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1582 Mots
PVD d'Anna -Non mais tu te rends comptes? 10 ans! Il m'a caché ça pendant 10 ans ; soi-disant qu'il avait peur de ma réaction. Dix ans de cela : c'était l'époque où je fréquentais Hugo, Anna. Qui sait ce qu'il me cache d'autre ? Tu aurais vu la façon dont cette Catherine lui pressait la main pour l'encourager à me dire la vérité, je suis tout de même sa fille ; je ne pense pas qu'il ait besoin d'être encouragé pour me dire quoi que ce soit ! N'est-ce pas ? -Je… -Tu sais quoi? Je m'en fiche! J'espère qu'ils vivront heureux et qu'ils auront de beaux enfants jusqu'à ce que la mort les sépare ! -Ma chérie… -En plus, j'ai l'impression qu'il ne me l'aurait même pas dit si je ne les avais pas surpris en train de faire leur séance sur ma petite table préférée. Non mais tu te rends compte Anna? Cette table, elle est à la maison depuis que je suis toute petite et ils osent la souiller avec leur acte ! -Je pense que tu exagères un peu dans tes propos -Je n'exagère pas, cette table est plus vieille que leur relation ; elle mérite donc du respect ! -Je ne voudrais pas t'interrompre dans ton monologue, mais c'est quoi le sujet ; la table ou la relation de ton père avec Catherine ? Depuis la découverte de la relation entre son père et Catherine hier, c'est comme ça. Je ne savais pas quoi faire pour la calmer donc j'ai dû faire appel à quelqu'un. Je consulte ma montre ; elle ne devrait plus tarder. J'espère qu'Eloïse ne m'en voudra pas. Bien-sûr que j'en étais au courant. Igor a mal fait de le lui cacher, je l'avais à maintes fois encouragé à la mettre au courant, mais ce n'était jamais le bon moment. Résultat? Si on tient compte de la scène à laquelle elle a dû assister, elle l'a appris au pire moment. Je me lève du siège où j'étais pour me rapprocher d'elle tandis qu'elle continue de parler. Je lui fais signe de se taire et elle obtempère. -Écoute Lolo ; je n'essaie pas de justifier ce qu'il a fait, mais je n'ai pas aimé la façon dont vous vous êtes quittés hier. Ton père t'aime énormément et à t'entendre parler comme tu le fais là maintenant, on ne dirait pas. Lorsque ta mère est décédée pendant l'accouchement, il n'a pas choisi de te détester, mais de combler le vide que l'absence d'une mère pourrait provoquer dans ta vie… Je vois tout à coup ses traits tantôt durcis par la colère s'adoucir par le regret. -... Tu ne dois pas laisser une erreur te faire oublier toutes les bonnes choses qu'il a faites pour toi. Tu es la personne la plus importante aux yeux de ton père ; ne l'oublie pas Je vois une larme solitaire couler sur sa joue droite. Je lui caresse les cheveux. -Oh ma chérie! Je ne voulais pas te faire pleurer. Je suis… Je suis interrompue par la sonnerie de la porte. Enfin! À un moment, j'ai cru qu'elle n'allait plus venir. Tandis que je me lève pour aller ouvrir, Éloïse me regarde perplexe ; se demandant sûrement qui cela pouvait bien être. Elle aura son lot de surprise. Arrivée devant la porte, je lisse les plis de ma jupe, essaie de rediscipliner mes cheveux d'un geste furtif après quoi j'ouvre la porte. La personne en face de moi m'offre un sourire charmant. -Bonjour Je me racle la gorge pour lui répondre. -Bonjour. Je vous remercie d'avoir fait le déplacement -C'est plutôt à moi de vous remercier de bien vouloir me recevoir chez vous. Comment va-t-elle ? -Eh bien… Je jette un coup d’œil vers Éloïse avant de reporter mon attention vers mon interlocutrice. -... Elle est en colère -Je n'en doute pas Nous rions toutes les deux doucement après quoi je l'invite à rentrer. Lorsqu'elle pénètre enfin à l'intérieur et qu’Éloïse remarque enfin de qui il s'agit, Éloïse me regarde avec de grands yeux. Catherine et moi traversons la distance qui nous sépare d’Éloïse d'un pas posé et en silence. À mon grand étonnement, malgré la surprise qui se lit sur son visage, elle reste assise. Arrivées devant Éloïse, je me place entre les deux femmes tandis que Lolo se lève pour faire face à Catherine. En parlant de Catherine, c'est elle qui décide de rompre le silence en premier. Catherine : Bonjour Éloïse Éloïse : Bonjour Catherine : J'aimerais que l'on parle de femme à femme si ça ne te dérange pas Éloïse : Je trouve qu'on n'a rien à se dire Catherine : De mon côté, je pense le contraire Éloïse : Je ne vois pas de quoi on pourrait parler Catherine : peut-être de