chapitre 11

1003 Mots
Depuis le moment où elle était arrivée à l’appart, ils ne s’étaient pas du tout parlé et ce silence pesant la gênait. Elle ne demandait pas qu’il la considère comme sa femme mais juste comme une colocataire ou même une personne quelconque qui lui tenait compagnie. Ça aussi, elle pouvait le supporter mais une indifférence totale, elle ne pouvait pas l’aider comme le lui avait demandé Hugo. Felix était buté et souffrait d’une autosuffisance à haut niveau. Il n’avait même pas pris la peine de lui demander si elle allait bien ou non après une nuit dans une cellule. Elle tourna sur elle-même pendant plusieurs secondes mais rien ne lui venait en tête sur ce qu’elle pouvait faire. « je peux faire la cuisine ? » Elle attendait qu’il puisse au moins parler mais le silence persistait. A cette allure, elle allait devenir folle parce qu’au final, elle ne savait pas ce qu’il voulait. Il croyait peut-être que cette situation lui plaisait mais ce n’était pas le cas et il fallait qu’il comprenne. Elle était douce, très douce même mais ce qu’elle avait au fond d’elle l’étouffait au point où il fallait qu’elle libère tout ça. «vous savez quoi, monsieur mon mari ? je n’ai pas demandé à être votre femme parce que s’il avait fallu que je choisisse, je ne pense pas que ça aurait été vous. Ne pensez pas que c’est à cause de votre handicap que je le dis mais parce que vous êtes une personne très négative qui voudrait se terrer dans sa souffrance et en mourir et si ça continue comme ça, laissez-moi vous dire que ça va vous étouffer et vous allez vraiment mourir. Je n’ai rien à gagner à faire la paix avec vous mais seulement, je voudrais me sortir de cette situation, je voudrais que pour une fois dans ma vie, que j’aie la paix et si cette solitude et ce silence vous aide à aller mieux, alors bonne chance !» Elle était essoufflée et reprenait son souffle peu à peu pour mieux lui en dire plus parce qu’elle n’en avait pas fini. Elle avait des choses assez importes à lui dire sur son comportement semblable à celui d’un homme des cavernes. Lorsqu’elle le vit prendre le chemin de sa chambre, elle alla vers lui à grande enjambée et stoppa son mouvement sans lui faire mal. Si elle gardait cela pour la prochaine fois, ça n’allait plus être la même chose. « nous sommes un couple et je l’accepte maintenant. Je suis ta femme et tu es mon mari, ce qui revient à dire que cette maison est la nôtre et je fais ce que je veux donc, je vais m’installer comme il le faut et je vais faire ce que devrait faire une femme. J’en ai terminé maintenant.» Elle retira sa main de son fauteuil roulant et le vit s’en aller. Elle avait cru qu’il allait au moins protester ce qu’elle venait de dire et comme ça, elle allait au moins entendre le son de sa voix. Il s’était contenté de lui hocher la tête. Il était si irrespectueux et heureusement qu’il ne pouvait rien exiger en tant que mari parce que lui aussi n’agissait pas comme tel. Dans quoi s’était-elle fourrée déjà ? Elle regarda par la fenêtre et vit qu’il faisait beau temps dehors. Parfois, lorsque sa belle-mère et sa demi-sœur la lâchaient un peu, elle prenait ce temps pour se laisser aller à la nature et ce n’était que dans des moments comme ceux-là qu’elle se sentait bien. Elle ne connaissait personne dans le coin et elle ne pouvait non plus le laisser seul. Il avait certes vécu tout seul pendant des années mais ce n’était plus pareil parce que qu’il le veuille ou non, il était désormais sous sa surveillance selon Hugo. Elle se dit qu’il allait au moins la pardonner si elle s’accaparait de sa cuisine parce que c’était mieux vu le dommage d’intérêt qu’il lui devait après tous ses cirques et mensonges. Son but n’était pas vraiment celui de se montrer comme la femme au foyer comme elle lui avait décrit mais son but était de se filtrer ses émotions, de se libérer la tête. Elle porta un tablier et le rangement de la cuisine l’étonna. Si elle avait été une femme qui était pour ce mariage, elle aurait été jalouse en se disant qu’une femme était certainement passée par là. « je pense que ce que tu as dit est vrai. nous sommes un couple et nous devons agir comme tel car, tu as mis pied sur ce que tu as dit et je vais l’adopter à partir de maintenant.» Carmen avait d’abord entendu ce son comme un son imaginaire mais lorsqu’elle tourna la tête vers la porte, elle le vit toujours aussi intimidant et heureusement qu’il ne pouvait pas voir qu’elle rougissait. « de quoi parlez-vous cher mari ?» « de ce que doit normalement faire un couple comme dormir ensemble dans une même chambre et sur un lit conjugal. C’est la moindre des choses n’est-ce pas ? j’attendrai ma femme dans notre lit ce soir.» La blague ! oui ça ne pouvait qu’être une blague parce qu’elle ne se voyait pas vraiment en train de partager une même chambre avec lui et poire encore un lit. Elle ne lui devait rien et elle n’était pas obligée de se comporter comme une femme amoureuse de son mari. Quand elle se retourna pour lui dire qu’elle ne pouvait pas céder à ce caprice, elle se rendit compte qu’il était déjà parti et d’ailleurs, c’était elle qui avait engagé cette situation gênante. Elle avait cru que ça allait le faire agir et là, elle constatait que ça lui avait bien évidemment rappelé qu’il était un homme et qu’elle était une femme. Elle était une personne détestable lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions et la preuve, elle venait de constater cela. Elle avait voulu le voir trembler et pourtant c’était elle qui tremblait désormais avec sa prise de partie.
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