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PVD d’Anna Depuis qu’Alain est parti et qu’Hugo ne me rend plus visite, malgré la présence de Safira, je trouve que la maison est vide. Je pense que je vais engager une aide-ménagère. Les jours avancent et je pense que ma décision pour la maison à Nice est prise. Je pense que je connaissais déjà la réponse dès que mes yeux s’étaient posées sur elle, mais il me fallait réfléchir pour être sûre. Je suis actuellement couchée sur le lit qui est devenu tout à coup plus confortable depuis qu’Alain n’est plus là. Je fixe le plafond, les draps remontés sous le menton. Il pleut dehors ; ce qui favorise une chute de température. Lorsque le temps est comme ça, j’ai toujours envie de dormir. Je pense que je vais faire la grâce matinée aujourd’hui. Je souris en serrant davantage les draps contre moi. Que ça fait du bien ! Mon téléphone sonne tout à coup, m’arrachant de mon rêve douillet. Je laisse échapper une plainte en me redressant péniblement pour m’asseoir sur le lit après quoi je tends la main pour attraper le téléphone. Lorsque la dernière sonnerie retentit, je décroche. Je me racle la gorge pour éclaircir ma voix avant de répondre. -Bonjour, Anna Daniel à l’appareil -Bonjour madame Daniel. Je suis couturière et j’aimerais commander un rouleau de satin de couleur ivoire pour réaliser une robe de mariage. J’aurai aussi besoin d’un tissu vert-pomme pour les demoiselles d’honneur. Est-ce que je trouverai le nécessaire chez vous ? -Je suis certaine d’avoir le tissu pour la robe de la mariée, mais pour celui des filles, j'ai la couleur, mais il me faudra voir le modèle de la robe afin de mieux vous guider dans le choix du tissu -Alors, le haut de la robe est un modèle assez simple, je pense que c’est plutôt le bas qui va déterminer le type de tissus. Je voudrais que le bas de la robe soit fluide et évasé. -Très bien, je crois savoir lequel de mes tissus vous conviendrait le mieux et je voudrais également savoir si vous comptez prendre le rouleau aussi pour celui-là -Je pense que le rouleau me fera trop de tissus donc je prendrai 12 aunes pour les demoiselles -D’accord alors, voulez-vous qu’on vous fasse la livraison dans votre atelier ou vous allez venir les chercher vous-même ? -Je pense que je viendrai moi-même les chercher pour pouvoir payer en liquide, car ma carte de crédit me donne des problèmes en ce moment -Très bien alors, il n’y a pas de problèmes. Notre boutique sera ouverte jusqu’à 19 :00 aujourd’hui -D’accord, c’est noté -Eh bien, si c’est tout ce dont vous aviez besoin, je vais de ce pas, vous laissez -Passez une bonne journée madame Daniel C’est ce moment que choisit Safira pour rentrer dans la chambre. C’est l’heure de son déjeuner et tant qu’elle ne me verra pas descendre du lit, elle ne s’en ira pas. Je soupire. Tant pis pour ma grâce matinée. Je descends lourdement du lit puis avance en trainant les pieds. Je grelote légèrement ; il commence à faire froid. Je vais me faire une bonne tasse de chocolat bien chaude tout à l’heure. Je descends les marches une à une lorsque j’entends qu’on frappe brutalement à ma porte. Non mais franchement! Ça ne se fait pas de frapper aussi fort à la porte de quelqu'un ! Ça aurait été Alain, je l’aurais cogné en retour. La personne s’impatiente et continue de frapper la porte plus fortement. -Orh, c’est bon, j’arrive! On dirait qu’elle n’a pas entendu puisqu’elle frappe plus fort. En atteignant la serrure, j’ouvre alors brusquement et constate non sans surprise que c’est Hugo qui essayait de démonter ma porte. Je lui lance un regard mécontent même si je suis heureuse de le voir. -La prochaine fois, je te prierais de ménager ma porte Il me lance un léger sourire en signe d’excuses et je l’invite à rentrer. Il est trempé de la tête au pied. -Tu as choisis le mauvais moment pour