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1701 Mots
PVD d'Hugo Je lis et relis le document que j'ai entre les mains sans vraiment y croire. Comment peut-elle me faire une chose pareille après tant d'années de collaboration ? En un claquement de doigts, à cause d'un petit incident, elle mettait fin à tout cela. Je prends appui contre le dossier de la chaise afin de lire une troisième fois la lettre de démission d’Éloïse. Et moi qui comptais lui donner une augmentation à son retour… Elle n'a même pas eu le courage de venir me le dire en face. Je suis sûre que ma mère y est pour quelque chose. Si cela continue, ce sont plusieurs années de bonnes ententes qui seront mis en péril ; or, Éloïse est mon amie depuis toujours. Je ne veux pas que notre amitié soit ainsi gâchée. Aujourd'hui, j'ai deux rendez-vous importants : le premier, car je compte embaucher un gestionnaire pour éviter les dépenses inutiles de l'entreprise et le second, avec le cuisinier que j'engagerai éventuellement pour Diane. Ces rencontres ont pour but de vérifier leur efficacité et leur professionnalisme. Mon téléphone sonne : c'est ma secrétaire. Je décroche alors. -Allô ? -M. Daniel ? Un certain Walter demande à vous voir Cela doit être mon futur gestionnaire. Je vérifie l'heure dans la montre à mon poignet : pile à l'heure. Cela lui fait déjà un point positif. -Faites-le monter Après quelques secondes de patience durant lesquelles j'ai ajusté ma cravate et furtivement passé les doigts dans ma crinière afin de la discipliner un peu, j'entends quelqu'un toquer à la porte. Je jette un dernier coup d'œil dans la pièce afin de vérifier que tout est à sa place. -Entrez! Un jeune homme élégamment vêtu pénètre dans la pièce. Il porte une chemise blanche avec des bretelles, mise à l'intérieur d'un pantalon sur mesure gris. Ses accessoires sont simples, mais ils apportent une touche finale à la tenue : une ceinture, des souliers vernis et des paires de lunettes noires. Je me lève de mon siège pour aller à sa rencontre et lui serrer la main. -Hugo Daniel, PDG de l'entreprise Il incline la tête pour me saluer. -Calvin John Walter pour vous servir. Enchanté de faire votre rencontre monsieur Daniel Il a un accent quand il parle ; ce qui rend son français assez drôle. -Excusez-moi mais… D'où venez-vous ? Il rit un moment à la suite de ma question et après s'être repris, il me répond. -Je suis brésilien, monsieur Daniel -Je vois. C'est un joli accent que vous avez là -Malheureusement, cet accent m'a causé beaucoup de problèmes à l'école, car à cause de cela, on me harcelait -J'en suis navré. Ce n'est que lorsque nous grandissons que nous nous rendons compte à quel point certaines choses qu'on faisait durant notre jeune âge étaient stupides. -Vous l'avez dit monsieur Daniel Je lui offre un siège pour qu'il puisse s'installer après quoi je vais faire de même en face de lui. J'attrape son dossier et en lis le contenu. Parmi les nombreux candidats, c'est son CV qui a le plus capté mon attention, mais avec la grossesse de Diane, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi. -Parlez-moi de vous Walter -Eh bien, je suis brésilien d'un père français. J'ai effectué mes études primaires au Brésil après quoi je suis rentré en France pour le secondaire. J'ai reçu une bourse pour étudier la gestion au Portugal et pendant les vacances, mes amis faisaient souvent le tour de l'Europe et c'est à ce moment que j'ai décidé d’emménager ici. -Et du côté professionnel, si vous devriez vous décrire en un mot, ça aurait été lequel ? -Perfectionniste Je m'adosse contre mon siège et ouvre à nouveau son dossier. -Je vois que vous avez fait des études à Harvad -En effet, mais c'était surtout des cours en lignes qui m'ont permis d'avoir un certificat. Je suis actuellement en train de boucler un master en gestion économique après quoi je compte faire un doctorat -Vous me semblez bien travailleur Walter. Quel âge avez-vous ? -J'ai 25 ans monsieur Je l'observe un moment. Nous avons presque le même âge. Peut-être que cela facilitera une bonne entente entre nous. - Walter, si je vous ai fait venir ici, c'est parce que j'ai besoin de vos compétences : je compte ouvrir une agence de mannequinat et éviter le plus que possible les dépenses inutiles -Dans ce cas, vous faites appel à la bonne personne monsieur Daniel -Je n'aime pas le travail bâclé Walter et le temps est le plus précieux allié pour éviter cela -Je suis de votre avis monsieur Daniel Je sors les dossiers des autres candidats et les dépose sur mon bureau afin qu'il puisse tous les voir. -Des centaines de personnes ont déposé leur CV afin d'être pris à ce poste Walter, tout comme vous. Pourquoi vous choisirais-je ? -Eh bien, en dépit de mon parcours universitaire intéressant, je suis dynamique et flexible. Je peux travailler sous pression et je suis très