《Ma beauté, ne t'en va pas.》
Gims
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Je rentrais récupérer mon téléphone dans notre chambre quand j'y sortis de suite après y avoir mis les pieds, la scène que je venais de voir m'a durement pincée le cœur.
Je me suis appuyée contre le mur, j'avais envie de pleurer, mon cœur se serrait. Il ne peut pas me faire ça, pas maintenant. Je me laisse glisser doucement sur le sol, les paumes contre les yeux. N'avais-je pas raison de ne pas lui faire confiance ? Certes il est mon mari, certes on s'est très bien rapproché durant ces jours et certes je l'aime mais ma confiance ne demeure en aucun cas sur lui. Je savais que Cynthia tentait et tente tout et n'importe quoi pour être avec lui mais le fait de les voir s'embrasser me brise. Elle m'avait pourtant avertie de me préparer à pleurer mais je croyais que rien n'allait m'atteindre alors que non, je me mentais à moi-même. Tout m'atteint, tout ce qui est en rapport avec Moïse m'atteint sans que je ne le veuille, je me perds pour lui, voilà pourquoi j'avais peur, peur de m'unir à un homme.
.. : Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?
Cynthia : Je te l'ai dit je veux qu'on se remett..
Moïse : Mais tu t'entends parler, je suis marié et ne t'avise plus de m'embrasser, c'est la dernière fois.
Cynthia : Tu n'y crois pas toi-même. Arrête un peu.
Moïse : Toi arrête tes bêtises. J'avais été clair avec toi depuis la fois dernière. Respecte ma femme au moins.
Cynthia : Respecter qui ? Cette profiteuse qui te détourne de moi ? Tu blagues en vrai.
Je me relève en sentant une larme me couler sur le visage. Je retourne dans la chambre prendre mon téléphone et y ressors sans regarder aucun des deux, ils s'étaient tus à mon entrée. Je rejoigne la cuisine, me mets contre le mur en essayant de me ressaisir. J'aurais voulu ne pas les voir, je l'aurais vraiment voulu. On m'aurait tout dit ça ne m'aurait pas fait autant de mal mais le voir c'est dur, dur surtout qu'en ce moment on vit véritablement comme un couple.
Je m'efforce de ne pas pleurer, la larme qui s'était échappée je la nettoie et me dirige vers ma casserole pour remuer mon plat à l'aide de la spatule. Mes larmes restent en travers de la gorge, je ne peux me permettre de pleurer. Non, je ne le peux pas. Je respire fort en me passant la main sur le visage, j'encaisse en fermant les yeux et pressant la bouche.
.. : Dily ?
- Mmh.
Je relève vite fait la tête puis continue de remuer, les yeux complètement fixés dans la casserole.
Moïse : Ça va ?
- ..
Je le sens se rapprocher de moi.
Moïse : Ça va ?
- oui ça va.. pourquoi ?
J'affiche un léger sourire qui sans besoin de le décrire était forcé. Croyez-moi je sais prendre sur moi.
Moïse : ..
Suite à quatre secondes de silence, il me prend la main et me tourne vers lui.
Moïse : Tu as entendu notre conversation ?
- Cynthia et toi ?
Il me regarde vu l'évidence de la réponse à cette question. Je ne compte pas démentir juste faire mine de rien.
Moïse : Donc oui ?
- Mieux encore, je vous ai vu.
Moïse : Tu nous as vu ?
- En vérité oui, mais ne t'inquiète pas je ne vois que ce que je veux voir et n'entends que ce que je veux entendre donc dis-toi que je n'ai rien vu ni entendu.
J'enlève ma main de la sienne et me tourne éteindre le gaz. Dès que je le fis, il me retourne de nouveau vers lui, ses mains sur mes épaules.
Moïse : Tu comprends quand-même que je n'ai rien entrepris, je te respecte énormément tu le sais. C'est elle qui..
.. : Oui c'est moi et je ne vais pas le démentir. Tu es de trop dans sa vie.
Je me pousse de Moïse et regarde de côté puis je pose les yeux sur elle en croisant les bras.
Moïse : Cynthia, maintenant tu la fermes. Je vois que je t'ai donnée trop de liberté. Tu me connais donc je te conseille de tout de suite redescendre de tes aises.
