LA MORT DE RAFIOU

1081 Mots
Ébènezere est heureux de voir son ami tomber. Un sourire cruel étire ses lèvres tandis qu’il savoure déjà sa victoire. Caché derrière la porte, Rafiou a tout entendu. Chaque mot, chaque détail sordide de la machination. Par imprudence, aveuglé par la colère et le dégoût, Rafiou entre brusquement dans la chambre d’Ébènezere. — *Ça suffit, Ébènezere ! J’en peux plus de tes manigances ! Je vais tout avouer à la police ! Tout raconter !* Ébènezere se retourne lentement, le regard glacé. — *Tu ne diras rien, Rafiou. Je t’interdis de parler. Tu m’entends ?* Mais Rafiou en a marre. Vraiment marre. — *J’en ai assez de te couvrir ! Assez de tes mensonges et de tes crimes !* Lorsque Rafiou tourne les talons pour sortir, Ébènezere attrape le couteau posé sur sa commode. D’un geste sec, il le poignarde dans le dos. Rafiou s’écroule sans un cri, les yeux écarquillés par la surprise et la douleur. Quelques heures plus tard, Franck et Ébènezere portent le corps. Ils vont s’en débarrasser, l’enterrer dans un terrain vague, pour qu’il disparaisse pour toujours. Que personne ne le retrouve jamais. Rigo attend son frère. Minuit. Une heure. Deux heures. Rafiou ne vient pas. L’inquiétude lui ronge le ventre. Il finit par s’endormir sur le canapé, épuisé, en se demandant où son frère est passé sans rien lui dire. Au club, Satana interpelle Jessica entre deux clients. — *Jessica, écoute-moi bien. Tu devras rendre visite à Astride quand tu veux. Elle sera désormais la femme de Xavier. C’est un ordre du patron.* Jessica ouvre de grands yeux. Elle n’en croit pas ses oreilles. Mais connaissant son amie, elle sait qu’Astride peut déconner, paniquer et tout faire foirer sous la pression. Dans la villa de Xavier, Astride refuse catégoriquement de coucher avec cet homme. Elle se recroqueville au fond du lit. Xavier s’assoit calmement face à elle. — *Dis-moi, Astride. Qu’est-ce que tu veux que je n’aie pas ? De l’argent ? Des bijoux ? Une maison ? Parle.* Astride relève la tête, les larmes aux yeux. — *Je veux la liberté. Rien d’autre.* Xavier esquisse un sourire qui ne monte pas jusqu’à ses yeux. — *On verra ça après notre mariage. Pour l’instant, j’ai tenu ma promesse. J’ai autorisé Jessica à venir te rendre visite. Ne me force pas à revenir sur ma parole.* Franck n’arrête pas de trembler depuis le meurtre. Ébènezere le coince contre un mur. — *Écoute-moi bien, Franck. Tu te tais. Tu te retiens. Personne ne saura jamais rien. Rafiou est enterré. À six pieds sous terre. Compris ?* Franck hoche la tête, la gorge nouée par la peur. Chez Yvan, l’ambiance est aux jeux vidéo. Il est avec son fils Darus et ses amis, Junior et Karmelle. Les manettes claquent, les rires fusent. Pourtant, Karmelle sursaute au moindre bruit. — *J’ai peur de rentrer à la maison…*, avoue-t-elle à voix basse. Yann, le fils de Yvan, se tourne vers son père. — *Papa, s’il te plaît… Laisse Junior et Karmelle dormir ici. Demain y’a pas cours. Ce serait cool.* Yvan réfléchit une seconde et cède. — *Bon, d’accord. Vous pouvez rester.* Karmelle et Junior finissent par s’endormir chez Yvan, rassurés pour une nuit. Le lendemain matin, Joeresse s’apprête pour le tribunal. Il noue sa cravate devant le miroir, les mains légèrement tremblantes. Ronisia, debout derrière lui, prie en silence, une main posée sur son ventre de femme enceinte. Pendant ce temps, Arianne les observe du coin de l’œil. Elle a déjà des plans en tête. Après le départ de Joeresse, Ronisia, presque à terme de sa grossesse, retourne se coucher, épuisée par l’angoisse et la fatigue. Arianne sort son téléphone et appelle Yvan pendant que ses enfants sont toujours chez lui. — *Yvan, il faut qu’on balance tout. Aujourd’hui ou demain. On ne peut plus reculer.* Yvan est d’accord. — *OK. On se voit au restaurant habituel. À midi.* Arianne raccroche et envoie aussitôt un message à Maella. — *Toi aussi, tu viens. C’est le moment.* Les membres du réseau arrivent chez Xavier. Il veut leur présenter officiellement sa femme. À l’étage, on ordonne à Astride de bien s’habiller, de se maquiller. _Souris. Fais bonne figure._ Rigo, de plus en plus inquiet, fait le tour du quartier. Il demande aux voisins s’ils ont vu son frère. Personne. — *Non, désolé Rigo, on n’a pas vu Rafiou aujourd’hui.* Anxieux, Rigo se rend chez Ébènezere, qui est sur le point de partir au tribunal. — *Ébènezere, t’aurais pas vu Rafiou ? Il n’est pas rentré de la nuit. Je m’inquiète.* Ébènezere prend un air faussement étonné et hausse les épaules. — *Rafiou ? Non, aucune idée. Je ne l’ai pas vu du tout.* Rigo est angoissé. Il continue ses recherches et tombe sur une dame. — *Je l’ai vu hier, oui*, dit-elle. *Vers 20h. Il se promenait dans cette ruelle. Mais je ne sais pas où il allait.* Au tribunal, la salle est bondée. Le juge interroge Joeresse. — *Monsieur Joeresse, que répondez-vous aux accusations portées contre vous et votre usine ?* Joeresse se défend avec force. — *Votre Honneur, mon usine est aux normes. Je n’ai rien à me reprocher.* Soudain, une foule en colère pénètre dans la salle. — *Cette usine pollue notre air ! Nos enfants tombent malades ! Et en plus, cet homme est un ritualiste !* Joeresse est sonné. _Ritualiste ? De quoi parlent-ils ?_ Il ne comprend rien du tout. C’est alors que la double porte s’ouvre. Le détective Arthur entre, suivi de Franck et d’Ébènezere. Joeresse est surpris de les voir là, ensemble. Et pendant ce temps, Arianne et ses amis finalisent leur plan : envoyer un homme inconnu à la barre pour dévoiler publiquement le passé de Ronisia. Chez Xavier, il descend l’escalier majestueux, la main posée sur le dos d’Astride. Les membres du club les accueillent avec des applaudissements et des cris de joie. Ils sont heureux. Mais Astride est dégoûtée. Humiliée. Elle a envie de vomir. Au tribunal, Franck est appelé à la barre. Il évite le regard de Joeresse. — *Je… je suis un employé de l’usine. Et une nuit… j’ai vu mon patron. Je l’ai vu enterrer cette idole. De mes propres yeux.* Joeresse regarde Franck, stupéfait, puis dévasté. La trahison le frappe en plein cœur. Le juge frappe de son marteau après un long silence. — *Au vu des preuves et des témoignages accablants, j’ordonne la fermeture immédiate de l’usine de Monsieur Joeresse.* Le monde s’écroule autour de Joeresse.
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