassurant, d’envoûtant. J’espère que notre première rencontre va confirmer ce ressenti. Je suis heureux de la rencontrer, mais un peu stressé quand même, je ressens une appréhension. C’est la première fois que je la vois et je n’ai pas eu le temps de me préparer psychologiquement. Elle arrive dans une quinzaine de minutes environ et il faut que je sois prêt afin de lui faire une bonne impression. La première impression est très importante. J’ai toujours entendu dire que les gens se faisaient un jugement dans les sept premières secondes lors d’une rencontre. Je décide de me connecter à nouveau sur le site de rencontre afin de regarder l’historique de notre conversation. Je relis nos échanges afin de tout me remémorer. Je ne veux pas faire d’impair. Je ne veux pas qu’elle croie que je suis déjà atteint de la maladie d’Alzheimer. Je n’ai que trente-sept ans, je suis encore jeune pour souffrir de ce mal incurable. Je regarde ses passions, ce qu’elle aime faire dans la vie. Je réfléchis au sujet de conversation que nous aurons tous les deux quand elle sera là. Je suis tellement pris dans mes recherches que je ne vois pas le temps passer. Je me pose mille et une questions. Est-ce qu’elle ressemble bien aux photos de son profil ? Est-ce qu’elle m’a dit toute la vérité, ne m’a-t-elle pas menti ? Est-ce que je vais lui plaire ? Qu’est-ce qu’elle recherche exactement sur ce genre de site ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? Et si ça se passe mal ? Est-ce que je vais l’intéresser ou pas ? Mon cerveau tourne à plein régime. Vous savez tous de quoi je parle. L’excitation, le stress, l’euphorie de la première rencontre. Un peu d’angoisse, c’est si soudain. J’ai le cœur qui bat vite. J’ai les mains moites comme lors d’un contrôle des douanes en rentrant d’Espagne avec un coffre chargé de contrebande. J’ai la bouche sèche et j’éprouve une sensation qui me paralyse. Le trac a pris provisoirement le contrôle de mon corps et je décide de ne pas le laisser faire. Je prends une grande respiration et j’essaie de me concentrer dessus en respirant avec le ventre pour faire retomber la pression. Après tout, ce n’est qu’une femme comme les autres. Des rendez-vous comme celui-ci, j’en ai déjà connu des centaines. Je prends trente secondes pour me poser et reprendre le contrôle de mes émotions. C’est bon, je suis prêt à la rencontrer, tel un boxeur juste avant de monter sur le ring. Heureusement d’ailleurs que j’ai réussi à reprendre mes esprits, car à peine ai-je eu le temps de me dire que tout allait bien se passer que je vois une Opel Corsa de couleur verte modèle 99 se garer devant mon bureau. J’observe la voiture et j’essaie de voir le visage de la conductrice. C’est une jolie brune. De loin, elle ressemble aux photos vues sur son profil. Ça fait déjà quelques secondes qu’elle est garée. Je l’observe et j’ai l’impression que ce temps dure une éternité. Je suis si impatient. Elle descend enfin de son véhicule et, à ma plus grande satisfaction, elle correspond à la description. Jeune femme de 28 ans, belle brune d’environ 1m68, assez mince avec un visage d’ange. Ses cheveux ondulés arrivent au niveau de ses épaules. Son regard croise le mien, elle me fait un sourire timide. Je décide de m’avancer et d’aller à sa rencontre. Je m’approche d’elle, plus que quelques mètres nous séparent. Je souris nerveusement et je lui lance un petit « salut ». — Re, me répond-elle. — Enchanté de faire ta connaissance, lui dis-je. — Enchantée également. — Ça me fait vraiment très plaisir de te rencontrer en réel, lui dis-je en souriant. — Moi aussi, c’est plus sympa que d’échanger par messages. — C’est clair. Alors, pas trop déçue ? — Déçue ? Pourquoi je serais déçue ? — Je corresponds aux photos que tu as vues de moi sur le site ? — Parfaitement. Même de loin, je t’ai tout de suite reconnu. Pas de mauvaise surprise. Et moi, je corresponds aux photos que tu as vues sur mon profil ? — Oui. Je te trouve même plus jolie en vrai que sur photo. — Merci, c’est gentil. — Je t’en prie, je suis juste sincère avec toi. Donc voici l’une de mes agences. Tu n’es jamais venue ? — Non, c’est la première fois que je viens ici. — OK, je vais te faire visiter. Tu veux boire quelque chose, un café ? De l’eau ? Ou autre chose ? — Oui, je veux bien un verre d’eau. Merci. Cette rencontre a quelque chose de magique. Je lui fais visiter la concession, le parc-autos, les bureaux. Nous échangeons, je me sens tout de suite à l’aise avec elle, comme si je la connaissais depuis dix ans. J’ai l’impression d’avoir retrouvé une amie que je n’avais pas vue depuis longtemps et que tout coule de source entre nous comme si nous ne nous étions jamais quittés. C’est une femme simple, elle me met tout de suite à l’aise, je me sens bien avec elle. Le feeling passe tout de suite. Nawelle a toujours le sourire. Ce magnifique sourire n’a pas quitté son joli visage durant toute la visite de l’agence. Elle s’intéresse à tout et me pose des questions pertinentes. Pendant environ un quart d’heure, je lui fais la visite des lieux. Je lui parle un peu de tout, puis nous finissons notre petit tour par mon bureau. — Je sais que je te l’ai déjà dit, mais ça me fait vraiment plaisir de te rencontrer en vrai, lui dis-je. — Oui, c’est toujours plus agréable de se voir en réel que d’échanger sur des sites de rencontre. Le virtuel, ça va cinq minutes, me répond Nawelle. — Je suis entièrement d’accord avec toi. — Elle est très sympa ta concession. Tu es bien placé, tu as de très jolies voitures et, niveau prix, cela me paraît correct. — Tu as vu une voiture qui te plaît dans le lot ? — Oui, plusieurs même. Mais celle qui me plaît le plus, c’est la grosse américaine rouge garée devant ton bureau. — Oui, mais celle-là n’est pas à vendre, du moins pas encore, car c’est la mienne. — Elle est très sympa. C’est quoi comme modèle ? — Tu n’en as pas une petite idée ? Essaie de deviner. — Je ne sais pas, elle ressemble à une Mustang, en plus gros. — Presque. C’est une Dodge Charger SRT HellCat avec un gros moteur V8 HEMI surcompressé de 6,2 l****s développant 717 chevaux d’origine. Mais je t’avoue que j’ai fait une petite préparation pour lui donner un peu plus de pêche. Sur le banc, elle dépasse les 800 chevaux. Au moment de sa commercialisation, c’était la berline la plus puissante du monde. Elle fait le 0 à 100 km/h en moins de 3,6 secondes et sa V-MAX est de 328 km/h. C’est un avion de chasse.
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