notre connaissance commune : ton père Éloïse: Je… euh Éloïse tourne la tête vers moi, à la recherche d'une quelconque approbation de ma part, mais je l'ignore. Alain avait peut-être raison : je gâte trop ces enfants. Ils sont grands maintenant, ils peuvent prendre des décisions seuls. Eloïse: D'accord Moi : Eh bien… Je vais aller vous préparer un plateau. Vous voulez quelque chose à grignoter ? Du café? Du thé? Du jus? Éloïse : Je vais prendre du jus et un morceau de gâteau Catherine : Je vais prendre la même chose Je m'éclipse donc pour aller dans la cuisine leur préparer le fameux plateau. Je leur avais proposé le plateau juste pour la forme, espérant qu'elles répondraient “non merci, ça ira” mais il a fallu qu'elles acceptent ! PVD d'Eloïse Je n'arrive pas à croire qu'Anna m'ait fait ça ! Je suis actuellement installée sur une chaise en face de Catherine. Seule une petite table nous sépare. Je ne sais comment me tenir tant je suis mal à l'aise. De l'extérieur, je suis assise les pieds croisés, fixant Catherine avec assurance, mais c'est la panique à l'intérieur de moi : mon cœur bat à la chamade et mes mains sont moites. Je ne peux le nier, Catherine est ravissante. Elle est d'une beauté froide qui peut intimider n'importe qui, mais j'essaie de faire bonne figure et garder la tête haute. Si je me fie à son apparence, je dirais qu'elle est d'origine scandinave. Encore une fois mon attention est attirée par ses jolies jambes interminables qui ont l'air de la soie. Elle a su les mettre en valeur avec un ensemble court de couleur turquoise. Elle est élégante et je me sens moche près d'elle. Tandis que je continue de la détailler, Anna pénètre dans la pièce avec notre plateau. Pour arrêter de dévorer Catherine du regard de la manière inappropriée dont je le fais, je décide d'aller rencontrer Anna en chemin et de prendre le plateau de ses mains pour le déposer sur la petite table. Après s'être assurée que nous ne manquions de rien, Anna s'éclipse. -Éloïse… Je peux t'appeler par ton prénom et te tutoyer ? Je suis malgré moi surprise par sa gentillesse. Elle a émis ces propos d'une petite voix, mais cela ne m'a pas empêché de trouver l'intonation de sa voix agréable à l'ouïe. -Oui -Bien. Je suis tombée enceinte d'un homme et comme je représentais un “problème” il a cherché à m'éliminer en m'empoisonnant. Un voisin m'a retrouvé chez moi et après une semaine à l'hôpital, j'ai fait une fausse couche. Ce voisin m'a aidé à fuir mon pays et j'ai atterri ici… J'ai cru que mon cœur allait s'arrêter devant l'atrocité des faits. Comment peut-on être aussi cruel ? -... J'étais jeune à l'époque, mais je m'étais promis de ne plus aimer quiconque. J'avais très bien réussi, tu sais ? Jusqu'à 10 ans de cela… Un doux sourire apparaît sur ses lèvres. -... Ton père t'a emmené à l'hôpital où je travaillais pour une visite annuelle. Il avait l'air préoccupé pour ta santé mentale parce que tu venais de rompre avec ton copain du moment… Bonjour la vie privée! -... J'ai essayé de le rassurer et j'ai malgré moi été touché par tout l'amour que je lisais dans son regard pour toi. À ce qu'il paraît, je ne le laissais pas indifférent non plus et les choses se sont faites naturellement Je me contente de hocher la tête. -Tu es une grande fille maintenant Eloïse. Les hommes sont réputés pour ne pas pouvoir rester longtemps sans sexe et ton père ne fait pas partie de l'exception. Ton père m'aime et c'est réciproque. Cela fait 10 ans qu'on se fréquente, cela fait 10 ans que je lui demande de faire de moi sa femme et cela fait 10 ans qu'il refuse parce qu'il redoute une quelconque mésentente entre nous deux. -Je vois Je me sens un peu coupable parce que je comprends mieux maintenant. C'est en effet ma réaction que mon père redoutait. Je n'allais pas bien et il a fait mon bonheur passer avant le sien. -Depuis hier, il se culpabilise, tu sais ? -Tu penses que je suis une égoïste ? -Oh non. Bien-sûr que non ma chérie. Tu protèges juste ce qui est à toi et je pense que j'aurais fait pareil à ta place Je lui souris faiblement. -J'ai deux services à te demander dans ce cas Surprise dans un premier temps, elle se ressaisit rapidement. -Je t'écoute -Le premier, c'est de rendre mon père heureux Elle hoche la tête en souriant. -Et le second? Je la regarde de manière espiègle. -Plus tard tu verras
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