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LA BRÛLURE DU PREMIER REGARD

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Blurb

Il la veut. Elle est la femme de son père. L'interdit devient obsession, la passion se transforme en poison. Quand Adrian tente de s'échapper dans les bras d’Élina, Selena, folle de jalousie, la fait enlever. Le scandale explose : l'adultère est révélé, le père est anéanti, la famille vole en éclats.Mais des ruines peut naître une seconde chance. Des années plus tard, un enfant, un pardon, un amour reconstruit. Adrian a tout perdu par son désir. Il a tout regagné par sa résilience.

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Chapitre 1
Chapitre 1 – Le premier regard qui brûle Il la vit avant même de savoir qui elle était. Marc était adossé au bar, un verre de whisky à la main, quand la foule s’écarta comme pour lui faire une place. Elle traversait la salle de réception, légère, presque irréelle, dans une robe bleu nuit qui moulait ses hanches et s’évasait doucement sur ses chevilles. Ses cheveux noirs tombaient en vagues souples sur ses épaules nues. Elle parlait à quelqu’un, riait, mais son regard… son regard balayait l’assemblée avec une douceur distraite. Puis elle croisa le sien. Ce ne fut qu’une fraction de seconde. L’espace d’une inspiration. Mais Marc sentit ses doigts se crisper sur son verre. Une sensation physique, presque douloureuse, lui traversa la poitrine. Comme si une main glacée lui avait saisi les côtes de l’intérieur. — Qui est-elle ? demanda-t-il, la voix plus rauque qu’il ne l’aurait voulu. Son père, Daniel, se tenait à côté de lui. Il suivit son regard. Et son sourire, chaleureux jusque-là, se figea une seconde. — Brunette, répondit-il. Ma future épouse. Le mot tomba comme un couperet. Marc cligna des yeux, incrédule. L’image de sa mère, Éloïse, morte trois ans plus tôt, lui traversa l’esprit. Puis celle de cette inconnue, souriant à la vie. Le contraste était si v*****t qu’il en eut la nausée. — Tu te remaries ? articula-t-il, plus pour lui-même que pour son père. — Ce soir. Dans une heure. Je voulais que tu sois là. Daniel posa une main sur son épaule, un geste paternel, réconfortant. Marc ne l’entendit pas. Il ne voyait qu’elle. Brunette. Le prénom tournait dans sa tête comme une mélodie entêtante. Le reste de la cérémonie fut un flou. Marc serra des mains, prononça des félicitations automatiques, mais ses yeux ne quittèrent pas la mariée. Il nota chaque détail : la façon dont elle mordillait sa lèvre inférieure en écoutant les discours, la manière dont ses doigts effleuraient son collier de perles, l’éclat de ses yeux clairs quand elle riait. Une lumière douce, presque irréelle, irradiait d’elle. Le soir, dans la grande maison familiale, la réception battait son plein. Marc se tenait à l’écart, près de la baie vitrée, observant les invités sans les voir. Son verre vide pendait au bout de ses doigts. Il ne pensait à rien, sauf à une chose : la savoir là, dans la même pièce, à quelques mètres à peine. — Tu réfléchis trop, Marc. Ça te vieillit. La voix était douce, légèrement rauque. Il se retourna. Brunette se tenait devant lui, un verre de champagne à la main. Elle avait retiré son voile, dévoilant ses épaules et le début de sa nuque. Un parfum subtil, mêlé de fleur blanche et de vanille, monta jusqu’à ses narines. — Je… je vous félicite à nouveau, madame, dit-il, la voix étranglée. Elle rit, un rire cristallin mais sans cruauté. — « Madame » ? Non. Appelle-moi Brunette. Tu es mon beau-fils, pas un invité. Le mot « beau-fils » résonna dans sa tête comme une gifle. Il détourna le regard, fixant la lumière des bougies sur la nappe blanche. Mais son corps, lui, ne détournait rien. Il sentait sa chaleur à travers le tissu de sa veste. Il sentait l’appel de sa proximité. — Vous êtes belle, ce soir, lâcha-t-il sans réfléchir. Il se mordit l’intérieur de la joue, furieux contre lui-même. Mais elle ne parut pas offensée. Au contraire, son sourire s’élargit. — C’est gentil. Daniel a beaucoup de chance que vous vous entendiez bien, toi et moi. — On ne se connaît pas, objecta-t-il. — On va apprendre. Nous vivons sous le même toit, désormais. Elle leva son verre, trinquant avec le sien, vide. Il fit semblant de boire, le regard rivé sur ses lèvres. Un éclat de rouge à lèvres, une goutte de champagne perlant à la commissure. Il eut envie de l’essuyer. L’envie fut si violente qu’il dut serrer les poings pour ne pas bouger. — À notre future complicité, murmura-t-elle. Puis elle partit, rejoindre Daniel qui dansait au centre du salon. Marc resta figé, le verre toujours à la main. Il la regarda glisser entre les bras de son père, sa robe tournoyant, ses cheveux captant la lumière. Et il sut, avec une certitude glacée, qu’il était déjà perdu. Ce n’était pas de l’admiration. Ce n’était pas de la simple attirance. C’était un appétit. Une faim animale, irraisonnée, qui lui tordait les entrailles. Il voulait la toucher. Il voulait savoir si sa peau était douce, si son cou sentait bon, si ses mains étaient chaudes. Il voulait l’entendre dire son prénom encore, sur ce ton-là, comme une caresse. La nuit tomba, les invités partirent un à un. Daniel, épuisé mais heureux, monta se coucher. Marc erra dans la maison éteinte, incapable de trouver le sommeil. Il passa devant la chambre conjugale, la porte entrouverte. Il entendit un rire étouffé, puis un chuchotement. Son cœur se serra. Il alla s’asseoir dans la cuisine, dans le noir. Seul. Avec l’image de Brunette gravée au fer rouge derrière ses paupières. C’était absurde. C’était mal. C’était interdit. Mais rien n’y faisait. La flamme ne s’éteignait pas, elle grandissait, alimentée par la honte et le désir mêlés. Le lendemain matin, Daniel partit tôt pour un déplacement professionnel de trois jours. Il confia à Marc, en partant : « Prends soin d’elle, mon fils. La maison est grande, elle se sentirait seule. » Marc acquiesça, le visage fermé. Il regarda la voiture de son père s’éloigner dans l’allée. Puis il rentra. La maison lui parut soudain immense, chargée d’un silence neuf, chargé de possibles. Il monta se doucher. L’eau froide ne calma rien. Il s’habilla, descendit, et la chercha des yeux. Elle était dans le jardin, en peignoir, les pieds nus dans l’herbe, buvant un café. Le soleil de l’aube éclairait ses jambes, ses bras, la courbe de sa nuque dégagée par ses cheveux relevés en un chignon lâche. Il s’arrêta sur le seuil, le souffle coupé. Elle tourna la tête, l’aperçut, et lui sourit. — Tu ne dors pas, Marc ? C’est tôt pour un étudiant. — Je n’ai pas fermé l’œil, répondit-il, la voix rauque. Elle posa sa tasse, s’approcha. À deux mètres de lui, elle s’arrêta. Le regard rivé au sien. — Moi non plus, avoua-t-elle. Trop d’émotions.

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