Arianne fixe Yvan, le regard dur, impatiente.
— *Yvan, tu as oublié notre plan ?*
Yvan la regarde calmement, sans ciller.
— *Je n’ai rien oublié, Arianne. J’attends simplement que Joeresse en finisse avec ce procès. C’est après-demain. Après, on passe à l’action.*
Il marque une pause, puis la dévisage.
— *Mais dis-moi… pourquoi tu détestes ta sœur à ce point ?*
Arianne détourne aussitôt les yeux, le visage fermé.
— *Ça ne te regarde pas. Occupe-toi de ta part, et laisse mes affaires de famille de côté.*
Pendant ce temps, Obé travaille dans l’ombre. Il enterre des objets sous terre pour justifier ses accusations. L’un des employés de l’usine est de mèche avec lui.
Obé se tourne vers Franck, la voix basse mais ferme :
— *Demain matin, Franck. Tu sais déjà quoi faire, n’est-ce pas ?*
Franck acquiesce, le souffle court, nerveux.
— *Oui. Bien sûr que oui.*
Au club, Satana fait appeler Astride.
— *Prépare-toi. Tu pars ce soir rejoindre Xavier.*
La nouvelle brise le cœur d’Astride. Son sang se glace. Elle tente de refuser, les mots se bousculent dans sa gorge.
— *Non… je ne peux pas… je ne veux pas y aller…*
Satana s’approche, son regard est de marbre.
— *Tu refuses ? Très bien. Alors prépare-toi à mourir. C’est aussi simple que ça.*
Astride baisse la tête. Elle est obligée. Elle n’a plus le choix.
À table, Ronisia parle de l’appel de son fils, un sourire illuminant son visage.
Joeresse sourit à son tour, heureux d’avoir des nouvelles, mais l’ombre de l’affaire de l’usine revient aussitôt assombrir son regard.
Ronisia pose sa main sur la sienne.
— *Ne t’en fais pas, mon amour. Tout s’arrangera. Je te le promets.*
Arianne, assise en face d’eux, les observe d’un air bizarre, indéchiffrable. Un mélange de mépris et de calcul. Elle se lève, prend son téléphone et décide d’appeler ses enfants. Junior décroche.
— *Allô, maman ?*
— *Mes chéris, comment vous allez ? Je voulais juste vous dire que votre cousin arrive bientôt.*
Junior rit doucement à l’autre bout du fil.
— *On sait déjà, maman. Yann nous l’a dit.*
Ce fut un instant de rire, léger, complice entre eux. Un rare moment de paix.
Dans le véhicule qui l’emmène, Astride pose des questions au conducteur, la voix tremblante.
— *Où est-ce qu’on va ? Qui est Xavier ? Pourquoi moi ?*
Silence. L’homme ne lui répond rien. Il fixe la route, impassible. Astride ferme les yeux, le cœur lourd. _Pourquoi j’ai suivi Jessica ? Pourquoi je l’ai écoutée ?_ Le regret lui tord l’estomac.
Karmelle ne cesse de penser à l’homme qui a frappé à leur porte la fois passée. L’image la hante, surtout la nuit.
Junior tente de lui enlever ses doutes.
— *Arrête de stresser, Karmelle. Sûrement que cette personne s’est trompée d’adresse. C’est tout. Y’a pas de quoi en faire un drame.*
Elle hoche la tête, mais n’est pas convaincue.
Ébènezere, tout seul dans sa chambre, fixe le plafond. _Est-ce que mon plan fonctionnera ?_ Puis, aussitôt, une autre question le taraude : _Pourquoi je lui fais ça ? Qu’est-ce que Joeresse m’a fait, au fond ?_
Mais comme toujours, il trouve des arguments, des justifications tordues pour faire du mal à son ami. _La vie ne m’a rien donné. Lui, il a tout eu. C’est à mon tour._
Arrivée à la villa, Astride reste sans voix. Le lieu est incroyable, magnifique, presque irréel. Un jardin immense, une piscine, des colonnes de marbre. À ce moment, Xavier l’attend impatiemment sur le perron. Dès qu’elle descend de voiture, il s’approche et lui présente la maison d’un geste ample.
— *Regarde bien, Astride. À partir d’aujourd’hui, ce lieu sera ta prison.*
Astride est complètement dévastée. Anéantie.
Le lendemain, Xavier téléphone à Satana.
— *Cette fille ne viendra plus au club.*
Ces propos étonnent Satana.
— *Comment ça, elle ne viendra plus ?*
Plus tard, Satana avoue à Jessica, la mine grave :
— *Ton amie… elle ne reviendra plus.*
Jessica sent la culpabilité lui broyer la poitrine. _C’est de ma faute. Tout est de ma faute._
L’employé de maison descend et fait part de ses inquiétudes à Xavier.
— *Monsieur, la jeune fille refuse de manger depuis hier. Elle n’a rien avalé.*
Xavier pose sa tasse, l’air contrarié.
— *Très bien. J’irai la voir moi-même. Et je vais la forcer.*
Franck arrive au poste de police, essoufflé, le visage blême.
— *Il faut que vous veniez voir. Sous l’usine, il y a un lieu… très bizarre. Ça me fait peur. Ça me fait douter de mon patron.*
Les policiers le suivent. Ils creusent à l’endroit indiqué et fouillent. À leur plus grande surprise, ils découvrent des idoles ritualistes, des objets occultes enterrés. Cela justifie ainsi les propos d’Obé. Ébènezere, caché non loin derrière un mur, voit toute la scène. Un sourire de satisfaction éclaire son visage.
En chemin, Junior raconte à Yann ce qui leur est arrivé hier nuit, à lui et sa sœur.
— *Un mec a frappé à la porte comme un fou. On a eu la trouille de notre vie.*
Puis il enchaîne, plus léger :
— *Ah, et j’allais oublier ! Notre cousin arrive bientôt. Tu sais, celui dont on parle tout le temps.*
Yann écarquille les yeux, impatient.
— *Sérieux ? J’ai trop hâte de le voir !*
Astride, enfermée, ne veut qu’une chose : rentrer. Mais Xavier refuse catégoriquement. Il met la pression pour qu’elle mange, posant une assiette devant elle.
— *Tu manges. Maintenant. Ou tu sais ce qui t’attend.*
La menace de mort est claire. Puis son ton change, devient presque doucereux.
— *Je vais faire de toi ma femme, Astride. On se marie demain même.*
Astride le fixe, horrifiée. Elle prend son courage à deux mains et lui demande une grande faveur.
— *Je… je veux pouvoir voir Jessica. Mon amie. Quand je veux.*
Xavier éclate d’un rire sec.
— *Tu n’iras nulle part. Toi, tu restes ici. Mais Jessica… elle, elle pourra venir te rendre visite. J’ai confiance en elle. Pas en toi.*
Le détective Arthur prend Franck à part, après la découverte.
— *On garde ces idoles. On ne dit rien à personne. On va les présenter par surprise au tribunal, car c’est demain. L’effet sera total.*
Joeresse est inquiet pour l’usine, il tourne en rond dans le salon. Mais sa femme, Ronisia, le rassure avec beaucoup d’amour, le prenant dans ses bras.
— *Calme-toi, mon cœur. On va trouver une solution. On est ensemble.*
Le soir, Franck vient voir Ébènezere en secret pour lui faire part de l’évolution des choses.
— *C’est fait. Les flics ont trouvé les idoles. Tout se déroule comme prévu. Demain, au tribunal, Joeresse est fini.*
Ébènezere hoche la tête, les yeux brillants de vengeance.