Lettre XLII

1090 Mots

Lettre XLIILyon, 29 mai, VI. J’ai lu plusieurs fois votre lettre entière. Un intérêt trop vif l’a dictée. Je respecte l’amitié qui vous trompe : j’ai senti que je n’étais pas aussi seul que je le prétendais. Vous faites valoir ingénieusement des motifs très louables : mais croyez que s’il y a beaucoup à dire à l’homme passionné que le désespoir entraîne, il n’y a pas un mot solide à répondre à l’homme tranquille qui raisonne sa mort. Ce n’est pas que j’aie rien décidé. L’ennui m’accable, le dégoût m’atterre. Je sais que ce mal est en moi. Que ne puis-je être content de manger et de dormir ? car enfin je mange et je dors. La vie que je traîne n’est pas très malheureuse. Chacun de mes jours est supportable, mais leur ensemble m’accable. Il faut que l’être organisé agisse, et qu’il agisse s

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