créatif Je tire un autre des tiroirs de mon bureau et sort un cartable. -Voilà votre contrat Walter. Je vous laisse trois jours pour en faire la lecture. Nous pourrons discuter au sujet de quelques termes s'ils ne vous conviennent pas Dans un premier temps stupéfait, il attrape le cartable, l'ouvre et commence à feuilleter le document qui s'y trouve. -Cela veut dire que vous m'engagez ? -Bien-sûr Walter. Votre CV m'épate et je n'ai pas besoin d'une longue conversation pour repérer les bons travailleurs ; j'ai du flair. On se voit dans trois jours pour la signature du contrat Je me lève et lui tends la main. Il reste un moment sans réagir, peinant sûrement à croire qu'il venait d'être embauché après quoi il se lève en souriant et me serre la main. -Merci de me donner ma chance monsieur Daniel, je vous promets de ne pas vous décevoir -À Bientôt Walter. J'ai hâte de collaborer avec vous Son sourire s'élargit. -À bientôt monsieur Daniel Je consulte encore une fois ma montre et constate que l'heure de ma pause est arrivée. C'est l'heure que j'avais donné au cuisinier pour l'entretien sauf que ce dernier se déroulera à la maison, car je voulais que Diane soit présente ; après tout, c'est elle qui passera la majeure partie de son temps avec lui. Je sors du bureau afin de me diriger vers le parking ; avertissant au passage ma secrétaire de mon absence. Arrivé au parking, je monte dans ma voiture et démarre. En moins de quinze minutes, j'arrive chez moi. Je ne prends pas la peine de toquer, car la porte était déjà ouverte. Depuis le seuil, la voix de Diane me parvient. Elle discute avec quelqu'un ; un homme. J'avance donc doucement pour ne pas déranger, mais la scène qui s'offre à moi en arrivant au salon me met hors de moi : Diane porte une tenue qui cache à peine sa poitrine et son visage est assez proche du jeune homme. On aurait dit qu'ils allaient s'embrasser. J'arrive toute fois à me retenir et je croise les bras en me raclant la gorge. -J'espère que je ne dérange pas Les deux sursautent et s'éloignent automatiquement l'un de l'autre brusquement. Diane se lève pour venir à ma rencontre en lissant nerveusement le bas de sa robe et en m'offrant un sourire que je trouve faux. -Hugo… Je …. Je ne t'ai pas entendu rentrer -C'est ce que je vois, lui dis-je en la fixant dans la même posture Elle se mord la lèvre inférieure. -Je faisais justement connaissance avec Mathieu. Il avait postulé pour être cuisinier -Tu as une drôle de façon de faire connaissance Elle baisse la tête en rougissant. -Ce n'est pas ce que tu crois. Il avait une poussière dans l'œil et il m'a dit de vérifier Je baisse le regard vers ses seins. -Tu sais très bien que mes seins sont devenus plus gros. Ce n'est pas ma faute si tous mes vêtements commencent à devenir trop petit pour moi ! Je décroise les bras et laisse échapper un soupir. Pendant une minute, j'ai cru qu'elle me trompait. -Je suis désolé de me comporter ainsi avec toi. C'est que ma journée a mal commencé parce qu’Éloïse a démissionné -Oh… je suis désolée mon chéri. J'espère que ça ira -je pense que ça ira Elle me prend un moment dans ses bras en me caressant le dos. Au bout d'un moment, je me détache d'elle et vais à la rencontre du cuisinier. Il se lève pour me tendre la main tandis que je fais de même -Hugo Daniel -Je suis le chef Mathieu. Enchanté de vous connaître Diane s'empresse de lui offrir une chaise après quoi elle vient s'installer à mes côtés. Moi : Si nous avons fait appel à vos services, c'est parce que ma femme est… Diane : Dans l'incapacité de cuisiner Je lance un regard interrogateur à Diane auquel elle me répond par un sourire. Moi : euh… oui Mathieu : Je comprends. J'ai lu l'annonce et le salaire me convient parfaitement. Le seul bémol reste le nombre de jours de repos que vous accordez. Au lieu d'une journée, je ne pourrais pas en avoir deux ? C'est-à-dire le samedi et le dimanche ? Moi : Je ne pense pas que… Diane : Si. Cela me convient parfaitement Je lance un regard perplexe à Diane. Moi : Mais… Ma chérie, je pensais que tu voulais… Diane : peu importe. Ce ne sont que deux petites journées. Je pourrai bien me débrouiller Je la regarde longuement, ne comprenant pas son attitude. Elle qui d'habitude est d'un tempérament hostère envers les étrangers, je la trouve bien conciliante. Je pense que c'est parce qu'elle l'aime bien ce cuisinier et comme je suis arrivé en retard, elle a eu le temps d'en apprendre un peu plus à son sujet. Dana ce cas, je n'ai plus qu'une chose à faire. Moi : Mathieu, bienvenue parmi nous. Vous commencerez à travailler dès lundi Il se lève souriant, me serre la main avec entrain en me remerciant après quoi je lui montre la sortie. Diane était contente et pour me le faire savoir, elle m'a longuement sucé avant d'aller se coucher.
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