XX La femme d’un geôlier débauchée par un ruffian qu’il tenait prisonnier PHILACIDE À PHURION Je gardais en prison un jeune homme trouvé en garrouage. Le voyant jeune et de bonne façon, j’en eus pitié, et lui détache ses fers, le laissant aller librement délié qu’il était, par la prison, sans autrement avoir beaucoup l’œil sur lui. Le compagnon, pour me récompenser tout justement de cette courtoisie, m’a débauché ma femme. Jamais Eurybates, cet insigne voleur, n’entreprit un tel acte. On dit qu’étant surpris en larcin, il fut mis prisonnier, et que s’étant insinué en la bonne grâce des geôliers, il leur apprenait comment il pouvait dérober. Or, avaient-ils des poinçons et des éponges, ce qu’ayant empoigné il grimpe sur le mur et s’évade ; mais il n’enleva pas la femme, qui n’était pas l