Cynthia : Non je ne te connais pas. Du moins je ne te reconnais plus. Pourquoi tu te justifies donc auprès d'elle ? Quelle besoin de le faire ? Le Moïse que..
Moïse : Le respect tu connais? Ça s'appelle le respect et c'est le pourquoi de mes justifications auprès d'elle.
Cynthia : Le Moïse que je connais ne se justifie jamais et encore moins auprès d'une femme peu importe qu'elle soit sa pseudo femme ou plutôt devrais-je dire sa chose.
Elle venait de me regarder avec dédain en finissant ses mots. J'ai bien entendu ? Elle m'a qualifiée de quoi ?
Moïse : Mais tu..
- Moïse s'il te plaît. _en le coupant
Je passe devant lui pour me diriger vers Cynthia mais Moïse m'attrape par la main.
Moïse : Ne rentre pas dans son jeu.
- Je ne suis pas comme elle, crois-moi. Laisse moi juste m'exprimer deux secondes s'il te plaît.
Cynthia : Madame veut s'exprimer ? Je n'y crois pas. _en rigolant
- Oui tu as bien compris. Tu sais quoi je ne vais ni t'insulter ni répondre à tes provocations mais je me dois de te dire que si je suis une chose, si plus y est, sa chose à lui, ok, de toi je l'accepte, oui je l'accepte car c'est nul autre que toi qui le dit, merci et j'en connais une qui ne demande autre chose que ça malheureusement. Et de part cette réponse je mets systématiquement fin à tout mot avec toi, ne te na n'da bila e da la toukouni, i ba don ko ni faali y'i tan ni fana y'a tan i be djougouya ni a ye ! (Je ne te répondrai plus, tu sais que si l'âne te donne un coup et que tu le lui rendes, tu deviens pire que lui.)
Sur ces mots, je quitte la cuisine pour la chambre, en sortant Ana se tenait à deux pas de la cuisine.
Une minute plus tard Moïse entre dans la chambre, je me lève de sur le lit pour partir, il me demande de rester.
Moïse : On n'a pas fini la conversation.
- Il n'y a plus rien à ajouter ou bien ? Tu l'as laissé t'embrasser puis tu l'as réprimandé. C'est tout.
Moïse : Comment ça je l'ai laissé faire ?
- Ok, tu ne l'as pas laissé faire, je comprends. J'ai toujours tout compris, ne t'inquiète pas pour moi.
Moïse : Si, je m'inquiète, tu sembles blesser.
Il essuie mes larmes qui s'étaient coulées entretemps sans que je n'y prenne garde.
- Non, je ne le suis pas. Je te l'ai dit, rien ne peut me blesser. Rien, même pas cette scène, pas dans ces moments où on s'amourache.
Pendant que je parlais, il m'a rapproché de lui me mettant dans ses bras.
Moïse : Je crois tout le contraire.
- ..de toute façon ce n'est pas comme si je te faisais confiance pour que ça me fasse mal.
Moïse : Ok, tu ne me fais pas confiance. Je ne te dis pas de le faire et je ne vais pas te le dire non plus mais vas-y cette fois je veux te rassurer. Je suis passé du cap des tromperies depuis fort longtemps je t'assure, je suis ferme dans mes relations, je ne peux tromper que par mon travail et je suis assez mature pour me contenter d'une femme, de ma femme pour qui j'ai une grande estime. Crois-moi je ne pense même pas à te tromper, encore moins après m'être épris de toi. Je suis un homme d'éthique même si ça pourrait faire penser à confusion.
Je relève doucement la tête vers lui, il essaie de me dire de lui faire confiance sans pour autant le dire et de me dire que ses sentiments se développent pour moi.
Il me saisit la tête.
Moïse : Maintenant sèche-moi ces larmes et dis-toi que ton amour et ton respect pour ma personne ne me permettront pas de te faire consciemment mal. Je t'en suis redevable.
- Mais je ne veux pas que tu m'en sois redevable, c'est mon devoir, ce que je veux c'est voir la réciprocité de mes sentiments dans tes yeux. Que tu puisses répondre quand je te dis que je t'aime.
Moïse : Je ne suis pas doué pour les déclarations mais crois-tu que ça tardera sur notre lancée ?
Il sourit et s'apprêtait à me faire un bisou sur le front quand je l'arrête.
- S'il te plaît, évite tout ceci pour le reste de la soirée.
Il rigole et s'arrête. Je ne veux prendre aucun risque.
