XIILe troisième jour après le crime eurent lieu les obsèques de Mme Broquerel et de sa fille. Manon, entre Jeanne Brûlier et Lucie, suivit les deux cercueils. Elle n’était pas encore remise de la terrible secousse, mais elle tenait néanmoins à accompagner les restes mortels des deux malheureuses femmes, dont l’une avait péri de la fin tragique qui, selon toutes probabilités, était destinée à elle, Manon Grellier. Du criminel, on ne pouvait toujours rien tirer. Très calme, lucide en apparence, il répétait : – Eh bien ! oui, j’ai tué !... Ma sœur ?... Vous dites que j’ai tué ma sœur ?... Je ne sais pas. J’ai tué, voilà tout. Si on lui parlait de sa mère, de son frère, il répondait : – Je n’ai pas de mère, pas de frère. Je ne connais personne. Et, interrogé sur son nom, il déclara égale


