IEn mille huit cent… (dispensez-moi de la date précise : ces maudits chiffres nous vieillissent trop), j’étais attaché à l’hôpital militaire de Montpellier. La guerre n’était pas finie ; le trop-plein des ambulances affluait chez nous ; nous n’avions ni assez de place ni assez de linge, ni un service médical suffisant. Il fallut prendre des auxiliaires parmi les étudiants de la ville. Le Val-de-Grâce nous en prêta aussi quelques-uns. Parmi ces derniers, je remarquai un jeune homme du nom de Bernard. Il avait peut-être vingt-cinq ans, mais vous ne lui en auriez pas donné dix-sept, tant il était mignon, joli, brais et rose. L’ange de la chirurgie, en deux mots. Il ne lui manquait que des ailes. On le mit dans mon service, et je demandai sérieusement au major si c’était pour se moquer de mo