Moïse : Je comprends, j'allais même prendre mon bain. _en rigolant
- Tant mieux.
Il s'en allait vers la salle de bain quand il se tourne vers moi.
Moïse : Au fait, j'ai pensé à ce que tu m'avais soufflé hier et je m'y étais mis toute la journée.
- Moi ? Je t'avais soufflé quoi ?
Moïse : Tu sais comment choisir tes mots sans mentir. En ambigu tu m'as fait comprendre de trouver un appart pour elle vu qu'elle "n'y arrive pas seule".
J'affiche un petit sourire, c'est vrai qu'hier matin je l'ai suggéré sans pour autant le dire clairement.
Moïse : J'en ai trouvé ce midi près de son ancien domicile avec quelques aides et c'est dans ses cordes. Je le lui annoncerai au dîner.
Si je n'étais pas aussi réservée que je le suis, j'aurais crié de joie car les choses se seraient beaucoup ameliorer plus vite si Cynthia n'était pas dans les parages. Ça aurait dû arriver plus tôt, pas que maintenant que mon départ est le surlendemain mais mieux vaut tard que jamais.
- Espérons qu'elle veuille partir.
Moïse : Elle va le faire. Tu peux souffler tu sais.
Il rigole en s'en allant, je l'arrête.
- Attends que j'aille me laver le visage.
Moïse : Vas-y et je ne veux plus voir de larmes.
- Alors veille à ne pas me les faire couler.
Moïse : J'y veillerai et toi tâche de rester la femme vertueuse que tu es.
Je lui souris en signe de réponse, ça me gêne qu'on me donne des qualités, la modestie me contrôle.
**20h14**
Moïse : J'ai trouvé un appartement pour toi, près de là où tu habitais. C'est dans tes cordes et je sais qu'il répond à tes goûts.
Ses goûts, il les connait. Ils se connaissent depuis si longtemps que j'en aie de la jalousie.
Cynthia : Moi ? Tu m'as trouvé un appart ?
Moïse : Oui. Tu peux déménager dès demain.
Ana : Quoi ?
Cynthia : En vrai tu veux te débarrasser de moi ?
Moïse : Je t'ai juste aidée. Il est temps que chacun soit chez lui.
Cynthia : Ok, merci beaucoup. Si tu voulais me foutre de chez toi, fallait juste le dire. Tu n'es même pas cap..
Moïse : S'il te plaît Cynthia, pas devant les enfants.
Cynthia : Bref, je m'en irai à la première heure. Merci de m'avoir hébergé. _en se levant
.. : Je partirai avec maman.
Moïse : Chérie.
Ana : Non papa, je veux partir avec maman. _en sortant de table
Moïse : Ok mais pas maintenant, tu iras la semaine prochaine.
Ana : Non ! Je ne veux pas, je ne veux plus la voir elle(moi). Si maman s'en va je vais avec elle. Et je ne veux plus te voir non plus, depuis qu'elle est là tu as changé. Tu ne t'occupes que d'elle. Je la déteste.
Elle s'en va en courant et son père la suit.
Cynthia : Tu es contente de toi ?
Je ne dis rien et sors de mon tour de table pour regagner la chambre. Je prie qu'il n'y ait pas de problème entre Moïse et sa fille par ma faute. Au bout de vingt minutes il est venu me rejoindre dans la chambre, il paraît que les deux se sont compris, il dit de lui avoir rassuré et m'a expliqué de ne pas prendre en compte ce que dit Ana car elle ne supporte aucune femme qui rentre dans sa vie, elle est en fait jalouse de l'attention que son père donne à une autre qu'elle et surtout comme nous le savons déjà qu'elle est convaincue que seule sa mère doit être aux côtés de Moïse. Ça serait vous mentir de dire que je ne la comprends pas. Personne ne souhaite avoir ses parents séparés, c'est déchirant donc imaginez ce qu'elle vit depuis des années à son âge.
- Tu peux dormir près d'elle si tu veux ou attendre qu'elle s'endorme pour revenir.
Moïse : Non, ça va. Je lui ai parlé et je dois maintenant penser à ne pas que répondre à ses caprices.
- Mais maintenant que tu as aménagé tes heures de travail, j'aimerais que tu penses aussi à faire profiter ta présence à tes enfants.
Moïse : Tu sais que je le fais.
