À madame la comtesse Mathieu de VantavonIl y a tout juste un an et demi que le docteur nous a conté cette histoire. En ce temps-là, madame, nous étions vos proches voisins, puisque nous vivions en famille à deux lieues de Grenoble, dans la maison de notre excellent ami Ladevèze. J’avais cru bien faire en amenant un médecin de Paris, car ma nièce Jeanne ne se portait pas trop bien, et ma sœur était grosse de la petite Germaine qui a eu dix-sept mois au jour de l’an. Je suis sûr que vous n’avez pas oublié la physionomie du docteur : Il suffit de l’avoir vu une fois. Son corps maigre et nerveux, ses cheveux blancs, sa figure fine, ses yeux vifs, son menton bien rasé, ses dents un peu ébréchées qu’il raccommodait lui-même par des procédés mystérieux, ses gros souliers à lacet de cuir, sa houp


