Lettre XLIII

1948 Mots

Lettre XLIIILyon, 30 mai, VI. La Bruyère a dit : Je ne haïrais pas d’être livré par la confiance à une personne raisonnable et d’en être gouverné en toutes choses, et absolument, et toujours. Je serais, sûr de bien faire, sans avoir le soin de délibérer : je jouirais de la tranquillité de celui qui est gouverné par la raison. Moi je vous dis que je voudrais être esclave afin d’être indépendant : mais je ne le dis qu’à vous. Je ne sais si vous appellerez cela une plaisanterie. Un homme chargé d’un rôle dans ce monde et qui peut faire céder les choses à sa volonté est sans doute plus libre qu’un esclave, ou du moins il a une vie plus satisfaisante, puisqu’il peut vivre selon sa pensée. Mais il y a des hommes entravés de toutes parts. S’ils font un mouvement, cette chaîne inextricable qui l

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