XXVII Il traduisait depuis une heure, quand il arriva à une lettre qui devait être une des toutes dernières. « Camaret, le 30 août 1944 Mes chers parents, Tout va très vite. Je ne sais pas si nous nous reverrons. Je ne sais pas si vous lirez un jour ces lignes. Il y a bien longtemps que je n’ai rien reçu de vous et les dernières lettres que je vous ai envoyées par la poste des armées n’ont pas reçu de réponses. Il est vrai que, dans le cataclysme qui s’abat sur nous, plus personne ne reçoit de nouvelles depuis longtemps. J’ai gardé pour moi ce que je vous écrivais certains jours et qui vous aurait inquiétés inutilement, ou qui aurait pu être dangereux pour vous ou pour Marie et moi. Écrire pourtant m’aidait à être un peu chez nous, à être près de vous et à mieux comprendre ce qui nous