- Pas assez pour Ana.
Moïse : Tu sais ça ne sera jamais assez pour elle tant que je t'accorderai ne serait-ce qu'une minute donc ne te tracasse pas pour elle.
- Normal vu qu'elle me déteste.
Moïse : Elle ne te déteste pas. Elle ne sait juste pas comment t'aimer.
Je rigole.
Moïse : Ça finira par venir.
- Comme pour son père ?
Moïse : Oui comme pour son père mais le père a déjà pris de l'avance car il est fasciné par toi.
- Je vous attendrai donc.
Moïse : On sera au rendez-vous.
- Si Dieu le veut.
Moïse : Oui.
Moïse : Tu ne voudrais pas repousser ton retour ?
- Ce n'est pas possible.
Moïse : Remets le au dimanche alors.
Je rigole.
***Samedi, 07h57***
Sous un air de nouveau jour avec de doux rayons de soleil, mes yeux ne se lassaient pas de contempler cet homme endormi à mes côtés, cet homme que j'aime tant. Je contemplais chaque trait de son visage, tous ses coins et recoins, avec attention. J'aimerais que le temps s'arrête sur ces moments, j'aimerais pouvoir rester à ses côtés mais non je ne le peux et je ne le dois pas non plus.
.. : Arrête de penser et rendors-toi. On fait la grâce mâtinée.
Entendre sa voix de cette manière tout endormi m'a fait rigolé.
- Tu es réveillé ?
Moïse : non et toi non plus. On dort.
Il me tire et me fait me coucher en déposant ma tête sur son torse puis me caresse le dos. On reste comme ça jusqu'à ce qu'on se rendorme.
Deux heures plus tard, je rangeais mes valises vu que je ne les avais pas déchargées, mon vol est dans l'après-midi, Moïse m'aidait à contrecœur. J'avoue que ça m'a surprise qu'il ne veuille pas me voir rentrer car j'y ai vraiment senti de la sincérité.
- Donc tu te dépêcheras à me rejoindre.
Moïse : Je ne le pourrai pas, pas au moins dans deux mois.
- Ah, c'est long. Dis.
Moïse : Oui ?
- Tu ne penses pas t'installer définitivement au Mali ?
Moïse : C'est dans mes projets mais pas maintenant. Dans des années peut-être, quand je me lasserai de ma carrière d'ici.
- Pourquoi ? Tu auras d'énormes opportunités de travail dès maintenant, tu es un médecin qualifié. Tu pourrais même construire ton hôpital et je serai là pour t'épauler. On a besoin de toi là-bas, ta patrie, ton père, ta mère et toute ta famille et moi, nous, avons besoin de toi. Penses-y.
Moïse : Je ne sais pas, tu sais que ça fait plus de vingt ans que je suis ici. Je ne me vois pas pour l'instant quitter tout ceci.
- Ok.
Moïse : Mais je m'échapperai aussi souvent que je le pourrais pour être avec toi.
On a passé le reste du temps à discuter et à nous dire aurevoir en rigolant partout dans la maison. Depuis hier on y était seul, les enfants passent le week-end chez leur mère donc depuis hier on profite pour nous quitter avec pleins de souvenirs que tous les deux.
À l'aéroport, avant qu'on ne se quitte, il m'a tenu dans ses bras et je le serrais tellement fort que les enfants m'ont donné des coups, je les pressais les pauvres sans faire attention, quelle genre de mère je suis.
[ Moïse ]
Je la regardais partir, c'est fini comme ça cette semaine riche en découvertes et en sentiments ? Et dire qu'il faudrait attendre des semaines avant de la revoir. Vais-je la laisser partir sans rien lui avouer ? Pas même lui donner de signe ?
- Dily attends !
Elle se retourne et me sourit. Je cours vers elle et lui embrasse le front en tenant sa tête.
- Prends soin de toi chérie.
Je me suis très attaché à elle durant cette semaine. Elle a pris beaucoup plus d'importance dans ma vie et sans mentir la voir partir me désole.
Marie : Toi aussi.
- Tu me manqueras vraiment ma belle.
[ Aimé Binafou ]
Aimé : On se rencontre enfin !
.. : Il était temps à mon avis.
Aimé : C'est bien que tu sois venu. J'ai cru une seconde que tu ne viendrais pas.
Emmanuel : Apparemment je suis là.
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