Lettre XLIVLyon, 15 juin, VI. J’ai relu, j’ai pesé vos objections, ou si vous voulez, vos reproches : c’est ici une question sérieuse ; je vais y répondre à-peu-près. Si les heures que l’on passe à discuter sont ordinairement perdues, celles qu’on passe à s’écrire ne le sont point. Croyez-vous bien sérieusement que cette opinion, qui, dites-vous, ajoute à mon malheur, dépende de moi ? Le plus sûr est de croire : je ne le conteste pas. Vous me rappelez aussi ce que l’on n’a pas moins dit, que cette croyance est nécessaire pour sanctionner la morale. J’observe d’abord que je ne prétends point décider ; que j’aimerais même à ne pas nier, mais que je trouve au moins téméraire d’affirmer. Sans doute c’est un malheur que de pancher à croire impossible ce dont on désirerait la réalité, mais j’