prendre l’air on dirait -Non, je ne voulais pas prendre de l’air. Je me rendais au bureau lorsque ma voiture est tombée en panne au milieu de la route. J’ai appelé les dépanneurs, mais ils ne sont jamais arrivés et comme c’était tout près de ta maison, je me suis dit : « pourquoi ne pas te faire un petit coucou » ? Un lourd silence s’installe. Un silence pesant, comme la dernière fois. Personne n’ose parler car chacun pense qu’il avait raison la dernière fois. -Dans ce cas, je suis contente de te voir. Comment va Diane? Hugo me regarde, surpris. Je n’aime toujours pas cette fille, mais j’ai réalisé qu’elle a réussi à se mettre Hugo dans la poche et qu’elle n’hésiterait à rien pour se faire passer pour une sainte. Alain m’a dit ce qu’elle a fait et je ne suis étonnée qu’à moitié. Je n’aime pas me disputer avec mon fils donc s’il me faut faire profil bas pour être en de bons termes avec lui, je le ferai. -Elle va bien merci Il me regarde, l’air suspicieux, mais je fais comme si de rien n’était. -J’allais me faire du chocolat. Tu en veux? -Oui, je prendrai une tasse avec toi C’est ce moment que choisis Safira pour me rappeler que je ne lui ai pas encore donné à manger en se frottant à mes pieds alors qu’Hugo part se chercher une serviette. Alors que je remplis le bol de Safira, Hugo fait son entrée et s’installe sur une chaise de la cuisine. -Maman… -Oui Hugo? Comme il prenait un peu de temps pour répondre, je lève la tête et constate qu’il me fixe avec intensité. -Merci Je savais qu’il faisait référence à mon attitude envers Diane que j’ai décidé d’améliorer, mais je ne voulais pas qu’il se fasse d’illusions non plus. -N’espère pas trop non plus venant de moi. Mon avis à son sujet n’a pas changé. C’est pour toi que je fais cet effort Cette fois, il me sourit. -Je sais maman -Promet-moi qu’on ne se disputera plus à cause d’elle Hugo -Je te le promets On reste environ 15mn assis dans la cuisine après quoi il décide de partir. Il n’a pas abordé le sujet de son père avec moi et je pense que c’est mieux ainsi, car s’il l’avait fait, je crois que ça aurait mal fini. Je connais la vérité et même si je ne la connaissais pas, jamais, je n’aurais cru quelqu’un accusant Alain d’attouchement sans consentement. Tôt ou tard, je finirai par prouver à Hugo que cette fille ne la mérite pas, mais en attendant, il me fallait me montrer prudente avec elle, car elle utiliserait le moindre faux pas de ma part pour monter Hugo contre moi. J’espère seulement qu’il ne sera pas trop tard. On sonne. Je fronce les sourcils, perplexe, car je n’attendais personne. Je me précipite vers la porte, pensant que c’était Hugo qui avait oublié quelque chose. -Alors, tu ne peux déjà plus te passer de… Mon sourire retombe aussitôt que je constate que la personne qui se tient sur le seuil de mon entrée n’est autre que Diane. Qu’est-ce qui m’a pris de l’inviter à dîner chez moi ? Maintenant, elle connait mon adresse et quelque chose me dit que ce n’est pas pour une cause honorable. Elle jette un regard vers l’intérieur et essai de rentrer, mais je fais barrage avec mon corps. -Hugo est là? -Non -Tu ne m’invites pas à rentrer? -Non Elle sourit. -Je suppose qu’Al vous a déjà dit ce que j’ai fait. C’est comme ça que je détruirai votre relation avec votre fils après quoi je le jetterai comme un vulgaire déchet -C’est bon, tu as fini? J’ai mieux à faire que d’écouter des aboiements Elle est surprise par ma remarque, mais avant qu’elle ne réagisse, je lui claque la porte au nez. Finalement, Hugo a déniché la reine des pimbêches, mais elle ne sait pas à qui elle a affaire. C’est en me promettant de tout faire pour chasser cette fille de la vie d’Hugo que je remonte les marches afin d’aller prendre mon bain. Et dire que la journée avait pourtant bien commencée !
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