La chambre de Susan Mayer était plongée dans une pénombre oppressante, seulement éclairée par la lueur vacillante d’une lampe de chevet. Susan était assise sur son lit, les genoux ramenés contre sa poitrine, la note froissée serrée dans sa main. Lynette Scavo, encore sous le choc de ses révélations, était assise à ses côtés, son pragmatisme habituel ébranlé par l’histoire invraisemblable des loups-garous, des chasseurs et de la marque. Dehors, la pleine lune, à son apogée, projetait une lumière argentée à travers les rideaux, comme un rappel cruel du destin qui se rapprochait. Susan sentait la marque sur son poignet pulser, une douleur sourde qui semblait s’intensifier à chaque minute.— Susan, dit Lynette, brisant le silence, tu ne peux pas rester ici à attendre que ces… choses viennent te chercher. On doit faire quelque chose.Susan leva les yeux, son regard hanté.
— Faire quoi, Lynette ? Fuir ? Me battre ? Je ne sais même pas contre qui ou quoi je dois me battre ! Mike dit que je dois me cacher, Carlos dit que je dois affronter mon destin… et moi, je suis juste terrifiée.Lynette posa une main ferme sur son épaule, son regard déterminé.
— Écoute, je ne comprends pas tout ce délire surnaturel, mais je sais une chose : tu es plus forte que tu ne le crois. Et je ne vais pas laisser ma meilleure amie se faire déchiqueter par des loups ou des chasseurs psychopathes.Susan esquissa un sourire tremblant, touchée par la loyauté de Lynette. Mais au fond d’elle, la peur était toujours là, mêlée d’une confusion plus profonde. Son cœur était déchiré entre Mike Delfino, dont l’amour sincère et protecteur la bouleversait, et Carlos Solis, dont la sauvagerie et la vulnérabilité cachée l’attiraient comme une flamme. Comment pouvait-elle choisir entre eux, alors que sa vie – et peut-être celle de leurs clans – dépendait de ce choix ?Un coup léger à la porte les fit sursauter. Susan se leva d’un bond, son pouls s’accélérant. Lynette attrapa une lampe de bureau, prête à l’utiliser comme arme.
— Qui est là ? lança Susan, sa voix tremblante.— C’est moi, répondit la voix grave de Mike.Susan ouvrit la porte, révélant Mike, les traits tirés, une entaille fraîche sur la joue. Derrière lui, Carlos se tenait en retrait, ses yeux dorés scrutant le couloir. Les deux hommes, malgré leur trêve fragile, semblaient sur le point de reprendre leur affrontement à tout moment.— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Susan, son regard passant de l’un à l’autre.Mike entra, fermant la porte derrière eux.
— Les chasseurs se rapprochent. Ils savent que la pleine lune est à son apogée ce soir. C’est maintenant qu’ils vont frapper.Carlos croisa les bras, son expression sombre.
— Et le traître dans mon clan a parlé. Ils savent où tu es, Susan. Ils viennent pour toi.Lynette, toujours méfiante, brandit la lampe.
— Attendez une seconde. Vous deux, vous êtes des loups-garous, et vous ne pouvez pas arrêter quelques chasseurs ? Ou ce traître ?Mike échangea un regard avec Carlos, une tension palpable entre eux.
— Ce n’est pas si simple, répondit Mike. Les chasseurs utilisent des armes enchantées, forgées pour nous tuer. Et le traître… nous ne savons pas encore qui il est.Susan sentit une vague de désespoir l’envahir.
— Alors quoi ? Je suis censée attendre qu’ils me trouvent ? Ou qu’un de vos clans décide de me sacrifier pour votre guerre ?Carlos s’approcha, sa voix basse mais intense.
— Personne ne te sacrifiera, Susan. Je te le jure sur ma vie. Mais tu dois choisir. Ce soir, sous la pleine lune, le rituel peut être accompli. Ton sang peut unir nos clans… ou les détruire.Susan recula, secouant la tête.
— Choisir ? Comment puis-je choisir entre vous deux, entre vos clans, alors que je ne comprends même pas ce que je suis ?Mike s’avança, prenant sa main avec une douceur qui contrastait avec la sauvagerie qu’elle savait désormais en lui.
— Susan, je sais que c’est beaucoup. Mais je t’aime. Je ferai tout pour te protéger, même si ça signifie renoncer à toi.Ces mots la frappèrent comme une lame. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, mais avant qu’elle puisse répondre, Carlos intervint, sa voix rauque d’émotion.
