VLe lendemain, lundi, Manon se rendit chez la princesse. Ahélya l’accueillit avec sa grâce coutumière, dans l’élégant salon clair, toujours garni de fleurs sans parfum. Manon la trouvait très sympathique, cette jolie princesse. Elle était intelligente, avait reçu une instruction soignée – autant, du moins, que lui permettait sa faible santé. Elle semblait aussi bonne et délicate. Mais, vivant presque séparée du monde, au milieu de ses femmes, elle ne connaissait guère la vie et n’avait qu’une vague idée des souffrances que peut engendrer la misère. Manon le comprît ce jour-là, quand, au cours de la conversation, – car professeur et élève causaient beaucoup en travaillant, – elle parla incidemment de Lucie, sa jeune voisine. – Oh ! que ce doit être terrible, de se voir au moment de manqu