— Et moi, Susan ? Tu crois que je ne ressens rien ? Depuis le moment où je t’ai vue, j’ai su que tu étais différente. Je me bats contre ma nature, contre tout ce que je suis, pour te garder en vie. Mais je ne te forcerai pas à choisir. C’est à toi de décider.Susan sentit son cœur se déchirer. Les deux hommes la regardaient, leurs émotions à vif, et elle savait que son choix, quel qu’il soit, aurait des conséquences irréversibles. Mais avant qu’elle puisse parler, un fracas retentit à l’extérieur. Les fenêtres de la chambre explosèrent, projetant des éclats de verre à travers la pièce. Lynette cria, se jetant au sol, tandis que Mike et Carlos se placèrent devant Susan, leurs corps tendus.Des silhouettes encapuchonnées, armées de lames luisant d’une lueur étrange, surgirent dans la pièce. Les chasseurs. Leurs yeux brillaient d’une détermination froide, et Susan sentit la terreur l’envahir. — La marque ! cria l’un d’eux, pointant une arbalète sur Susan. Prenez-la !Mike grogna, sa forme humaine commençant à se brouiller, ses yeux argentés flamboyant. Carlos, déjà à moitié transformé, bondit sur le premier chasseur, ses griffes lacérant l’air. La pièce devint un chaos de cris, de grognements et de métal. Lynette, toujours au sol, attrapa Susan et la tira vers le couloir. — Viens ! hurla-t-elle. On doit sortir d’ici !Mais Susan ne pouvait pas abandonner Mike et Carlos. Elle se dégagea, attrapant une chaise pour se défendre.
— Je ne pars pas sans eux ! cria-t-elle.Lynette la regarda, incrédule, mais hocha la tête, saisissant un tisonnier près de la cheminée. Ensemble, elles se tinrent prêtes, tandis que Mike et Carlos affrontaient les chasseurs. Les lames enchantées sifflaient dans l’air, et Susan vit avec horreur une flèche frôler l’épaule de Mike, le faisant tituber. Carlos, sous sa forme de loup, déchiqueta un chasseur, mais un autre lui planta une dague dans le flanc, le faisant hurler de douleur.— Non ! cria Susan, se précipitant vers lui sans réfléchir.Un chasseur l’intercepta, son arme levée, mais Mike s’interposa, prenant le coup à sa place. Une entaille profonde s’ouvrit sur son torse, et il tomba à genoux, le souffle court. Susan hurla, son cœur se brisant à la vue de Mike, blessé, peut-être mourant.— Mike ! sanglota-t-elle, s’agenouillant près de lui.Il attrapa sa main, son regard argenté fixé sur elle.
— Va-t’en, Susan… murmura-t-il. Sauve-toi…Mais elle secoua la tête, les larmes coulant sur ses joues.
— Je ne te laisserai pas !Carlos, toujours sous sa forme de loup, repoussa les derniers chasseurs, qui battirent en retraite, visiblement dépassés. Il revint vers Susan, reprenant sa forme humaine, le visage tordu de douleur.
— On doit l’emmener loin d’ici, dit-il, attrapant Mike pour le soutenir.Lynette, toujours à leurs côtés, aida Susan à relever Mike. Ensemble, ils sortirent du dortoir, trébuchant dans l’obscurité du campus. La forêt semblait être leur seule chance, malgré le danger. Ils s’enfoncèrent dans les bois, Mike à peine conscient, soutenu par Carlos et Lynette. Susan, en tête, sentait la marque sur son poignet brûler comme jamais, comme si elle l’appelait.
Lorsqu’ils atteignirent la clairière, Susan s’arrêta, le souffle court. La lune, pleine et éclatante, semblait les observer. Elle sentit une énergie étrange monter en elle, comme si la marque prenait vie. Carlos posa Mike contre un arbre, son regard passant de Susan à la lune.— C’est maintenant, dit-il, sa voix grave. Le rituel. C’est ta dernière chance, Susan.Elle le regarda, puis Mike, toujours à demi-conscient, et enfin Lynette, qui semblait prête à tout pour la protéger. Son cœur battait à tout rompre, déchiré entre l’amour, la peur, et un destin qu’elle n’avait pas choisi.
— Je ne sais pas quoi faire… murmura-t-elle, les larmes roulant sur ses joues.Mais au fond d’elle, une vérité émergeait : quel que soit son choix, il scellerait non seulement son avenir, mais celui de Mike, de Carlos, et de leurs clans. Sous la pleine lune, alors que les hurlements reprenaient au loin, Susan savait que l’heure de vérité était arrivée.